Carte blanche

Le chèvrefeuille jaune frémissait sous les assauts du vent lourd. L’orage était dans l’air et Scribe scrutait le ciel, impatiente. Elle venait de raccrocher son téléphone. Son interlocuteur réclamait un rendez-vous qu’elle ne voulait pas lui accorder. A quoi servirait-il qu’elle se rende dans cette ville alsacienne ? A rien. La jeune femme était d’humeur électrique.

Scribe était dans ces heures où sa chair la poussait à de possibles aventures. Pour autant, elle n’était pas prête à sauter sur le premier venu. La pluie commença à tomber. Avec qui allait-elle jouer le rôle de la pécheresse ? Tom jouait les coachs en plongée sous-marine quelque part sur une île. PM baguenaudait au milieu de son harem tout en philosophant sur le prix du thé. Le DA voyageait sous influence et Zieux bleus avait vendu son âme à qui payait le plus cher. Et puis, de toute façon, seul Dam l’obsédait en ce moment. Elle tapota rapidement un message « Je peux te harceler pour apaiser ta soif ? » « Tu as carte blanche ! » Décidément, il n’avait pas froid aux yeux.

Pendant le trajet jusqu’à son bureau, Scribe écouta Karma Police. Lorsqu’elle franchit le seuil de l’immeuble, les mots de Thom expliquant la chanson lui revinrent en mémoire. « Fuck the middle management! ». Les murs semblaient déserts. Elle pénétra sans frapper dans son espace réservé. Vêtu d’un costume noir, Dam la regardait avancer vers lui dans sa robe froufroutante. Le corsage cintré dévoilait la pointe durcie de ses seins. « *Cette femme qui se donne, se livre, qui vous appartient tout entière. Voilà la femme… » « Chut ! Et laisse-toi faire… » Dam se retrouva rapidement nu, un bandeau sur les yeux. Elle commença par lui sucer les doigts. L’avoir à sa merci lui plaisait infiniment. Surtout que cela n’allait pas durer ! « Joue 5 minutes avec moi ainsi et tu me le paieras les 50 minutes suivantes. »

Plus tard, Dam lui dirait que la nuit dernière, il avait rêvé être assis sur le bord de son lit, au moment où elle se caressait dans son demi-sommeil. Il l’avait regardée avec gourmandise avant de substituer sa main à la sienne. Scribe l’avait embrassé car selon *Maupassant « Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. » Pourquoi lui dire qu’elle passait ses nuits, assise sur le bord de ses rêves, en pensant à tous leurs abus complices ? Pourquoi ? Cette faim était ridicule !

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Cali Rise

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