Gainsbourg 2008 @ Cité de la Musique


Samedi 12h. Peu de badauds attendent derrière moi l’ouverture des portes de la Cité de la musique. Les portes s’ouvrent enfin et tout le monde se presse de pénétrer dans le hall afin d’obtenir le ticket qui permettra de mater. Une jeune femme au châle rouge distribue la plaquette de Gainsbourg 2008 aux mains qui se tendent avec avidité dans la file d’attente.

Le sésame de papier entre les doigts, je me dirige enfin vers l’endroit indiqué. Les murs noirs sont recouverts de photographies représentant Serge Gainsbourg et celles et ceux qui ont croisé sa route. Sur les colonnes qui se dressent dans la salle se découpent d’autres images et de petits écrans vidéos qui passent en boucle des extraits de films. Les chuchotements des visiteurs se mêlent aux voix de Birkin et de Bambou, à celles de journalistes ou d’autres actrices ou chanteuses. J’aurais envie que tout explose. Que quelque chose de décadent se passe ! Or rien. Tout est clean. Si respectueux. Si vierge.

Derrière les vitrines s’étalent des partitions, des livres qu’il avait reçus en cadeau. On peut lire en grosses lettres, les mots de Boris Vian qui, en 1959, défendaient Gainsbourg et ses chansons. On dépasse la statue de L’homme à la tête de choux et celle de l’écorché qui terrifiait tant les filles de Jane, rue de Verneuil.

Jane Birkin et Serge Gainsbourg 1978, photo de Helmut Newton

Jane Birkin et Serge Gainsbourg 1978, photo de Helmut Newton

De son autoportrait aux vers extrait de Marine Band Tremolo, la vie de Serge Gainsbourg, né et enterré sous le nom de Ginburg, s’étale semi-provocante. Quelques photos de Serge et de sa muse, Jane Birkin, prouvent aux spectateurs que Gainsbarre n’était pas loin : la jeunesse de Jane adoptant des poses senxuelles tout contre son Pygmalion « nympholeptique » fait rougir le noir et blanc des tirages. Sa fascination pour Lolita de Nabokov ressurgit dans les images où apparaît Charlotte. C’est aussi l’occasion de voir un extrait du documentaire-fiction d’Agnès Varda, Jane B. par Agnès V.

Plus connu aujourd’hui comme un auteur-compositeur-interprète à la gouaille alcoolique capable d’avoir brûlé un billet de cinq cent francs en direct à 7sur7, d’avoir dit à Whitney Houston « I want to fuck you » ou d’avoir traité de salope et de pute Catherine Ringer chez Denisot, qui, avant de venir ici, savait dans toute cette assemblée de curieux qui m’entourent que Serge Gainsbourg avait fréquenté les Beaux Arts et voulait résolument devenir peintre ? Qu’il avait réalisé plusieurs films restés méconnus ? Or peintre, Serge l’était. Au travers de ses mots et des ses images, c’est sa pudeur exacerbée et sa poésie qu’il dévoilait au public. Ce sont elles que chaque visiteur peut contempler dans cette salle du Musée de la Musique.

 

Gainsbourg 2008, c’est avant tout la réunion des objets appartenant pour la plupart à Charlotte Gainsbourg et la patte de Jane Bikin qui au-delà d’avoir été sa muse, sa compagne et la mère de sa fille chérie, était surtout sa part de lumière, son autre moi. Gainsbourg 2008, un véritable musée d’amour rendu possible grâce à l’ingéniosité du commissaire de l’exposition, Frédéric Sanchez.

Gainsbourg 2008
Du 21 octobre 2008 au 1er mars 2009
Cité de la Musique
221 rue Jean Jaurès           
75019 Paris

Site Cité de la Musique

 
 
 
 
 

 

 

 

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Cali Rise

2 Responses to “Gainsbourg 2008 @ Cité de la Musique”

  1. J’ai été à cette fameuse expo le week-end dernier étant fan du Monsieur mais j’ai été plutôt déçu. Pour avoir vu l’expo Pink Floyd et l’expo John Lennon à la cité de la musique, j’ai été obligé de comparer malgré moi. J’ai trouvé cette expo très pauvre et je n’y ai pas appris grand chose… (ok j’avais déjà un bouquin sur Gainsbourg ce qui explique certainement cela…)
    Mais là où les autres expos pouvaient surprendre même les plus grands fans de Pink Floyd et Lennon, celle ci n’apporte pas grand chose de neuf.
    Elle me semble intéressante uniquement si on ne connait pas Gainsbourg, ce qui est relativement rare vu l’importance de son oeuvre…

  2. serge je t’adore a jamais

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