Thierry Brun vit et travaille à Paris. Il est l’auteur de Surhumain. La ligne de tir sort le 24 mai 2012. Extrait Un matin, alors que Jade prenait son petit déjeuner sur la terrasse, son compagnon de villégiature apparut, nu, le visage marqué par la douleur et par la peur. Un jeune homme à l’œil droit maquillé, à [...]

Des murs, des souvenirs et une rafle, Tatiana de Rosnay

Née en 1961, Tatiana de Rosnay a passé son enfance aux Etats-Unis et a étudié à l’université d’East Anglia en Angleterre. Elle vit depuis 25 ans à Paris. Scénariste et journaliste, elle travaille notamment pour Elle et Psychologies. Elle est l’auteur de neuf romans.

Résumé : La mémoire des murs

Pascaline, brillante informaticienne de quarante ans, emménage dans un nouvel appartement. Divorcée sans enfants, un deux-pièces calme et clair lui conviendra parfaitement. Tout du moins, c’est ce qu’elle croit. Or, dès les premières heures passées entre ces murs, Pascaline ressent des nausées et des malaises. Par hasard, elle apprend d’une voisine qu’une jeune femme a été assassinée dans des conditions atroces dans son appartement. Dès lors, tout bascule.

« Certaines marques ne disparaissent jamais » annonce l’accroche du roman. Tatiana de Rosnay nous entraîne dans une spirale faite d’obsessions et de réminiscences. Certaines marques sont invisibles pourtant la douleur est bien réelle et il suffit parfois d’infimes petites touches pour raviver un passé qu’on avait enfoui au plus profond de soi. Une informaticienne dont l’ex-mari dit qu’elle n’a aucune imagination, dont les collègues reconnaissent son implacable logique, une informaticienne va peu à peu basculer dans la folie. Jusqu’aux dernières lignes, La mémoire des murs suggère plus qu’il ne montre. Ainsi, Pascaline se retrouvera sur le pas de la porte d’une maison, à vingt-deux heures. Que fait-elle là ? « Les murs se souviennent, toujours. »

La mémoire des murs, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson 144 pages 16 €

Résumé : Elle s’appelait Sarah

Paris, juillet 1942 : En pleine nuit, Sarah entend frapper violemment à la porte de l’appartement qu’elle habite avec ses parents et son petit frère, Michel, âgé de quatre ans. Habituellement. Car depuis quelques temps, son père dort dans la cave. A dix ans, elle ne comprend pas bien pourquoi. Comme elle ne comprend pas non plus pourquoi sa mère lui dit qu’il faut être fier de porter l’étoile jaune alors que des enfants de son école les traite de « Sales Juifs ! ». Les coups à la porte redoublent jusqu’à ce que sa maman ouvre aux policiers français. Apeurée, Sarah enferme Michel dans un placard et met la clé dans sa poche. « Je reviendrai plus tard. Je te le promets. »

Paris, juillet 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine marié à un Français doit couvrir la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv. Le jour où Julia croise Sarah, sa vie va totalement basculer.

C’est en 1995, lors du *discours de Jacques Chirac, que Tatiana de Rosnay a découvert l’existence de la rafle du vélodrome d’hiver. Tout comme son héroïne, Tatiana est journaliste et a vécu en Amérique. Ce sont les seuls points communs qui les relient comme elle le précise dans plusieurs interviews. Tous les personnages du livre sont fictifs, seuls les faits relatant la réalité de la rafle du Vel d’Hiv, la déportation de milliers de juifs, adultes et enfants, organisée avec la complicité active de la police française sont vrais. Sarah, arrêtée dans un appartement parisien, enfermée pendant plusieurs jours dans des conditions atroces au Vel d’Hiv avec ses parents juifs non-pratiquants puis internée au camp de Beaune-la-Rolande n’a pas existé.

Mais il a sûrement existé une Sarah qui, ce jour-là, le 16 juillet 1942 à 4 heures du matin, a fait partie de ces 12 884 Juifs arrêtés (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes) dont une partie sera directement acheminée à Drancy et une autre partie (7000 personnes) sera véhiculée dans les bus de la ville de Paris vers le vélodrome d’hiver. Ces êtres humains, dont le seul tort étaient de porter une étoile jaune, resteront sans nourriture et avec un seul point d’eau pendant cinq jours. Ils seront ensuite déportés au camp d’extermination d’Auschwitz.
Au-delà de ces instants tragiques contés dans Elle s’appelait Sarah, l’ironie veut que ce soit une américaine qui dévoile le secret d’une famille bourgeoise et française.

Au-delà de ce livre magnifique, il est important que personne n’oublie ce qu’il s’est passé en France ce jour-là et l’apprendre par un livre permet d’avoir le recul nécessaire pour bien saisir la violence des actes perpétrés. Ce qui n’est pas le cas quand l’information est diffusée par la télévision ou Internet : l’immédiateté minimise et banalise la violence. Alors merci à Tatiana de Rosnay pour ce roman !

Elle s’appelait Sarah a obtenu le prix Chronos 2008, catégorie Lycéens, vingt ans et plus. Ce roman est publié dans plus de vingt pays. Il est en cours d’adaptation cinématographique.

Extrait du *discours du 16 juillet 1995 de Jacques Chirac (source Wikipedia) :

« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.

(…)

La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »

Elle s’appelait Sarah, Tatiana de Rosnay, Le livre de poche 6,96 €

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Cali Rise

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