Champagne & Kleenex par Germain Gramond
“Si l’amour est une fleur de lis, alors je suis le Roi et tu es la guillotine”, m’avait dit l’un d’eux en se rhabillant — et il n’avait pas eu tort de parler ainsi de moi (le faire ainsi, ce n’était pas une simple fantaisie de ma part mais un acte dramatique — sperme-champagne, cela avait une autre classe que de laper le jus directement au gland — (un rituel qui s’était imposé à moi bien plus que je ne l’avais pensé: lorsque je sentais qu’ils allaient jouir, je glissais la bite dans la flûte et la branlais jusqu’à ce que le foutre coule le long des parois. Ensuite, je leur demandais de me servir en champagne et assez théâtralement (moi petite reine assise le torse nu, la tête haute), je buvais mon cocktail avec délectation, essuyant d’un Kleenex mes lèvres — alors ils s’amusaient en riant mon sperme comme un sirop, tu es belle là cambrée, ta poitrine que j’aurais pu arroser, ton con que j’aurais pu baiser mais non, je voulais te voir encore faire ta petite cuisine comme tu l’aimes (et ma bite dans le verre, si serrée qu’elle aurait pu être dans ton cul) tu l’as mérité ton champagne (ces mots, je les lisais dans leurs regards comme j’avais senti toute leur peur, leur souffrance, la frustration et le petit garçon qu’ils avaient été et le mari qu’ils étaient, le père et le grand-père qu’ils seraient — tout cela à travers cette bite en la travaillant avec mes lèvres, ma langue, mes doigts, l’aspirant, la serrant (les couilles et tout le reste dans ma bouche et si tout le corps devait être un sexe alors j’aurais trouvé la place pour l’avaler et le faire disparaître en moi — alors en souriant, je buvais ce champagne qu’ils avaient apporté (qui le plus souvent n’était que du vulgaire mousseux — mais cela ne faisait rien, on avait nos rôles à tenir — et j’aimais celui que je campais.
— She lives by the castle (and she’s noble as a queen)
Texte de Germain Gramond






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