Je te parle par Germain Gramond
Je te parle — et te parle bien que je ne sente plus ta présence à mes côtés, je sais que tu étais là il y a encore cinq minutes, une heure — tu as été là, à un instant donné — on avait picolé et on avait baisé — tu m’avais sucé longuement sans parvenir à me faire bander et ce n’était qu’en léchant ton con que j’ai enfin réussi (ton odeur, tes poils, cet orifice que tu m’offrais — et quand tu t’es ouverte et bien qu’encore vacillant d’ivresse, nous avons foutu — tout cela n’était pas très sérieux (nous riions beaucoup et puis nous y revenions, à ce sérieux que nécessite baiser, et sans dire un mot, les yeux clos, nous écoutions les mouvements de ma bite dans ton sexe, nos respirations longues, profondes, comme apaisées — le vin et le calme, nous/mécaniques — de ta gorge sortaient des soupirs que j’étouffais de quelques doigts dans ta bouche, tu caressais ton clitoris avec mon gland avant de l’y remettre — nous changions de posture, et tu as joui alors que je te prenais par derrière / Je te parle et ne sens plus ta présence à mes côtés — ton sommeil doit être si profond que ton ventre bouge à peine — ma main sur ta poitrine, je sens ton cœur battre — et je bande encore et me branle à la vitesse de ton souffle — tes paupières trahissent ton sommeil — tu m’écoutes maintenant je te parle d’une femme que tu pourrais être (et qui vit dans une histoire qui n’est pas la sienne mais la mienne — mon territoire s’ouvre à toi elle s’allonge sur moi, m’étouffe de son con de tout son poids — j’étouffe en dessinant à la façon d’un Pollock la constellation de mes désirs — tu ne figures pas là et par jalousie d’avoir jouir avant moi, ta main glisse sur ma bite, l’empoigne et me branle (dans la langueur de cette ivresse que nous partageons — tout va lentement, nous sommes presque morts et nous sommes presque en vie parce que l’air qui traverse nos poumons va à grande brassée) — tu voudrais être celle-ci mais tu n’as point la force de te lever, tu m’offres sans le donner ton cul — une courbe puis une autre se dessine malgré l’obscurité (l’une (celle de tes hanches, une autre (celle du sein, une ligne (ton bras plongé en arrière adjoint à mon gland d’un doigt, une autre (ma bite que je regarde et qui peine à jouir /la lumière du jour apparaît de part les rideaux/ — la femme que tu convoites être et dont je te dis chaque mouvement se branle en m’écrasant le visage de son con — ma langue se tend, glisse entre ses lèvres — tu te demandes qui elle est “serait-elle moi si j’exauçais tous ses petits délires (mais je résiste à ses idées, le faire patienter est une bonne chose — qu’il m’offre un peu plus et on verra après (mais pour l’instant, j’aime les petits cris qu’il pousse quand il va venir, moi je le presse contre moi, lui doigte le cul, je sens que ça lui plaît à la façon que son bidule se dresse dans mon trou, j’aimerais qu’il m’encule mais j’aime pas le dire comme ça” (ton doigt endormi danse autour de mon gland) je te parle et la femme s’allonge sur moi — elle est devenue toi (ton cul, tes reins, ton dos) — nos yeux sont clos et je te parle, te raconte une histoire pour me faire jouir en vain (le sommeil nous emportera, nous figeant dans cette posture (toi me tournant le dos, m’offrant tes fesses, ton bras en arrière sur ma bite, moi allongé, narrant par murmure une histoire (tout ce que je te dis qui ne m’arrache pas au sommeil — et tout ce que tu lis entre les lignes qui ne brûlent pas — et tu t’imagines en feu de joie.Germain Gramond





oct 21st, 2008 at 3:42
Merci Cali.