Keziah Jones à l’Autre Canal, c’est du cash !
Jeudi 30 octobre 2008. 19h 45. La salle de l’Autre Canal (Nancy) ressemble à un grand hangar autour duquel une galerie s’accroche aux murs. Alors, pour avoir les meilleures places, il suffit d’arriver bien avant l’heure et de grimper les marches. C’est comme cela que je me suis retrouvée face à la scène, juste au-dessus des ingénieurs du son et des lumières. Juste au-dessus de Gui-Gui the Stairs, le beau mec de la sécu portant un pull Dolce Gabana de bien belle façon. Le temps que tous les spectateurs s’installent, j’ai pu observer les uns et les autres et surtout lui qui n’arrivait pas à faire en sorte que les escaliers restent vides. Une véritable obsession ces escaliers !
Du haut de mon perchoir, c’était comique de le voir s’avancer vers eux en bombant légèrement le torse. Encore plus drôle quand il tentait de faire entendre raison à une femme qui ne voulait pas absolument pas quitter ses marches. Pour un peu, elle s’y serait cramponnée en y plantant ses ongles ! Je glisse à l’oreille de la personne qui m’accompagne que nous pourrions aller nous asseoir à tour de rôle sur un escalier. Genre, je m’installe et pendant qu’il me déloge, elle occupe les marches de l’autre, éloigné du mien de la largeur de la salle. Mais je n’étais pas venue pour admirer le savoir-faire de Gui-Gui qui d’ailleurs ne se prénomme pas ainsi (Bader lui irait mieux) ni pour jouer. Seulement, cet homme possédait un petit quelque chose de ce gentil Mogwaï, Gizmo, partant en guerre en tentant d’imiter Rambo. Il aurait été dommage de ne pas lui donner ce surnom pour la soirée.
Les lumières de la salle baissent en intensité et une silhouette frêle débarque discrètement sur scène. Un murmure parcourt l’espace. « Keziah ? Déjà ? » « Non ! Il est beaucoup plus grand ! » « Mais alors, qui est ce chanteur ? » Un simple « hello » et la voix retentit. Une technique vocale irréprochable, un mélange de genre surprenant. En réalité, sous le couvre-chef se dissimule une femme : Krystle Warren. Seule avec sa guitare, elle séduit l’assemblée. *Krystle Warren a un charisme incroyable ! Retenez-bien le nom de cette jeune américaine ! Son album sortira en février chez Because.
Quelques minutes plus tard, le temps d’agencer la scène pour la star, Keziah arrive d’un pas chaloupé. Vous l’avez déjà vu marcher cet homme ? Il roule un peu des épaules, avance comme une panthère noire le ferait sur son territoire, tout simplement. Toque de fourrure en équilibre sur un oeil, costume brun et blanc aux motifs africains, Keziah Jones est superbe. Dès les premières notes, on s’en prend plein la tête, ça résonne au fond des tripes. Après un concert acoustique, ça le fait !
Le silence se fait quasi-religieuxx. Une guitare entre les mains, cet homme est un Dieu ! Encore plus lorsqu’il enlève sa chemise pour exhiber ses abdos. Il réclame une cigarette, revient en expirant de la fumée, nous tourne le dos et se met à danser au rythme de la batterie. L’atmosphère devient survoltée. Et il entonne The Wisdom Behind The Smile (Cash).
Keziah Jones a chanté plusieurs titres de son dernier album, Nigerian Wood, comme Lagos vs New York, Long distance, African Android ou Kinda Girls. Je passe l’instant où l’artiste a cassé une corde de son instrument sans pour autant cesser de jouer et le moment où il a déclaré que Nancy était froid provoquant de vives réactions jusqu’à ce que Keziah rie et annonce qu’il allait chanter tout en commençant à déboutonner sa chemise.
Keziah Jones en concert finalement, ça ne se raconte pas, ça se vit. Et lorsqu’il sort de scène après être revenu chanté seul sans son bassiste et son batteur ( des musiciens hors pairs !), on en pleurerait presque ! Forcément, le manque s’installe et pour longtemps !
*Vidéo de Krystle Warren Sunday Comfort Live@ Le Baron Paris
Nigerian Wood, Keziah Jones, Because












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