SHINE A LIGHT, quand Scorsese filme les Rolling Stones
« La musique est pour moi aussi importante que le cinema. Elle m’inspire constamment, elle imprègne mes images, mes mouvements d’appareil, mon montage. » avoue Martin Scorsese. Lui qui voulait devenir prêtre en 1956 a changé d’avis grâce au rock’n’roll.
Et qui mieux que les Rolling Stones symbolise le rock ? Les chansons des Rolling Stones ont traversé toute son œuvre de Jumpin’ Jack Flash et Tell me dans Mean Streets à Let It Loose dans LES INFILTRES, en passant par Monkey Man, Memo From Turner dans LES AFFRANCHIS et Long Long While, (I can’t get no) Satisfaction, Heart of Stone, Sweet Virginia, Can’t You Hear Me Lnocking dans CASINO. Quant au titre Gimme Shelter, il figurera dans trois de ses films : LES AFFRANCHIS, CASINO et LES INFILTRES. Mick Jagger et Martin Scorsese ont toujours voulu travailler ensemble. C’est maintenant chose faite avec SHINE A LIGHT.
Déclarés « hirsutes, miteux et plus moches que les Beatles » par la presse anglaise, les Rolling Stones, en 45 ans de carrière, ont prouvé depuis au monde entier qu’ils étaient des dieux et Mick Jagger a ainsi pu démontrer qu’il savait danser, lui qui n’avait pas de place sur la scène au début, à part pour remuer son cul comme l’a dit si bien Charlie Watts.
John Lennon avait prédit qu’ « on considérera les Beatles et les Stones comme des reliques… On vous montrera la photo du mec à rouge à lèvres en train de tortiller du cul et des quatre types avec leur maquillage noir autour des yeux essayant d’avoir l’air obscène. Ce sera la plaisanterie du futur. » En 2008, Martin Scorsese nous l’offre.
SHINE A LIGHT est le film musical événement. De la préparation à la performance, entrecoupé d’images backstage et d’archives, ce ne sont pas moins de 16 caméras et les plus grands chefs opérateurs internationaux qui ont capté l’énergie légendaire de Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts et Ronnie Wood lors de leurs concerts au Beacon Theatre à New York. SHINE A LIGHT, c’est l’intimité d’un groupe mythique filmée par le plus rock’n’roll des cinéastes.
Martin Scorsese s’est entouré d’une équipe de cadreurs comprenant certains des directeurs de la photographie les plus réputés du cinéma contemporain supervisés par Robert Richardson, oscarisé à deux reprises pour AVIATOR et JFK. Le film a été monté par David Teschedi. SHINE A LIGHT est le cinquième film réalisé sur le groupe. « Le résultat est très flatteur » a déclaré Mick Jagger. Quant à Keith Richard il répond simplement en conférence de presse : « C’est grand. »
SHINE A LIGHT, ce sont les deux dates de A Bigger Bang, la dernière tournée des Rolling Stones qui se sont produits à guichets fermés dans le monde entier de l’automne 2005 à l’été 2007.
SHINE A LIGHT, c’est aussi des chansons et des anecdotes :
Jumpin’ Jack Flash. Initialement prévu pour l’album Reggars Banquet, sorti en single le 24 mai 1968. Ce titre historique marque le retour des Stones aux Blues des débuts après l’aventure psychédélique.
Shattered. Dernière chanson de l’album Some Girls, enregistré à Paris dans les studios Pathé Marconi, sorti en 1978, vendu à sept millions d’exemplaires.
She Was Hot. 1983, sur l’album Undercover. Sexe, sexe, sexe. Une chanson 100 % lubrique du répertoire des Stones.
All Down The Line. 1972, sur l’album Exile On Main Street. “L’oeuvre d’un groupe qui emerge du plus extrême chaos. »
Loving Cup (avec Jack White). 1972, le morceau le moins pessimiste de Exile On Main Street. Jack White est le chanteur des White Stripes, véritable fils spirituel des Rolling Stones. Au-delà de l’admiration mutuelle, ils ont surtout une passion commune pour le blues et Robert Johnson. Les deux groupes ont repris ses chansons.
As Tears Go By. Face B du 45 tours 19th Nervous Breakdown. C’est Andrew Loog Oldham qui leur a commandé cette chanson pour que George Bean la chante mais c’est Marianne Faithfull qui en fera un tube. Marianne qui pensait que les Stones étaient « des types horribles… sales, puants, boutonneux ».
