Geisha mon amour
La pièce est plongée dans une semi obscurité. Les clients la regardent d’un œil médusé se faufiler dans l’étroit boyau dissimulé sous un chariot recouvert de victuailles. Bras au-dessus de la tête, elle se tortille pour faciliter le passage de ses hanches. Elle disparaît, aspirée par le trou noir.
Les couloirs s’enchaînent. Des râles et des gémissements de femmes en plein orgasme résonnent contre les murs. Les salles défilent exhibant des corps nus et enchevêtrés. Celui qu’elle cherche n’est pas encore là. Et puis, en entrant dans cette chambre, elle sait le trouver.
Il est là. Ses paumes à plat de chaque côté de son visage, les jambes repliées sous son ventre, ses reins sont cambrés à outrance. Elle le regarde et dans sa poitrine, son cœur bondit. Une vague de désir bestial la submerge. Sa paume passe et repasse sur ses fesses, la tranche de sa main s’immisce dans sa raie. Comme s’il était besoin de lui signifier sa présence !
Assise dans le fauteuil, elle attend. Pas longtemps. Il balance ses hanches de droite à gauche, son bassin de haut en bas. Ses mains palpent ses globes et les écartent. La chair tremble telle un flanc rosé. Elle avise la rondelle de couleur brun rose. Plus. Elle veut plus et lui aussi.
Assise dans le fauteuil, elle fume. Devant elle, il tète un gland avec une gourmandise de salope. Derrière lui, entre ses cuisses largement écartées, une queue s’enfonce en va-et-vient rythmés.
Assise dans le fauteuil, elle le regarde. Il est devenu sa pute vicieuse, sa jolie putain de luxe, délicieusement honteuse. Il suffirait qu’elle prononce un mot pour que tout s’arrête. Ce mot, elle ne le dira pas.
Assise dans le fauteuil, elle pisse. Entre ses cuisses, il la boit, la bouche ouverte, la langue devenue gouttière large et creuse. Les regards sont vissés l’un à l’autre. Il se redresse, lèche sa bouche. Elle l’embrasse avidement.
Les couloirs s’enchaînent. D’une pièce à l’autre, elles croisent des êtres hybrides ; des femmes avec des queues opalines ; des hommes chauves vêtus de combinaisons en cuir noir, le cul et le sexe à l’air. Ça suce, ça baise. Scribe avance sans les toucher. Au bar, Lola, la transsexuelle, sirote un verre. Elle est belle, la peau sombre et les fesses callipyges. Lola lui offre à boire. La jeune femme accepte et la masturbe sans dire un mot. Un homme s’approche et s’interpose entre elles. Il lui propose une cigarette en lui pinçant délicatement ses tétons. En costard, il a un regard bleu. Ou vert. La fumée de leurs cigarettes s’échappe en volutes parfumées. Le gentleman retrousse la robe longue de Scribe haut sur ses cuisses. Il l’embrasse doucement. Ses doigts caressent sa chatte qui s’ouvre lentement, déjà humide. L’homme au smoking baise sa bouche et son sexe en profondeur puis il se recule et s’en va en souriant.
Assise dans le fauteuil, elle joue avec l’interrupteur. La pièce éclairée, deux jolies Japonaises sont exposées, nues, attachées sur des poutres. Plongée dans le noir, on devine deux transsexuels en train de se branler. Dans tous les cas, dès qu’il gémit, deux hommes aux grosses queues molles apparaissent. Et Scribe mate se rêve qui n’en est peut-être pas un.





Leave a Reply