Scribe hotel
En sortant de l’ascenseur, Scribe manque de le rater. Sans sa tenue de chef d’entreprise aux cheveux plaqués et au costume impeccable, son Lord anglais est très différent. « Tu fais beaucoup plus jeune ainsi ! » Tu es terriblement sexy aussi. Debout tout contre elle, il se demande ce que des Français peuvent capter d’un concert quand le groupe est étranger. « Je te ferai une traduction simultanée. » La jeune femme sourit à ses boucles mousseuses qu’il tente d’assagir, par instant. La rame avance seule dans le tunnel. « La vue est magique, non ? »
Oui, elle l’était. Les portes s’étaient ouvertes et Scribe l’avait aperçu. Costume sombre, chemise blanche, PC portable dans une main, GSM dans l’autre. Il le consultait d’un air sérieux et, pendant une fraction de secondes, elle se demanda s’il allait l’appeler. Dam releva la tête et croisa son regard. Son sourire illumina le hall de l’hôtel. Les autres clients disparurent. Elle s’approcha. « Alors, on ne peut pas entrer comme cela ? » « Non. Et tu as de la chance, j’ai une clé. »
Scribe et son compagnon descendent à la station Bercy. La foule couvre pratiquement tout le macadam. « Je te prends la main pour ne pas te perdre ! » Il l’entraîne d’un côté et de l’autre, cherchant le bon accès. Elle rit, heureuse. « Tu bois quelque chose ? » « Une bière ! »
Quatrième étage, chambre 432. Les rideaux sont tirés. Assise sur le fauteuil club, Scribe le regardait ouvrir une bouteille de vin. Il avait sorti deux verres à pied de sa sacoche. Leurs deux corps impatients s’étaient frôlés lorsqu’ils vérifiaient que le mini-bar n’en contenait aucun. « J’aime ton parfum. » Son souffle sur sa nuque avait modifié le sien. Dam avait frôlé ses fesses et ses hanches, Scribe avait remonté ses mains sur les siennes vérifiant qu’il ne portait rien sous son pantalon. Ils avaient trinqué en se dévorant des yeux. « Ne me regarde pas ainsi ! » lui avait-elle dit sans baisser les siens. Dam avait rapproché son fauteuil et ses jambes s’étaient retrouvées toutes proches de ses mains. « Et ce matin, il a réussi à te faire rougir ? » La journaliste avait éclaté de rire au souvenir de la scène. « Tu sais qu’il ne manque pas d’air en m’annonçant qu’un amant pourrait en cacher un autre ? » Les yeux de Dam brillèrent un peu plus. « Qu’as-tu fait ? » Elle rit, peste au possible. « Je lui ai annoncé plusieurs fois qu’il fallait que j’enlève mes bas avant de me lever. Quelques minutes plus tard, il frappait à la porte des toilettes. Je n’ai pas ouvert. J’ai toujours détesté les hommes qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient et lui a trop tardé à savoir. C’est du Bordeaux, n’est-ce pas ? »
« Tu sais que j’ai le vertige ? » « Vraiment ? Tu es certaine que cela ira ? Quand le concert commencera, nous pourrons aller nous asseoir vers la rambarde et passer nos jambes dans le vide. » Scribe acquiesce en scrutant la foule. Les gradins se remplissent peu à peu, l’âge des spectateurs oscille en moyenne entre 30 et 50 ans. « Tu n’as pas remarqué quelque chose d’étrange ? Regarde bien ! » « Aucun black parmi les spectateurs. Sur environ 20 000 personnes, c’est plus que bizarre. » Ni lui ni elle ne reconnaissent Albert Hammond Jr. Quel est le con qui s’occupe des lumières et se permet de le laisser jouer dans un noir quasi complet ? Ils sortent de scène sous des applaudissements qui réclament Coldplay. La foule commence à s’exciter entonnant le gimmick de Viva la vida. Passé Life in technicolor, Chris Martin entonne Violet Hill. « Si tu m’aimes pourquoi ne me le fais-tu pas savoir ? » Survolté, le chanteur saute d’un bout à l’autre de la scène. Scribe revoit les gestes d’un autre fauve.
