Des cernes, du cambium et des hommes

Il avait fermé la porte d’un au revoir tendre en lui souhaitant une très jolie route. De l’autre côté, adossée à l’huis, Scribe était d’un calme souriant. Ne pas se perdre, c’est ce qui importait le plus. Ne rien casser et ne rien ternir aussi. Certaines ruptures arrivaient à point sans virgule. Il avait su mettre un terme à leur relation avec élégance. Elle avait toujours été nulle pour les au revoir. « Cours, envole-toi mais ne ferme pas la porte à clé ! » Qu’aurait-elle pu dire d’autre ?

Les corneilles courent dans la pelouse fraîchement tondue. La tête pleine de phrases commerciales et de musique italienne, Scribe délaisse ce qu’elle voit par la fenêtre pour se concentrer sur le calendrier accroché au mur. Tous ces rendez-vous qui maculent les jours à venir ! Elle rêve de vacances, de peaux moites, de plage et de farniente.

La cantone dei vecchi amanti s’élève autour d’elle. « Putain de toi ! C’est rare que je me laisse ainsi submerger, dos au mur. Mais toi, tu as carte blanche. » Que leur arrive-t-il ? Ils se lâchent tous les deux d’une si belle façon un peu plus au fil des jours. Ils doutent et bottent en touche aussi. Pourtant, Scribe sait déjà qu’un jour prochain Dam aussi fermera la porte.

Certains jours, la jeune femme se sent arbre, un arbre millénaire couvert de cicatrices et de caresses laissées par ces amants. Mais les traces qu’elle préfère sont celles qui ne se voient pas car ce que peu devine est pourtant bien là : Scribe est tatouée de l’intérieur.

« Quand tu seras seul, tout seul, je te murmurerai des choses rouges et roses. Des choses idiotes. Quand tu seras seul, tout seul, je te susurrerai que j’aimerais, oui, j’aimerais beaucoup que tes lèvres et ta langue se perdent sur mes lèvres lisses. » A cette heure, Dam est cerné et derrière un bureau. Pas seul donc, c’est bien plus excitant ! « Hum j’aimerais, oui, j’aimerais que mes lèvres et ma langue se perdent sur ces lèvres lisses. Longuement. Envie. ENVIE. »

Wilde a écrit « les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais ». Mais qui a bien pu laisser ce message : « Mon sexe pleure de ne pas pouvoir te baiser sur-le-champ » ? Dam ou elle ? Alors, Scribe décide qu’un jour, quand elle sera grande, elle sera peintre. Oui, elle peindra les odeurs et les âmes, elle parfumera ses mots de couleurs insensées. Un jour. Quand elle sera grande.

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Cali Rise

No Responses to “Des cernes, du cambium et des hommes”

  1. Je me sens très bête, je ne vois pas le rapport avec le cambium.

  2. Des cernes sous les yeux aux cernes du bois qui permettent de dater l’âge d’un arbre au cambium (vasculaire) je n’ai fait qu’un pas. Une histoire de sève et de couches. Et de contact, car pour bien réussir une greffe il faut placer les cambium du porte greffe et du greffon l’un sur l’autre…

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