La femme et la poupée

Photographie de Stefan De Lay 
Photographie de Stefan De Lay

La voiture s’engage entre les murs de l’immeuble d’une rue perdue au milieu d’une grande ville. Un sous-sol s’efface, puis un deuxième. Le conducteur finit par choisir le troisième. Alexandre gare le véhicule dans le coin le plus isolé du parking, là où l’espace est suffisant pour ouvrir grand les portières. Il tourne la clé de contact. Sa compagne détache sa ceinture. Le moteur soupire encore quelques secondes et sa voix s’élève, calme, le timbre légèrement plus grave.

« Passe à l’arrière. Je te veux nu. Totalement. »

Les mots sont accompagnés d’une caresse sur le visage, le pouce écrasant la bouche, effleurant la langue. Claire le regarde sortir de la Merco Benz, docile. Il ressort de ses gestes un empressement certain. Un mélange d’homme sûr de ce qu’il veut et de petit garçon joueur. Aujourd’hui, Alexandre a les cheveux courts. C’est nouveau. Troublant. Dans le rétroviseur intérieur, Claire le voit jeter ses vêtements comme une peau devenue inutile. Il est magnifiquement beau, comme toujours. Leurs yeux se croisent dans le miroir, elle sort à son tour et se dirige vers l’arrière de la Mercedes. Alexandre a ouvert la portière. Son torse est appuyé sur la banquette, ses jambes sont en dehors, les pieds posés sur le sol, les cuisses écartées.

« J’hésite. J’hésite entre glisser ma langue entre ta raie ou mes doigts. J’hésite entre te lécher le gland ou juste happer ta queue pour m’enfuir rapidement vers ton anus vibrant. Tu veux jouer encore, amant salope, ou tu veux jouir rapidement ? »

Alexandre ne répond pas. Il bouge. Son joli cul bouge de façon outrancière. Claire le regarde onduler mieux qu’un serpent. Le faire languir jusqu’à ce que, d’un coup, elle entre ses doigts en lui alors qu’il ne s’y attend plus. Les retirer pour les remplacer par sa bouche. Lui sucer l’anus à l’en faire gémir et replonger ses doigts en lui. Profond. Le fouiller. L’enculer loin. Oui… L’envie violente est là.

« Si tu me suçais pour me montrer comment tu crèves d’envie que je te prenne ? Hum ? Si tu te faisais salope soumise, fausse soumise ? Si je te suçais alors que tu t’enfonces tes doigts ? Et si une personne au sexe encore indéterminé te zieutait alors que tu te transformes en mâle en manque de cul profond ? »

Ses mots résonnent dans cet espace de ciment, éclairé seulement par les lumières vertes des issues de secours. Elle jouit de la puissance qu’il lui donne.

« Tu es à bouffer… A dévorer… Quand je te vois tendre ton joli cul comme tu sais si bien le faire, quand je vois ces fesses et cette queue… J’ai envie de me démultiplier pour te prendre de partout à la fois. »

Tout en parlant à son amant, la jeune femme frôle le cul cambré, offert. Elle l’affole. Elle le sait. Elle le frôle doucement. De ses paumes. De sa bouche. La pulpe de ses doigts tâte son anus et elle se recule. Claire pétrit son joli cul. Le claque sans prévenir. Alexandre râle, gémit, réclame.

« Supplie ! Sois garce ! Sois féroce !… Mets-toi à genoux… »

A cet instant, ils entendent des pas qui s’approchent. Le bruit se rapproche et soudain, les phares d’une voiture éclairent la scène insolite qu’ils doivent offrir. La personne s’est arrêtée. Tout semble suspendu. Alexandre attend, la respiration haletante. Toujours à genoux, le haut du buste à l’intérieur de la Merco. Claire soulève sa longue jupe et se positionne à califourchon sur lui. Son jupon frôle sa peau. Il attend encore. Il attend et elle, elle pisse. Elle lui pisse dessus. Ça dégouline le long de sa raie. C’est chaud, moussant. Claire a encore plus envie de le prendre.

« Tu abdiques ? »

Un hurlement de plaisir lui répond. La pisse dégouline encore entre sa raie et sa main court entre les cuisses de Claire.

« Redresse-toi… Ecarte tes cuisses… Ecarte tes fesses… »

Claire aime le lécher ainsi, mouillé, avide. Son anus palpite autant que sa queue. Ni lui ni elle ne savent si c’est un homme ou une femme qui les mate mais cela les excite.

« J’ai envie que tu me suces pendant que je te bouffe le cul. Que tu m’enfonces les doigts dans la chatte. »

Claire murmure juste pour lui. Elle est troublée par ce qu’il lui offre, par son envie insatiable qu’il a de sexe rouge. Elle est troublée par son silence. Comme s’il figurait dans un film muet. Il donne. C’est elle qui y met le son. Et c’est affolant. Claire met en scène son acteur principal et touche ses ressentis. Elle adore.

« Diable d’homme, tu es si sexuel… Tu n’as plus rien de cette “femme” que j’ai connue, tu sais cela ? Tu es terriblement mâle et bi. Te bouffer le cul, te sucer la queue, les couilles. M’empaler sur toi aussi… J’ai envie. Te faire pisser dans mes mains, te faire sucer ces doigts humides et les enfoncer ensuite dans ton joli trou qui ne demande que ça. Aussi. »

Plus tard, ils se parleront. Claire évoquera la poupée. La poupée, ce soir, c’était lui. Ou elle, selon le point de vue. Dans ces moments, Alexandre devenait son jouet, ce gode vivant qui n’en fait qu’à sa tête. Ils étaient les jouets et le jeu. Toujours. Elle lui racontera son envie soudaine de lui pisser dessus, née du simple fait qu’il ait les cheveux courts. Pas pour l’humilier, non. Juste pour lui procurer le plaisir d’un liquide chaud se glissant entre sa raie, comme l’aurait fait du sperme. Elle lui avouera ressortir beaucoup plus vivante de ces délicieux instants.

« Je suis étale. Comme si ma pleine sexualité avait envahi tout mon être, de la pointe de mes cheveux aux pores de ma peau. Intérieur et extérieur. Un rééquilibre en quelque sorte. Ou un nouvel équilibre. »

« C’est le but évident. Et c’est moi qui commande. »

Leurs éclats de rire empliront l’habitacle feutré. Complices.

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Cali Rise

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