Amputations façon charmeurs de serpents

L’animateur annonce que Tina va remonter sur scène après huit ans d’absence. Elle serait en manque. We don’t need another hero les entoure. Scribe a les yeux perdus dans ces toiles liquides qui s’accrochent aux branches du genévrier. Je ne serai pas joignable jusqu’à mardi. Elle avait failli lui répondre du tac au tac : « Qui te dit que j’aurais cherché à te joindre ? »

- Hé ! Ils vont amputer Edwige !
- La pauvre !
- La pauvre ??? Mais tu es folle ou quoi ! Edwige, le fichier.

Scribe revient sur terre, ses yeux se plissent très légèrement.

- Encore un coup de Sarko. Pour quelqu’un que beaucoup appellent le nabot, il a le bras long.
- Euh, tu m’expliques ?
- En quelque sorte, c’est du teasing de père Fouettard. J’annonce un gros truc pas très net où le quidam sera fiché, encore plus s’il est homo, noir, musulman, aveugle et nain. C’est vrai, les aveugles, c’est jamais très clair et les petits, c’est pas catholique alors les musulmans. Et, ensuite, je joue le bon Samaritain en tapant sur les doigts de la blonde à lunettes. Et hop popop ! Vendu !

Son vis-à-vis la regarde, perplexe, cherchant à deviner si elle déconne.

- C’est un tordu !
- C’est un malin !

*Tant besoin de câlins Prenez-moi dans vos mains. Le *Quéquette bluesde Gotainer l’avait éclaté. Scribe lui avait fourni le lien évoquant Vincent, Chipie et Comme un avion sans aile. La jeune femme abandonne le restant de son thé.

- J’ai des papiers à terminer avant de partir à Nancy. J’aimerais bien approcher Akli Tadjer. Et apercevoir Waltch.
- What ?
- Waltch. Un jeune dessinateur de BD qui va faire parler de lui. Retiens son nom ! A plus.

Par-dessus son écran, Scribe regarde les rayons de soleil éclater les perles de rosée. Cette nuit, pendant de longues minutes, Dam lui avait manqué terriblement. Mais que vais-je faire de toi ? Et puis elle avait souri au souvenir de leur échange sur MSN, l’après-midi même alors qu’il était au bureau. « Tu te laisses faire ? Tu me laisses faire ? Dis-moi juste si tu peux lire… » « Je suis là. Bon sang, je ne débande pas ! » Jouer avec le feu, tous les deux adoraient cela. « Hum. J’adore profiter de toi. Fais-moi juste une place pour que je me glisse face à toi sur tes cuisses. J’arrange ma robe pour rester correcte. Ouvre ta braguette chaude, histoire que ton sexe rencontre un endroit très humide. J’aime baiser ta bouche. Y fourrer ma langue. Ma langue et mes doigts. Ma fente caresse ton sexe mais chut, on ne pénètre pas. » « Torture. » « Tu veux que j’arrête ? » Leurs « non » s’étaient télescopés. « Dire qu’avec un rien, je pourrais me précipiter sur ton sexe. Salope de toi ! » « Hé ! Je n’ai pas encore dit que je me caressais en te racontant des obscénités. Et puis je ne me touche pas encore. Non. Je vais me retourner, coller mon joli cul contre ta queue. Ne bouge pas. Ne dis rien. Euh ! Eventuellement, tu évites de rougir. » « Ah je crois que c’est trop tard ! Quel cul ! J’adore tes courbes. » « J’aime ça, je suis trempée. » « Et moi, je tente de cacher mon érection. Envie de placer un doigt mouillé entre tes fesses. » « Donne, je le mouille. Si mon débit d’écriture ralentit c’est parce que je ne sais pas taper d’une seule main. » « Je te hais. » « Je sais. Mais tu adores. » « Si je m’enfonce cm par cm dans ton joli cul, tu peux en jouir ? » « Oui. Oui. Oui » Il avait été question de miroirs, d’animalité, de bestialité, de respiration coupée, de lame, de violence. « T’es salaud. » « Tu es salope aussi, tu sais. » « Parce que c’est toi. » « Parce que c’est toi. » Scribe avait souri quand Dam lui avait avoué qu’il devait s’absenter aux toilettes pour quelques minutes.

Mais que vais-je faire de toi ? Assez stagné. Il est temps de bouger. Il faut vider le coffre, refaire le plein de gasoil, passer au DIB. Quelque part un cobra est tapi. Elle apercevait parfois le bout de sa jolie queue. Il avait vraiment un cul à damner tous les anges du paradis et elle hoquetait de plaisir quand elle réussissait à saisir ses fulgurances, à le tenir en apesanteur dans des vagues de désir. De toute façon, je n’aime que les fakirs cobras…

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Cali Rise

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