Un micro-sillon dans la raie

Ils roulent à grande vitesse sous une pluie battante. Les balais d’essuie-glace sont devenus totalement inutiles et Dam les a arrêtés. Il est concentré sur la route. Scribe écoute son silence et jette parfois un œil sur le sourire qu’il a vissé sur ses lèvres. En slalomant entre les véhicules qui jouent aux escargots se rendant à l’enterrement d’une feuille morte, la vitesse du leur envoie de grandes giclées d’eau bruyante qui rebondissent sur les portières de toutes les couleurs. Un feu d’artifice liquide.

Ce soir, ils chassent en meute. L’objectif est de trouver de nouveaux sons. Quatre oreilles valent mieux que deux, non ? Dans l’air flotte un parfum entêtant de folies et d’envies de corps attardés dans les coins sombres. Scribe en ouvre la vitre en grand. La pluie lui cingle le visage et très vite, ses cheveux courts sont trempés et dégoulinent. « Envie de toi. Bordel, envie de toi ! Te baiser sous une pluie battante et nous rouler dans la boue… oui. » « Je ne vois pas de boue… » La réponse de son compagnon fuse au travers d’un sourire devenu sardonique. Sous les doigts de Scribe, le renflement est plus que tentant. « On est là pour bosser, non ? Et puis, je mouillerais ton pantalon. » Leurs éclats de rire se répercutent dans tout l’habitacle. « Pagney devant Barine ? » « Oui. Gare-toi le long d’un trottoir, on avancera dans les petites rues à pied jusque Chez Paulette. » « Croise les doigts que nous découvrions la porte cochère de mes rêves sur le chemin alors ! » Les jantes crissent contre le trottoir et Scribe reçoit un clin d’œil en plein dans le ventre. Un clin d’œil qui semble vouloir lui dire c’est fou ce qu’on s’en fout

Quelques minutes plus tard, des bribes de conversations leur parviennent, des gens passent dans les rues adjacentes. Ce soir encore, Chez Paulette fera salle comble. Accolée contre la porte d’une grange, son long jupon retroussé haut sur ses cuisses et ses sandales à talons dans les mains, Scribe halète en se mordant la lèvre inférieure, la tête levée vers le ciel. Une fine bruine a remplacé l’orage. Dam est accroupi entre ses jambes, sa bouche reprend possession de son ventre, ses mains de ses fesses. Puis, il se redresse pour l’embrasser goulûment. Là, tout contre ses lèvres, il lui avoue qu’il a terriblement envie de jouir en elle. A en rougir.

« Rappelle-moi la moyenne d’âge de The Elderberries ? » Dam lui tend un demi. « Environ 20 ans. Des enfants d’expatriés qui se sont retrouvés au bon endroit au bon moment. Seul le batteur est Français. Tu as reconnu à qui ils ont été nourris. Etonnant, non ? » Scribe se penche vers lui et lui murmure à l’oreille : « L’homme derrière moi. Beau ? Je ne me suis pas retournée. Il vient de me dire avoir aimé ce qu’il a vu dans la ruelle, tout à l’heure. Il aimerait en voir davantage. » Dam l’embrasse, une main enserrant sa gorge. « On va lui offrir ce qu’il veut. » Cela, il le dit tout contre la bouche de Scribe, les yeux dans les yeux. Autour d’eux, quelques personnes ont pu entendre que le son du groupe sent très bon les années 75. « Je suis subjugué par la voix de Chris. Les guitares sont très bavardes. A la fois soyeuses et rugueuses. Ça te démange le crâne comme une aurore boréale. Et le batteur… Je ne sais pas à quoi Yann carbure mais il tape comme un bûcheron sous ecstasy. » Le jeune homme saisit Scribe par la taille et l’entraîne dans la grande salle. La foule y est en délire, les bras levés. Dam s’assoit sur une table serrée contre la paroi. Il boit une gorgée de bière avant d’attirer Scribe entre ses cuisses ouvertes. Leurs lèvres se joignent en un baiser mordant. La journaliste entreprend de déboutonner la braguette du jean de son compagnon. Un à un, les boutons sautent. Le sexe bandé est enfin libre.

Pourquoi résisterait-elle à son envie de le téter ? Dam lui caresse les cheveux d’une main alors qu’elle joue avec son gland et sa hampe. Quand les choses deviennent plus sérieuses, il abandonne sa bière pour cramponner sa chevelure à deux mains. Au détour d’un mouvement de foule, un rayon de lumière rend les yeux de Scribe plus visibles. Saisissant son visage, il lui fait comprendre qu’il aimerait qu’elle se relève. « Il nous mate sans perdre une miette, ce con. On va le baiser. » « Oui. Viens. » Dam se lève souplement et se place derrière Scribe qui appuie ses paumes sur la table. Elle se cambre, ses fesses appuyées contre le renflement de l’entrejambe de Dam. Le jeune homme saisit sa gorge d’une main, de l’autre, il guide sa queue vers sa raie. « Rappelle-moi le nom de leur album ? » « Nothing ventured nothing gained. J’aime. » « Moi aussi, j’aime ton cul. »

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Cali Rise

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