Standing on the Rooftop de Madeleine Peyroux   Connue pour ses talents d’interprète, Madeleine Peyroux, avait déjà relevé le défi d’écrire la totalité d’un album en 2009, Bare Bones. Avec Standing on the Rooftop, Peyroux s’est aventuré plus loin, vers de nouvelles sonorités, hors de sa combinaison habituelle voix/guitare qu’elle enregistrait depuis toujours.   L’album s’ouvre sur le titre [...]

Ludo Pin, un type qui sonne vrai

Crédits photos Alexander Wise/Audiogram

Crédits photos Alexander Wise/Audiogram

Parisien d’adoption depuis cinq ans, Ludo Pin a débarqué sur les ondes radiophoniques avec son single, 3 secondes. J’ai déjà dit lors de cette sortie combien je craquais pour cet autodidacte du synthé qui n’a pas son pareil pour bidouiller des sons, car Ludo Pin sample avec talent. Pour le reste, il est incomparable.

Le plus simple est que je laisse parler lui-même de ses chansons, du moins, de celles que je préfère.

Commençons par Ça branle dans le manche qui n’a rien à voir avec un titre vulgaire. En l’écoutant on croirait plutôt y déceler les ambitions de certains de nos hommes politiques actuels, pourtant, le 1er couplet et le refrain ont été écrits par un poète, maire du 18e arrondissement pendant la commune de 1871, Jean-Baptiste Clément. 
Ludo Pin : « Ça faisait longtemps que j’avais le fantasme de faire un morceau avec un vieux texte. C’était au début de la campagne présidentielle, en lisant “Le cri du peuple” de Tardi où figurait cet extrait de texte de J.B. Clément qui s’appelle en fait “La semaine sanglante”, j’ai trouvé ça bizarrement d’actualité… Je me suis inspiré de ce passage pour en écrire la suite et parler de la difficulté à avoir des idées politiques engagées aujourd’hui et même de se positionner politiquement. La suite du texte original est bien plus engagée et très marquée par son époque, alors que le 1er couplet n’a pas d’âge. C’est ce qui m’a plu. »

J’ai encore, une chanson sur le couple, une ritournelle en voix doublée.
Ludo Pin : « Je pensais à Donovan pour la musique. C’est un peu mon morceau léger, qui parle de choses qui nous traversent tous l’esprit quand on a une histoire amoureuse plus ou moins longue. Quelle est sa place dans notre vie ?

 Ma quête m’a quitté. L’hymne de la génération 80 ?
Ludo Pin : « C’est un peu un hymne générationnel, c’est vrai ça. En fait, je revenais d’un voyage en Amérique latine et j’avais rapporté la petite kalimba qu’on entend sur le titre Quand on voyage, on est curieux et la vie semble prendre un sens naturel. Quand on rentre on se demande ce qu’on fait ici et on se replace dans ce que nous sommes. C’est un peu la gueule de bois. C’est dur à dire, mais ça fait du bien. »Keskonsenfouté. De la légèreté, du souffle en cette moitié d’album.
Ludo Pin : « Ce titre est un morceau enfantin, un peu « jemenfoutiste ». C’est de la musique qu’on écoute dans son cabriolet, les cheveux au vent et le bras sur la portière. Un titre pour Ignatus, qui a été un personnage déterminant dans l’histoire de cet album.»

 

Rien n’est plus pareil. Le tempo martelé par un piano, de la pop lancinante.
Ludo Pin : « Souvent je commence un morceau avec une idée vague de ce que je veux faire. Là, je voulais faire un morceau pop parce que mon texte était nostalgique. Et moi, la pop me ramène à l’enfance et à la nostalgie. Le texte c’est notre regard enfantin confronté au monde « adulte ». L’oubli des belles idées, la fin de l’insouciance. Je voulais faire un truc entre Kinks et Blur, je pense qu’aucun des deux groupes ne se reconnaîtrait là-dedans mais bon, ça a donné ça. »

L’archiduchesse. Aux paroles, le frère de Ludo, Guillaume Pin. Un titre lent où l’ambiance ferait presque apparaître un Antonio Banderas ayant enfin abandonné ses armes pour jouer de la guitare sous un soleil de plomb alors que dans la pénombre une Salma Hayek lui offrirait un somptueux strip-tease.
Ludo Pin : « En le lisant je me suis vu dans une vieille hacienda avec des danseuses mexicaines. Je ne sais pas pourquoi mais ça m’a inspiré un truc un peu cow-boy mariachi. »

Toutefois, je resterai une fan inconditionnelle de 3 secondes et de son craquement de sillon sur lequel se posent la voix et le souffle de ce créateur. Ludo Pin, un type qui sonne vrai. A suivre.
Ludo Pin : « Le morceau repose en fait sur une phrase de laquelle découle tout le reste. Je me suis un peu pris pour RZA ou Beck, faire tourner un vieux beat qui craque, faire une basse avec 4 notes, jouer avec une guitare à 3 sous et passer sa voix dans un hygiaphone. C’est un peu une annonce qui rappelle à l’ordre. »


1er album, Ludo Pin, Audiogram (sortie le 3 novembre)

Co-réalisé par Ludo Pin et Bénédicte Schmitt au Labomatic Studio
Enregistré par Ludo Pin au studio 23 et par Bénédicte Schmitt au Labomatic Studio
Mixé par Bénédicte Schmitt au Labomatic Studio
Masterisé par Dominique Blanc-Francard au Labomatic Studio

Myspace Ludo Pin

About the Author

Cali Rise

Leave a Reply

Les tags XHTML sont autorisés: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>