Vin de champagne
« L’amour est une fleur de lys. Ta croupe en est l’étui brûlant. » Il était parti juste après avoir prononcé cette phrase. Elle était restée seule dans cet appartement devenu trop grand. Et trop étroit.
Ses pensées y voltigeaient en tous sens. Mon cul, une fleur de lys ? Quel rapport ? Et puis quoi ? Quelle ressemblance avec mon cul et un iris dessiné à l’envers ? Ou un javelot gaulois ? Ou le crapaud de Clovis ? Mince alors ! A moins qu’il ne veuille parler de la flétrissure apposée au fer rouge sur l’épaule des voleurs… Mais qui était le voleur ? Lui ou moi ? Mon cul l’aurait marqué au fer rouge ? Il est amoureux de mes fesses… Et du reste ? Il m’aime ! L’amour est une fleur de lys et ta croupe en est l’étui brûlant… Il m’aime ! Merde ! Merde merde merde !
La jeune femme versa les dernières bulles du vin de champagne dans la flûte qui se trouvait là. Son regard s’attarda sur les vestiges de leur nuit. Le cendrier débordait de mégots de cigarettes. Des bouteilles d’alcool jonchaient le sol maculé de draps et de débris divers. Il ne peut pas m’aimer. Il ne peut pas. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il peut partir et revenir à sa guise ? Bien sûr qu’il peut. Et il le sait ce diable ! S’est-il aperçu de mon sourire qui n’appartient qu’à lui ? Des battements de mon cœur qui résonnent comme les tambours du Bronx dès qu’il apparaît ?
« *Huit heures du mat’ j’ai des frissons Je claque des dents et je monte le son Seule sur le lit dans mes draps bleus froissés C’est l’insomnie, sommeil cassé Je perds la tête, mes cigarettes Sont toutes fumées dans l’cendrier C’est plein d’Kleenex et d’bouteilles vides Je suis toute seule, toute seule, toute seule
*Chacun fait (c’qui lui plaît) Paroles de Philippe Bourgoin Musique de Gérard Presgurvic






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