L’inventaire du pornographe
Un désir tendu comme un porte-jarretelles
Des bas de soie ça va de soi
Des hauts sommets sans neiges éternelles
De l’herbe tendre
Du macadam sans cow-boy
Un homme
Un serpent qui danse
La mollesse apparente d’un sexe doux et chaud
Diterzi, Bürki, Reggiani, Red Hot, des piments et des parfums de niche
Des « je t’aime moi non plus »
Une chambre rouge et noire pénombre
Des miroirs sans Jean de Berg
Des Ô sans histoire
Des soupirs et des aises
Des crucifixions d’envies sans roses, avec simplement de la moiteur et des sucs
Une nuit avec lune dont les étoiles ont pleuré rose au creux des oreilles infidèles
Un « je te déteste »
Un « viens » un rien lubrique et des glaçons qui s’entrechoquent dans un whisky ambré
Des « qu’est-ce que je vais faire de toi ? » sur la musique d’Alister
Un mur sans plus de façade contre lequel s’appuyer pour mieux prendre la pose
Un lit aux draps froissés
La fumée d’une cigarette
Des verres fumés déshabillés
Une bouche
Une femme
L’ivresse des sens sans interdit
Des coups de reins sans réfléchir
Des doigts qui mouillent
Des langues qui fouillent
Du temps qui court sans ses aiguilles
Des talons qui riment avec résille
Un boxer, des jeans, une robe, des dentelles et des « chut ! » qui jouent au petit Poucet
Une deuxième cigarette
Un matin sans aube de bure et sans balayeurs
Un ne m’attends jamais jeté comme des clés de voiture
Des démons de minuit avec ou sans image
Des anges qui pissent de jalousie
Des dieux qui oublient leurs noms et les hommes et le paradis et l’enfer
Des « toi et moi, ça ne rime à rien » qui ne vexent pas
Des rires, des fous et des sages
Des jours de pluie gorgés de soleil
Un homme
Une femme
Une liste à la Prévert. Sans prétention. Sans la guitare de Brassens mais avec la fougue de Brel
Un oiseau rare au plumage de phénix
Un peau à peau animal. Juste pour voir






avr 30th, 2008 at 4:42
J’appelle ce genre de texte des inventaires à la Pervers
avr 30th, 2008 at 4:59
Joli !