Dîme, Dam, Danses

La lumière qui tombe du lustre rouge est sombre. Dans la pièce de l’appartement, ils sont quatre. Deux hommes, deux femmes.

Quelques heures auparavant, Scribe et Dam étaient dans le Marais, dans la lounge room d’un restaurant branché, à l’ambiance cosy. Assis côté à côte, face à la salle, ils observaient leurs congénères. Leurs avant-bras et leurs cuisses se touchaient, leurs épaules aussi quand Dam se penchait et lui parlait bas. Elle l’écoutait tout en allumant un homme, là-bas. Les doigts dans sa vodka martini, elle attrapa l’olive et la porta à sa bouche. Si James avait été présent, il en aurait eu une syncope. Dam se leva pour s’avancer vers une jolie fille mince, la proie qu’il avait choisie. Quelques minutes plus tard, Scribe leva la sienne. Tous deux n’avaient eu aucun mal à les persuader de les suivre, ailleurs.

Eloignée de plusieurs mètres, Scribe regarde les trois personnes depuis son fauteuil. Ses jambes nues sont croisées, ses avant-bras posés sur les accoudoirs. Assis en face d’elle, Dam ne la quitte pas des yeux. Ils se sourient. L’inconnu du Starcooker est à genoux entre les cuisses ouvertes de Dam. Alors que le minet imberbe s’applique à le sucer avec application, Dam a une main sur le cul de la fille et la pelote machinalement. Il est agacé. Oui, il est agacé. Scribe le remarque à la légère crispation de sa mâchoire. Elle attend. Elle attend car, forcément, il va se passer quelque chose d’infiniment plaisant. Dam récupère ses deux mains et la fixe un peu plus intensément encore. En ayant perdu jusqu’à l’ombre de son sourire, il appuie sur la tête du suceur pour être accueilli au plus profond de sa gorge, jusqu’à lui provoquer d’abord des larmes aux yeux, puis, jusqu’à l’étouffer singulièrement. Le jeune homme tente de se dégager en poussant sur les cuisses de Dam, sans aucun résultat. A leurs côtés, abandonnée et liquéfiée, la fille aux seins nus n’ose même pas ciller. Au bout de longues secondes, Dam relâche soudainement son jouet avec dédain. L’autre se recule rapidement loin de lui en tentant de retrouver son souffle. Il suinte la peur de tous ses pores. Oui, un parfum de panique circule dans la pièce.

A aucun moment, Dam n’a détourné son regard de celui de Scribe, ni elle du sien, mais il sourit à nouveau. « Tout cela ne me satisfera pas. C’est toi que je veux. C’est de toi dont j’ai envie. Non, c’est de toi dont j’ai besoin. » « Besoin ? » « Besoin, oui. Pour cesser de me suggérer que toutes les baises avant les nôtres étaient, non pas fades, mais en deçà. Presque vaines. » La porte de l’appartement claque. Leurs deux proies faciles et inutiles sont parties. « Ton ressenti me ficherait presque les jetons. Mais oui, notre rencontre a quelque chose de différent. D’étrange. » « Qu’elle qu’en soit la couleur, j’ai vraiment envie d’être une étrangeté dans ta vie. » Derrière eux, Robin McKelle chante Lover man. Si même la Vie s’en mêle…

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Cali Rise

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