L’amour est une fleur de lis par Bruno Godard
« L’amour est une fleur de lis » m’a-t-elle dit, la première fois que je l’ai vue nue. Sur le moment, je n’ai pas bien saisi sa phrase et puis, pour tout vous avouer, je ne l’écoutais pas vraiment, bien trop occupé à regarder ses fesses. Elle pouvait bien me parler de ce qu’elle voulait, je m’en foutais, du moment que je pouvais continuer à promener ma langue dans le creux de ses reins pour y laper le champagne rosé que je faisais lentement couler. Et puis une fleur de lis, je ne savais même pas à quoi ça ressemblait…
La semaine dernière, je me suis offert un bouquet de ces Liliaceae en sortant de chez elle, sans trop savoir pourquoi. Sans doute à cause de cette phrase qui me trottait dans la tête. J’ai bien fait de pousser la porte de ce fleuriste, car maintenant je sais qu’elle a raison. Au début, j’ai adoré l’odeur et les couleurs de ces longues tiges, surmontées de divines formes blanches et sensuelles. Elles étaient belles, fières et arrogantes, embaumant mon appartement d’un parfum capiteux et entêtant. Je prenais un plaisir rare à les caresser et à poser mon nez dessus. Parfois, ma tête tournait un peu tant leur odeur était puissante. Et puis au fil des jours, les feuilles ont jauni, les pistils se sont affaissés en changeant de couleur. Comme frappées par un mal mystérieux, elles semblaient ployer sous le poids d’une force maléfique. Je les aimais tellement que j’ai tenté de lutter contre la destinée d’une fleur coupée qui n’est que périssable. Je voulais à tout prix retrouver la magie des premiers jours, alors j’ai coupé délicatement la base de leurs tiges qui commençaient à pourrir, j’ai déposé un cachet d’aspirine dans l’eau pour redonner un peu de lustre à leur vie. Patiemment, j’ai épongé le liquide poisseux qui suintait sur les pétales avec un kleenex mais rien n’y a fait. Le parfum enivrant s’est transformé en puanteur insupportable. Une odeur lourde, tenace et violente a envahi mon salon. Sur mes vêtements, elle s’incrustait et me poursuivait toute la journée. Je sentais que je ne pouvais plus échapper à ce parfum de mort. La magie des débuts s’était transformée irrémédiablement en une insupportable nausée…
Texte de Bruno Godard






oct 21st, 2008 at 9:07
Ça lui apprendra à faire la maligne avec de la poésie bucolique prout-prout !
(j’adore !)
oct 22nd, 2008 at 12:02
(…) Les quelques espèces géantes (de 60 cm à 1 mètre de longueur) qui existaient en Oregon aux USA, Driloreirus americanus et Driloreirus macelfreshi, ont totalement disparu. Ces grands vers blancs exsudaient une substance au parfum de lys. Une espèce de ver géant subsiste encore en Australie. Megascolides australis peut atteindre 1 mètre de longueur et 3 mètres de longueur en s’étirant.