Le yaourt sur la bouche

Les soupirs et les voix de Kevin Michael et ses choristes l’entourent. A combien de mètres du sol les fleurs du chèvrefeuille ont-elles réussi à grimper ? Cette question idiote jaillit alors que des images de corps culbutés, de peaux moites défilent sur ses rétines intérieures. Plus près, les roses ressemblent à de grosses meringues dans lesquelles elle croquerait bien. « Il reste plaisant d’échanger avec toi. Ce qui est loin d’être le cas vis-à-vis des autres. » Scribe emmerde les autres. Et puis merde ! Elle n’est pas un sextoy qu’on emploie pendant les longues heures de bureau !

La pelouse est à nouveau jaune de soleil. L’envie de lézarder se fait sentir. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas écouté de R&B ? Ce jeune black, Scribe l’avait découvert sur le plateau de Taratata. Nagui s’extasiait de l’odeur de sexe que dégageaient ses chansons. Tous ses chanteurs qui passent, trépassent ou repassent. Selon le bon vouloir de qui ? Alors qu’elle avait reçu l’album de ce jeune artiste de pop anglais, David Jordan, en 2007, les radios commençaient seulement à le diffuser. Scribe avait craqué sur la voix de Peeda et visiblement sa major l’avait rangé dans un tiroir au fin fond d’une armoire fermée à clé et perdue dans une pièce borgne. Où était l’album prévu ? Par contre, on lui balançait à nouveau une galette de Katel. Changement de label. Ouais. « Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre tout le monde écoute. » Ouais. Liquid Lava Love l’emmenait ailleurs.

Propulsée dans le passé, Scribe marche dans une rue du 3e arrondissement. Elle tente de surprendre les conversations des femmes qui la suivent. « Seule une femme peut s’en rendre compte. » Le sac en plastique se balance au bout de son bras. Un gode, un gode ceinture et un body argenté frappent son mollet au rythme de sa marche. Il doit la rejoindre à l’hôtel. Elle lui a donné son string, il lui a confié ces sextoys. Cela l’amuse d’avancer au milieu de cette foule innocente, le tissu de sa robe caressant ses fesses nues.

Aujourd’hui, Scribe porte la même robe. Paris et ses parfums interdits sont loin. Pour l’instant. Bon, ras le bol de ce R&B, elle veut du fonck ! «* Les limbes de mes nuits Sont plus belles que vos jours Je préfère à l’ennui M’endormir pour toujours Vaincre la pesanteur du réel sur moi M’enfoncer dans l’écume et ne plus manquer de toi Vaincre la pesanteur du réel sur moi Redécouvrir les routes sauvages, chemin de croix… » Ha ha ha. Faut pas déconner non plus, elle n’a pas l’intention de mourir maintenant. Non. Elle veut voir le yaourt sur la bouche de Dam. Oui, tiens. C’est une idée qu’elle est bonne !

Et hop ! Le cynisme au bout des mots, Scribe poursuit l’écriture de ce roman. Comme dit Jean « Moi, quand j’en veux à quelqu’un, je l’écartèle, je le décapite dans mes romans. » Ou quelque chose comme ça, il dit Jean. S’il savait ce qu’elle fait à ses personnages !

*Paroles de Morphée, FFF

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Cali Rise

No Responses to “Le yaourt sur la bouche”

  1. Tu veux du fonk !

  2. Quoi ? J’ai écrit une absurdité ?

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