Lettre à déculotter

Ne pas t’écrire. Ne pas t’écrire. Ne pas t’écrire. Ne pas t’écrire. Ne pas…

Depuis des heures, Scribe joue à renvoyer cette envie comme McQueen tapait la balle dans La grande évasion. Dam. Dam Dam Dam. Dam. Absent depuis plusieurs jours, son amant se dorait au soleil, loin, là-bas. La jeune femme aimait imaginer son corps caramélisé lascivement étendu sur une plage ou dans un hamac. Seul. Ou accompagné. Dam Dam Dam. Dam. Dam. En même temps, il savait qu’elle ne le contacterait pas, préservant sa liberté, son autre vie.

Toi,

Toi, putain de toi !

Peux-tu seulement imaginer combien mon corps et mon âme te réclament ?

L’avantage avec la mémoire, c’est qu’elle peut stocker des détails infimes qui auront échappé à la conscience et qui ressortent en plein rêve. Un grain de beauté dessiné tel un tatouage sur un bras. Droit. L’éclat si particulier de tes yeux à l’instant X. Juste celui-là.
L’inconvénient, c’est qu’elle en efface à sa guise et sans prévenir. Tu te rappelles ?

Des jours et des nuits nous séparent et à cette heure précise, je suis plus proche de toi que je ne l’ai été jusqu’à présent. Si je le voulais, je pourrais voir tout ce que tes yeux regardent. Si je le voulais. Pulsions. Pulsions qui pulsent. Dam. Dam Dam.

J’aime. J’aime ta bouche qui s’approche de la mienne et cette langue qui sait prononcer tant de mots en silence, juste à coup de lèche. Cet obscur objet du désir…

J’aime la danse de tes mains sur mon corps, leur façon impérieuse de maintenir mes hanches afin que mes fesses rencontrent ton sexe dominateur. Je t’entends me dire le galbe et la douceur de mes jambes, ma cambrure, combien elles t’affolent, combien tu aimes faire naître ce sourire sur ma jolie frimousse.

J’aime ton sexe. Je l’ai imaginé des centaines de fois depuis. Son goût aussi. Je pourrais presque en jouir sans me toucher tellement je le désire.

J’aime ton joli cul. Et mes mains dessus. Et ma bouche dessus. Et ma langue dessus, dedans. Dans cette position, j’aime t’apprivoiser, toi et ton sexe. De ma langue et de mes doigts. Longuement. Et t’embrasser encore. Même si mon sexe en feu en devient presque douloureux d’attente.

J’aime que tu m’ordonnes de te sucer d’une voix rauque saturée d’envie. J’aime te sucer lentement. J’aime que tu voies mes lèvres et ma langue glisser doucement. J’aime tes yeux sur ce spectacle luisant. J’aime alors croiser ton regard qui me touche terriblement.

J’aime nos danses de scorpions, nos dards dressés. J’aime te murmurer à l’oreille que tu es assoiffant. J’aime te rendre coup pour coup.
Dam. Dam Dam Dam. Dam. Je te déteste ! Tu me manques. Tu me manques…

Tout cela et plus encore, Scribe aurait pu l’écrire. Ce manque de lui qui bouillonnait dedans son ventre jusque dans sa tête à marée haute la laissait perplexe. Que lui arrivait-il ? Ce dont la jeune femme était certaine, c’est qu’elle voulait que le lien qui existait entre eux grossisse encore. Un peu comme un sexe masculin. Ou féminin, dans une moindre mesure. C’était diablement tentant. Il était diablement tentant, cet être au corps si sexuel.

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Cali Rise

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