Some Girls. Chanson qui a déchaîné les foudres dès sa sortie en 1978. Les féministes avaient appelé au boycott et Jesse Jackson avait déclaré qu’elle était « une insulte raciste, qui dégrade les Noirs et les femmes. »
Just My Imagination. Sur Some Girls, la cover d’un hit des Temptations, numéro 1 en 1971. Le magazine Rolling Stone l’a classée parmi les meilleures chansons jamais composées.
Far Away Eyes. Sur Some Girls. La chanson est un homage à la country classique et aussi une parodie bourrée d’humour.
Champagne and Reefer (avec Budy Guy). Reprise d’une chanson de Muddy Waters. Sur la scène du Beacon Theatre, Mick Jagger présente Budy Guy comme « le fils spirituel de Muddy Watters ». Buddy Guy, bluesman préféré de Clapton et Hendrix a soixante-dix ans au moment du tournage de SHINE A LIGHT.
Tumbling Dice. 1972, sur Exile On Main Street.
You Got The Silver (chantée par Keith Richards). 1969, sur Let It Bleed. La chanson a été écrite par Keith pour Anita Pallenberg qui venait de tourner PERFORMANCE avec Mick Jagger et d’avoir une liaison avec lui.
Connection (chantée par Keith Richards). 1967, sur Between The Buttons, composée par Keith, seul.
Sympathy For The Devil. 1968, sur Beggars Banquet. Marianne Fatihfull avait donné un exemplaire du « Maître et Marguerite » de Boulgakov. Le début du livre « Permit me to introduce myself » devient « Please allow me to introduce myself » dans la chanson.
Live With Me (avec Christina Aguilera). 1969, sur Let It Bleed. Jagger décrit avec humour les joies cauchemardesques de la vie de couple.
Start Me Up. En 1975, les Stones, en studio à Munich, décident d’enregistrer un mourceau reggae. Instatisfaits du résultat, ils ne retiennent pas Star It Up. Cinq ans plus tard, le producteur Chris Kimsey leur demande de réengistrer ce morceau en plus Stones, plus rock. Mick Jagger en profite pour transformer le titre et les paroles en une invitation plus salace : Start Me Up. Le tube reste numéro 1 du Billboard 13 semaines et devient un classique de leur répertoire. Quinze ans plus tard, le titre rapportera 14 millions de dollars pour son utilisation dans une campagne de pub Microsoft.
Brown Sugar. 1971, sur Sticky Fingers. La chanson parle d’héroïne, d’esclavage et de cunnilingus. Mick Jagger déclare : « Dieu seul sait ce que je raconte dans cette chanson. C’est un tel mic-mac. Avec tous les thèmes glauques mélangés. »
(I Can’t Get No) Satisfaction. Keith Richards l’a écrite dans une chambre d’hôtel. Il avait le riff dans la tête et un petit magnétophone près de son lit. Il a enregistré un couplet et s’est rendormi. Au petit matin, la bande complète était déroulée. « Quand je l’ai passée, il y avait peut-être trente secondes de Satisfaction vraiment très brut, puis un clang de la guitare et quarante-cinq minutes de ronflements. »
SHINE A LIGHT, le film est dédié à Ahmet Ertegün, producteur et fondateur de la compagnie américaine Atlantic Records, mais aussi véritable gourou et « père spirituel » des Rolling Stones. Ahmet est tragiquement mort à 83 ans, à la suite d’une mauvaise chute survenue lors d’un des deux concerts filmés par Martin Scorsese à New York.
« Un soir, en 1959, en rentrant chez moi avec des 45-tours sous le bras, j’ai rencontré Keith sur le quai de la gare. Il a flashé sur mes disques et on s’est revu. Keith s’essayait à la guitare depuis l’âge de 5 ans. Moi, je jouais aussi de la guitare, du tambourin et je chantais. Nous avons décidé de former un groupe, les Rollin’ Stones. Mon père enseignant d’histoire et d’éducation physique, très « middle class » désapprouvait. Lorsque deux ans plus tard, je lui annonçai que j’abandonnais mes études d’économie pour me consacrer totalement aux Stones, il était furieux : « Tu le regretteras, me dit-il. Aujourd’hui tes Stones te font rêver, mais tu verras quand tu auras 50 ans. » J’en ai 62, et j’attends toujours de voir… » Mick Jagger.
SHINE A LIGHT, it’s only rock’n’roll (but I like it)
SHINE A LIGHT, Bande Originale du film, Rolling Stones AZ Polydor
Site officiel des Rolling Stones














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