Travis Bürki, le poète moderne

Travis Bürki concert à l'Archipel Copyrith Nicolas Esposito

Copyritht Nicolas Esposito

 21 heures, salle rouge à l’Archipel. C’est le dernier concert que donne Travis Bürki en ces lieux. L’affiche annonçait la salle bleue. Travis m’avait accordé une interview, après le concert, « avec vin de Champagne ». Quel homme de nos jours est capable d’annoncer à une femme qu’il la recevra dans sa loge en compagnie de vin de Champagne ? Seul un Travis Bürki peut avoir une expression aussi classe en bouche !

Pour l’heure, il fallait ronger son frein. Surtout le mien. Une jeune femme aux longs cheveux d’or et habillée d’une robe rouge arrive sur la scène. « Bonjour. Je me présente : je suis Caroline Sol. Un nom en note de musique. » Je reconnais Caroline pour l’avoir aperçue sur scène dans les choristes de ce garçon. Ce garçon, c’est Travis Bürki. Enfin, c’est le titre de l’album de Travis. Et Travis est le garçon au vin de Champagne. Vous suivez ? Bien…

Caroline chante. Elle a une jolie voix, une présence scénique punchy, des textes emplis de jeux de mots. « En jupe et en baskets dans la jungle je goguette… Je suis maniak… » (Maniak). « N’hésite pas à dire que j’aimerais signer ! » Je n’hésite pas, Caroline. Je l’écris, même ! Caroline Sol s’éclipse. Des techniciens arrangent l’espace. C’est long, non ? « Il y a un entracte ? » Cela, c’est mon amie qui réclame. Elle aussi se lève. Je dis « elle aussi » parce qu’il semblerait qu’il y ait un léger mouvement de foule. C’est la pause-pipi pour tous ? Non, parce que personne ne m’a prévenue ! J’en profite pour regarder tous les spectateurs. Les spectatrices aussi. Je référence leur âge, histoire de jauger le public du phénomène. D’ailleurs, le phénomène en question veut nous la jouer Mick Jagger ou quoi ? Avant que tout le monde se fâche, Ü se montre : smoking et chemise rouge, nœud pap’ et bouteille de vin de Champagne. Hé ho, le vin de Champagne, c’était pas pour l’après spectacle ?

Avez-vous déjà assisté à un show où l’artiste irradie de talent ? Travis chante, slamme, joue la comédie. Travis pétille comme ce champagne qu’un de ses musiciens finit au goulot de la bouteille. Le chanteur donne, le public prend et renvoie. L’échange est palpable, la salle devient aussi électrique. Les rires fusent, les applaudissements crépitent. On en réclame encore. « Tout, y compris mon nom, se finit par un U. » (Ü) Est-ce pour cela que Travis réclame d’en prendre plein le c.. ? Arrive le moment où les dernières paroles doivent être prononcées, elles le seront dans un vagin. Dans un vagin parce que c’est le titre de la dernière chanson de son album. Vous suivez toujours ?

« Il t’avait bien dit oui ? » me questionne mon amie. Pour me dire oui, il m’avait dit oui mais j’ai toujours évité d’interviewer un chanteur quand il sort de scène. Et vu l’exaltation de Travis, (il zwingue divinement quand il entonne Feng-Shui, si si), je m’inquiète un peu de l’entrevue. Quoi qu’il en soit, nous verrons bien. Je vous passe l’évocation de notre trajet jusqu’à la loge-couloir où toute la troupe est présente. Un piano et un canapé aussi. Quelqu’un pourrait rajouter un éléphant et un troupeau d’hippopotames pour que nous soyons un peu plus à l’aise ? On devrait peut-être évité de fumer, non ? L’issue de secours est où ? Et puis, on ne fume pas quand des pitchounes sont présents. Si je veux du champagne ? Un peu, oui. Eventuellement, tu pourrais te rapprocher un peu, Travis. Laquelle est-ce que j’assassine en premier pour pouvoir t’atteindre ? On monte tous au premier étage ? Mais allons-y ! On boira du punch ? Mais pourquoi pas ! D’où sortent toutes ces personnes venues le féliciter ? Et pourquoi est-il si grand ? Ah oui, j’ai omis de mettre mes talons et ma robe. Mes bas aussi. Mais cela, on s’en fiche. Surtout que grimper sur une scène pour rejoindre une loge-couloir, c’est plus facile à faire en jeans et en baskets. N’est-ce pas, Catherine ? Qui a parlé ? Moi ? Nonnn. « Depuis quand vous connaissez vous, tes musiciens et toi ? » « Oh bonsoir ! Merci, merci… Tu viens demain, n’est-ce pas ? On s’appelle ? » Euh, éventuellement, Travis Bürki dit Ü, j’ai posé une question, là. Je dois penser très fort parce que le grand blond me répond de sa voix chaude et grave. En réalité, ils se connaissent tous depuis plusieurs années. La musique rapproche les gens et l’amitié naît facilement. « Tu sens bon… » Là, ce n’est pas moi qui parle mais lui. Oui, j’aime aussi mon parfum. Beaucoup même. « Merci… Tu as parlé du festival de Romans, tu m’expliques ? » Bon, c’est qui cette nana qui l’agrippe maintenant ? Et cet homme ? Mais ils ne peuvent pas tous le lâcher, oui ? Flûte et crotte alors ! « François Rollin m’avait demandé une chanson qui évoquait Internet. Je suis parti en vacances et c’est le seul texte que j’ai écrit. Deux points tiret fermer la parenthèse. Depuis, je l’ajoute à chaque fois dans le spectacle… Cali, je te présente mon ami, Julien… » Oui, bonsoir Julien le booker qui connaît mon site. Et bonsoir Michel Lascaut, l’ami chanteur lyrique qui apprécie que tu aies de plus en plus de souffle. On échange nos cartes ? Oui ? J’irai faire un tour sur votre site. (D’ailleurs, j’ai fait un tour sur le vôtre : « je vis nature, je ne mets plus d’essence dans la voiture). Mais c’est qui cette fille encore ! « Cali, parle-moi de l’érotisme ? » Hé ho, c’était pas moi qui devais poser des questions ? « Parce qu’avec tes textes, tu vas me faire croire que tu ne sais pas ce qu’est l’érotisme ? » Il sourit, malicieux. « Tu n’as pas pensé à écrire un feuilleton ? Moi, j’ai commencé un feuilleton. » Je regarde Catherine. Nous éclatons de rire. « Retourne lire mes textes, tu verras, c’est un véritable feuilleton ! » Là, j’ai d’autres idées qui me viennent en tête mais je les garde pour les lui confier hors de tout. Juste une chose, poète moderne : tu as un talent fou. Tu es fou. Tu as un charisme extraordinaire, un charme incommensurable et surtout, surtout, tu as ce détachement, cette classe, qui font que tu ne te prends pas pour un être supérieur. Et puis, tu me dois toujours ce vin de Champagne, non ?

Ce garçon, Travis Bürki, Universal Music

Travis Bürki s’installe près de la place des abbesses, tous les jeudis au Living b’art.

Il donnera trois représentations exceptionnelles de TOTV (Théâtre ou thé vert ?) les 20, 21 et 22 mai 2008, pièce poétiste et musicale qu’il a écrite et composée, à l’espace Jemmapes avec la troupe de l’élégant rassemblement poétique (Anthony Bastié, Caroline Sol, Agnès Parra, Elliott 1er et Michel Maillard)

Site officiel de Travis Bürki

Myspace Travis Bürki

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Cali Rise

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