Le chat ronfle et mon cul ronronne
Les articles tombent les uns après les autres. A croire que ses doigts connaissent déjà toutes les phrases qu’elle va écrire. Tout en tapant le papier sur Le risque de l’histoire, Scribe se repasse une conversation récente qu’elle a eue avec Dam.
- Toi, tu as regardé Clara Sheller.
- Non, juste cette scène. Je lisais ce très bon polar suédois de Åke Edwardson, Ce doux pays. Par contre, si tu as deviné d’où elle provenait, c’est que toi, tu regardes cette série.
- J’étais tranquillement allongé sur mon tapis, occupé à travailler sur mon laptop, la télévision en bruit de fond. Je trouve que Clara Sheller contient beaucoup de scènes de baise. Par contre, celle que tu évoques manquait de langues.
- J’aime beaucoup voir ta langue dans la bouche d’un homme. Votre corps à corps me fascine.
- J’aime beaucoup voir ta frimousse fascinée par mes caresses.
- Oui… je suppose qu’ainsi, je crains moins la concurrence. Quoique.
Il n’empêche que le style de Dussidour est époustouflant. Il n’empêche que… Tu ne sortirais pas fumer une cigarette ? Envie de te sucer, là, maintenant. Son texto était parti, son envie de lui grandissait. Tiens, un jour, il faudra que je mette en place un nouveau jeu d’écriture qui concernerait les sms. Ça pourrait être drôle.
Le léger froissement des draps et une expiration ronflante lui fait tourner la tête. Son siamois a l’air d’apprécier sa sieste. Viens. Je sors. Accompagné. Un mec. Le bip annonciateur du texto l’a moins fait sursauter que son contenu. Scribe en a le cul qui ronronne et s’empresse de le dire à Dam, certaine qu’il sourira en lisant son aveu.
Quelques minutes plus tard, tous les trois sont dans la rue. A l’écart de toute circulation mais pas totalement à l’abri d’être surpris par un quidam qui serait sorti lui aussi fumer une cigarette.
L’homme mince a les tempes grisonnantes et les mains fines comme celles d’une jolie femme. Scribe fume nonchalamment sa Marlboro, les yeux fixés sur la scène sensuelle qui se déroule devant elle. Dam a emprisonné son compagnon entre ses bras, l’obligeant à reculer dos au mur. Sa langue passe sur ses lèvres qui s’entrouvrent. L’autre saisit la nuque de Dam et le baiser devient braise. Leurs langues se lèchent, se mouillent, s’enroulent, s’enfoncent. Leurs ventres se rapprochent et se collent l’un à l’autre. Les mains de Dam libèrent le sexe durci et palpitant du pantalon d’un geste brusque. Puis, il s’abaisse jusqu’à prendre le gland dans sa bouche. Scribe entend un gémissement. Elle change d’angle de vue. L’homme a les yeux fermés, ses mains cramponnent la veste de costume de Dam. Son amant engloutit la queue. D’un coup. L’homme râle de plaisir. Scribe croise le regard brillant de Dam. Elle pose un doigt puis deux sur ses lèvres et les glissent entre ses lèvres. Ses yeux verts étincèlent.
- Ce serait amusant qu’un jour, on liste ce qu’on regarde.
- Pourquoi pas ?
- Dam ?
- Oui ?
- Non. Rien.
- Viens! Viens…
L’épais tapis accueille leurs deux corps nus. La pièce est seulement éclairée par le feu qui brûle dans l’âtre. Ils sont allongés, côte à côte. Chacun a une main posée sur la cuisse de l’autre. Celle de Dam remonte lentement, très lentement. Il se tourne vers elle, sa tête posée sur sa main, le coude enfoncé dans la profondeur des poils rouges. Son majeur caresse les lèvres, pénètre dans l’intérieur humide et chaud.
- Hé! Pourquoi cette morsure?
- Baise-moi! Baise-moi…





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