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L’orage souffle dans le peuplier italien qui se cabre violemment. La glycine taillée en bonzaï laisse échapper ses grappes mauves qui viennent caresser les fleurs aux éperons rose et bleu des ancolies. Les fougères restent impassiblement vertes. Scribe a allumé une cigarette. Dans sa tête repassent les images d’un clip aux accents ukulélé. « Tout nous est permis. »
Ce matin, ses talons-aiguilles Elite gravissaient allégrement les escaliers du bureau de poste. Fidèle à son guichet, la petite boulotte aux barrettes a pesé son enveloppe en lui parlant du temps qui changeait. Brave femme ! Elle avait payé les timbres en tentant de se souvenir de son rêve. La réception d’un sms l’avait sortie de sa nuit sans qu’elle puisse entendre ce que Dam allait lui dire. Connerie de la communication !
Des lycéens envahissaient les rues aux côtés de membres de l’éducation mécontents. La Chine tentait de calfeutrer des fissures pour ne pas mourir noyée. La Birmanie laissait crever ses habitants miséreux sous prétexte que personne ne devait voir ce qu’il se passait chez eux. La veille au soir, Justine avait annoncé qu’elle mettait fin à sa carrière. Rodriguez en avait pleuré. Un peu plus tôt dans la soirée, Scribe avait tapoté sur son clavier, curieuse de connaître la suite des propositions de Zieux bleus. « Les yeux bandés. Tes poignets liés par de la soie. Tes fesses exposées. Une fine cravache. Alternance de petits coups et de douces caresses. » Il se disait ringard. Elle s’excusait de ne pas avoir été opérationnelle. Scribe avait tu son envie violente de Dam. Ses déplacements soudains lui pesaient parfois comme un doux manque. Ses retours-surprises l’envoyaient valdinguer dans ses filets élastiques, telle une balle de tennis. Pénis. Elle rêvait d’en avoir un pour lui faire oublier Marco Prince.
Scribe reprend la lecture de son manuscrit. Il n’était pas question de céder à la mode de la chick lit. Là-bas, PM souffrait de ne plus avoir de voix pour répondre aux miches chaudes de sa boulangère. Ici, la jeune femme aligne les sons, s’ingéniant à faire parler son héroïne. – Tu es lassé de moi, Angel ?
« Vous me pensez plus influent que je ne le suis. » lui avait répondu hier le DA. Et depuis quand les femmes pensaient-elles ? Scribe avait couru sous les grosses gouttes de pluie. Le ciel suait d’orage. Ce qu’elle pouvait aimer l’odeur de la terre chaude qui mouillait sous un mois de mai !
En mai, fais ce qu’il te plaît. « Ce que j’aime avec toi, c’est cette façon que tu as d’approcher et de reculer telles les vagues de l’océan. Tu rappliques toujours au bon moment. Je suis parfois juste au seuil de te dire d’aller te faire foutre. Ce n’est pas une jolie expression mais ça peut être agréable… » Du coup, elle pense à La femme océan et puis, - et surtout -, à L’orgasme de *Travis Bürki. « *Tu cris tu hurles et tu gémis Jamais l’amour ne fut si fort Je te baise tout l’après midi Contre toi le soir, je m’endors ». Les souvenirs d’une chambre rouge brûlent un instant sa mémoire. Juste avant qu’Angel sourie à son personnage principal.





mai 15th, 2008 at 4:40
Plus de voix pour répondre aux miches, mais que dire du désarroi du transis qui voit le boulanger derrière “sa” boulangère… Horreur!
mai 15th, 2008 at 5:39
En rester coi ?