Dam avait rapidement fait sauter les boutons pression de sa robe et l’avait entraînée sur le lit. Et sa bouche, sa bouche… « J’aime ta bouche. Donne-la moi encore ! Tu as une bouche… » « Une bouche à pipes ! » « Vrai ? » « Oui… » Il la regardait en souriant, carnassier. « Donne-moi encore ta bouche à pipes ! » Et Scribe avait mordu ses lèvres et enfoncé sa langue. Ses ongles griffaient sa peau, ses mains emprisonnaient son joli petit cul. Et Dam abusait d’elle, il la tenait en apesanteur et elle se laissait faire, gourmande au possible.
Au milieu des cris des fans, Chris chante In my place. « Et j’étais perdu, j’étais perdu J’ai franchi des limites que je n’aurais pas dû franchir J’étais perdu, oh oui Et j’étais perdu, j’étais perdu » Dans son oreille, le souffle de son Lord anglais lui donne des frissons. « Si tu pars, si tu pars Et que tu me laisses seul ici Et bien je t’attendrai »
A genoux, Scribe fixait Dam tout en suçant son sexe. « Tu as une croupe incroyable ! » Elle jouissait de le voir fermer les yeux et perdre pied. Sa langue courait autour de la couronne de chair, léchait la hampe, mouillait ses testicules, repartait large ou pointue. Sa queue était luisante de salive. « Je connais des gestes bien plus sadiques. » Le jeune homme l’avait attirée à nouveau sur le lit. Le sexe de Dam caressait le sien. « Oh, tu veux jouer à ça ! » Scribe basculait son bassin et son vagin embrassait langoureusement le gland de son amant. Qui allait craquer en premier ?
Speed of sound « Tu veux changer de place ? » « A cause de ce gamin qui tape à contre-temps comme un forcené ? Non. S’il me gave, je le balance par-dessus la balustrade et tu t’occupes de sa mère ! » Et toutes ces images pornographiques qui jaillissent dans son esprit. Scribe regarde son compagnon. Il bouge en rythme, concentré. Sa main fourmille à l’idée de se glisser dans ses cheveux bouclés. Tssssssss ! Ce ne serait pas sérieux ! Il est si tendrement amoureux de sa belle. « Es-tu perdu ou inachevé ? Te trouves-tu comme un puzzle qui ne trouve pas sa pièce manquante ? Dis-moi comment tu te sens ? » « Yellow ! Ma soirée est parfaite ! Ta peau Oh oui ta peau et tes os Se transforment en quelque chose de si beau Tu sais je t’aime tellement Tu sais je t’aime tellement » « Ça sonne beaucoup mieux en anglais ! »
« Tu craques ! » Il la regardait, victorieux. Elle gémit à son premier coup de reins. Il planta ses dents dans son cou. « Arrête ! » Elle enfonça son doigt dans sa bouche en même temps que sa langue. Puis ses mains glissèrent sur ses fesses et son majeur joua avec son anus. « Tu es une vraie vicieuse. » Son « Toi-même » se perdit tout contre ses lèvres. Pendant une fraction de secondes, Scribe songea à la tête qu’elle aurait quand elle allait retrouver son Lord anglais. Qu’importe ! Dam était infiniment doué pour jouer avec son corps. Il la retourna et s’enfonça profondément en elle. Sa paume glissa sur sa gorge. Scribe se cambra un peu plus. « Tu m’as eu. Tu m’as tué ! » Plus tard, la journaliste le regardait évoluer dans la pièce, totalement nu. « Tu devrais sortir dans cette tenue. » « Ne me raccompagne pas ! » Paroles inutiles : elle ne raccompagnait jamais un homme qui sortait de sa chambre.
« Est-ce que tu as déjà vu l’Opéra de nuit ? Nous allons rentrer à pied. Je t’offre un mojito. » Ils fument tout en devisant d’une rue à l’autre. Chris Martin était réellement survolté mais la première partie manquait d’un petit quelque chose. Peut-être que parler correctement le français ne suffisait pas à le relier pleinement à la salle ? Pourquoi avait-il demandé aux spectateurs de chanter si lui ne se donnait pas la peine de reprendre en chœur avec eux ? Mais quelle voix, nom de Dieu ! « Je suis certain qu’ils sont très catholiques. Leurs textes parlent beaucoup de religion. C’est peut-être pour cela qu’ils ne passent pas dans la culture black ? » « J’ai un petit-déjeuner presse demain matin… » « Tu as encore faim ? Il me reste des biscuits dans ma chambre. » Scribe sourit à ses yeux bleus.
« La prochaine fois, si tu te retiens, ça va chauffer pour tes fesses. » « Je vais te réclamer certains jours plus que d’autres.





Leave a Reply