Standing on the Rooftop de Madeleine Peyroux   Connue pour ses talents d’interprète, Madeleine Peyroux, avait déjà relevé le défi d’écrire la totalité d’un album en 2009, Bare Bones. Avec Standing on the Rooftop, Peyroux s’est aventuré plus loin, vers de nouvelles sonorités, hors de sa combinaison habituelle voix/guitare qu’elle enregistrait depuis toujours.   L’album s’ouvre sur le titre [...]

Avec Outland, Marie Modiano devient Reine de l’automne

Que Marie soit la fille de Patrick Modiano, je m’en moque. Qu’elle partage maintenant sa vie avec Peter Von Poehl son producteur compositeur-arrangeur et que lui-même ait participé aux albums d’un Vincent Delerme, d’une Lio ou d’un Houellebecq, je m’en contrefiche. Ce qui m’importe, là, maintenant, c’est cet album aux senteurs automnales, Outland.

En vérité, je vous l’avoue sans rouge au front : je n’avais jamais entendu parler de Marie Modiano ; je n’ai jamais lu son père ni Houellebecq, la seule chanson qui m’ait plu de Delerme, c’est Cosmopolitan, oui, je sais, je retarde mais au bout d’un titre, je ne supporte plus sa voix nasillarde ; quant à Lio, elle est bien meilleure actrice que chanteuse. Donc, il s’agit ici de Outland.

Chez les Suédois, « Outland » désigne tous les pays qui se situent par-delà les frontières du leur. Je dirais que Outland est « *un pays étranger à tous les autres » puisqu’il est celui de l’écriture de Marie Modiano. « Sur le premier album, il y avait des choses qui faisaient intimement partie de moi. Cette fois-ci, j’ai voulu évoquer les choses autour, écrire des chansons à la fois personnelles et ouvertes. Une sorte de voyage, parfois poétique et parfois très léger. Comme un chemin avec plusieurs possibilités, plusieurs saisons. I’m Not a Rose était moins léger. Au sortir de l’adolescence, on accumule… C’est assez rare les gens qui se sentent bien à ce moment là, souvent il faut gérer beaucoup de choses. Du coup, dans la plupart des premières œuvres, livres ou disques, c’est comme si tout sortait d’un coup. C’est souvent émouvant, ça donne des œuvres très personnelles et directes. Mais avec l’expérience, je crois qu’on apprend à parler de soi sans parler de soi, à prendre des détours. Je n’aime pas trop l’idée de progression parce que ça fait un peu scolaire, je préfère parler d’apprentissage. » confie-t-elle.

Des pop Spider’s Touch et Tightrope Walkers à la contry Drifters in the Wood en passant par le folk de Martin ou la plus remuante Butterfly Girl, Outland est la très belle surprise de cet automne.

« On me dit souvent que ma musique n’a pas grand-chose à voir avec 2008 (rires)… Parfois je trouve ça abstrait de devoir faire corps avec son époque… Je suis assez curieuse de tout ce qui sort en musique mais pour ce qui est de celle que je compose, c’est une autre histoire. J’écoute beaucoup de musique, là j’ai découvert les Fleet Foxes, This Is the Kit. J’aime ces chansons qui pourraient dater des années 60 comme d’aujourd’hui. » Cette confidence de Marie Modiano me conforte dans l’idée que je me suis faite de cet album dès la première écoute : Outland flirte avec le meilleur des années 60. Marie et son complice, Peter Von Poehl ont réussi à transcender ces textes en les mélangeant savamment à des instruments à vent tels que clarinette, haut-bois et cor anglais.

« Lorsqu’on écrit une chanson, on est tout le temps en train de créer. Ça marine, on est en permanence tendu vers ça, quoiqu’on fasse. Je suis assez curieuse, j’aime bien aller dans des endroits différents, que l’inspiration me vienne de films variés, garder les yeux ouverts sur tout ce qui m’entoure. Il faut apprendre à accepter ces phases de remplissage qui sont fondamentales, ce qui peut être un peu difficile surtout quand on a une nature anxieuse. Physiquement on ne travaille pas, mais on prépare. Il faut savoir absorber. » Non seulement il faut absorber mais il faut aussi savoir redonner avec talent, avec Outland, c’est chose faite. Marie Modiano est la Reine de l’automne. Absolument.

Coups de cœur : Shiny Sunday in Berlin, Yestarday is Back Again et Angels

Outland, Marie Modiano, Naïve

*Extrait de Le garçon qui dessinait des soleils noirs de Jérôme Attal

Concerts 2008 :

12 sept. Casa 139 Milan (IT)

27 sept. Les Passagers du Zinc (Dutronc) Avignon

23 oct. Le Sillon (Arthur H.) Rouen

24 oct. Aéronef (Arthur H.) Lille

29 oct. Café de la Danse Paris

01 nov. Maison de la Musique Meylan

07 nov. File 7 (Phoebe Killdeer) Magny le Hongre

08 nov. Festival Les Embellies (Loanne) Rennes

06 dec. CC Paul Bailliart (Moriarty) Massy

09 dec. Ecran Sonique (Dutronc) Saint-Lô

10 dec. Le Chabada (Dutronc) Angers

Myspace Marie Modiano

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Cali Rise

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