Putain de Toi !
Debout devant la fenêtre ouverte, Dam sirote son verre de vin. Il est d’un calme extrême. La lumière du lampadaire de la rue accentue le paysage de son corps, le marbrant ici ou là de taches argentées. Il fait nuit noire et Dam est entièrement nu.
Quelques heures auparavant.
Devant la gare, Dam gare son carrosse d’acier en double file en ignorant les gueulées de l’agent de la police municipale. D’une démarche souple, il s’avance parmi la foule compacte et la repère avant qu’elle ne le voie. Il adore cela, l’observer, anticiper le moindre de ces gestes. Avec elle, rester sur le qui-vive, c’est presque une question de survie. Scribe porte une paire de jean enduit noir, des low boots, un long tee-shirt gris où se dessine une guitare et un perfecto. L’amour des belles fringues, c’est aussi une chose qu’ils ont en commun. Arrivée à sa hauteur, la jeune femme glisse sa main sous son pull et murmure tout contre ses lèvres « J’ai faim ! Très beaucoup. »
Les flammes des bougies éclairent l’appartement en vacillant. La porte d’entrée claque derrière eux. Une des chandelles s’éteint. Il règne une chaleur tropicale. Scribe jette son blouson sur le canapé avant que Dam l’entraîne dans la salle de bain. La vapeur d’eau la prend à la gorge. Elle hoquète, son organisme se rebiffe. Dam déboucle la ceinture de son jean et l’abaisse à deux mains, palpant son cul au passage. Scribe rit et lui enlève son pull. Ils entrent tous les deux terminer de se déshabiller tant bien que mal sous la douche brûlante. Le jeune homme saisit le gel douche, en gicle dans sa paume et l’étale sur tout le corps de sa compagne. Elle se frotte à lui, mêle sa langue à la sienne. Il écrase le lipstick rouge grenat de son pouce et en macule son menton, lui retenant la tête sous l’eau. Scribe cherche à reprendre son souffle sans s’affoler plus que ça. Il sourit en remarquant les cernes noirs que son mascara dégouline sous ses yeux. « Tu es une jolie salope, tu sais ? Ces envois de photos, à mon bureau. J’adore. J’adore quand tu m’énerves. Terriblement. » Scribe ne répond pas. Sa bouche, ses mains parcourent ce ventre qu’elle aime tant, ce sexe long et large, ces cuisses qui… Elle n’a pas le temps d’aller lécher plus loin. D’une poigne de fer, Dam la redresse en la tirant par les cheveux et la plaque face au mur sans lâcher sa tignasse de cheveux courts. Son corps se presse contre le sien et la journaliste gémit à ce contact viril. Dam plante ses dents dans le gras de ses épaules, dans son cou. Il ne fait pas semblant. La douleur vive est excitante. Ses doigts la fouillent sans ménagement. Il la retourne brusquement et la pénètre jusqu’à la garde en la soulevant pour l’abaisser sur son chibre tendu. Elle se cramponne à lui des ses bras et des ses longues jambes et baise sa bouche violemment. L’eau crépite sur leurs deux corps et les gouttelettes qui s’accrochent à leurs cils les aveuglent à demi.
Scribe est allongée sur le dos, sur le lit. Les draps ont volé depuis longtemps. La bouteille de vin est largement entamée. Dam s’approche d’entre ses cuisses. Il regarde sa queue gonflée glisser dans sa chatte lisse. Ça aussi, il adore. Crescendo, ses coups de reins montent en puissance. Ses mains se referment sur la gorge de Scribe. « Serre un peu plus et je t’enserre d’autant de mon vagin ! » Leurs regards se percutent. Ils ne sont déjà plus que deux scorpions qui dansent. Profitant d’une faille infime dans la vigilance de son amant, Scribe réussit à renverser la situation. Elle écarte le cul de Dam, va de son anus à sa queue, de sa queue à sa bouche et puis recommence. Mélange tout. Elle le tient au bout de sa langue, au bout de ses lèvres. Il est à elle. Scribe aspire ses gémissements, s’enivre de ses soubresauts. Elle mouille comme jamais de vouloir le pénétrer par tous ses pores. Elle le déteste et le lui dit. Le jeune homme grogne de plaisir. Scribe jubile jusqu’au moment où il la retourne à nouveau pour écarter ses jolies fesses, s’approprier son anus, le lécher et le doigter, lui et pas seulement lui. Elle est au bout de ses doigts, ouverte ainsi à tous ses futurs assauts. Elle est à lui. Il bande comme un fou à l’idée de pénétrer en alternance tous ses orifices. Dam se délecte pleinement de sa perdition. Boit ses émotions. Il l’épuise. Il l’a vaincue. Scribe gît, étale sur le lit. Le jeune homme la regarde reprendre son souffle, abandonnée. Il a tout le loisir de choisir comment jouir définitivement de son corps. Il sait maintenant et entre en elle, doucement. Ses va-et-vient sont lents. Et Dam jouit en elle, longuement. Puis, sortant sa lame de nulle part, il lui ouvre la gorge largement, proprement, silencieusement en posant une main sur sa bouche. Scribe n’a pas mal mais, au moment où sa peur veut s’exprimer, elle mord la chair de son amant. Du sang coule entre ses lèvres. Du sang bouillonne de sa plaie béante. Dam attend patiemment le dernier spasme du dernier de ses muscles qui lutte contre la fin. Ensuite, après avoir essuyé sa lame sur sa langue, sa queue dans le drap froissé qu’il a ramassé sur le sol, il se lève. Asa et Yael terminent de chanter Stand by me. “*So darling, darling Stand by me Oh, stand by me Oh, stand Stand by me Stand by me”
Debout devant la fenêtre ouverte, Dam sirote son verre de vin. Il est d’un calme extrême. La lumière du lampadaire de la rue accentue le paysage de son corps, le marbrant ici ou là de taches argentées. Il fait nuit noire et Dam est entièrement nu. La sonnerie de son téléphone résonne dans le silence. « Putain de Toi ! Envie que tu me tues. Maintenant. » Les chiffres rouges du réveil affichent exactement 03 : 42.
*Extrait de Stand by me, paroles et musique de Ben E. King, Jerry Leiber, Mike Stoller 1961
Asa et Yael Naïm Stand by me, émission Taratata N°263, vidéo de mytaratata





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