L’obéissante de Germain Gramond
Tout cela disparaîtra quand tu seras dans le train - regardant le paysage défiler, tu oublieras tout ce que tu as imaginé quand tu choisissais dans ta garde-robe tes vêtements, te vêtais avec, les retirais puis te couchais et dans un demi-sommeil, imaginais ce qu’il en sera peut-être pour toi quand tu entreras dans la chambre de cet hôtel où vous vous êtes donnés rendez-vous - une espèce de coup de folie comme l’abandon de soi en est souvent à l’origine, sans prendre cette affaire en considération - bien moins un défi que tu te lançais qu’une passade, comme parfois on embrasse au détour d’une soirée un inconnu qui le restera malgré la nuit passée à baiser avec - mais durant ces jours d’attente, tu sentais ton corps devenir plus fébrile, porté vers cet inconnu que recelait cette chambre, dans ce temps qui n’existait pas encore - tu te languissais dès lors que ton esprit trouvait un instant de calme et les tableaux qui se concevaient bien malgré toi te traversaient bien mieux que la réalité pourrait le faire - alors tu te caressais quelques instants puis ta main se retirait de ton sexe, tu ne voulais pas le vivre ainsi - mets toi à genoux, montre ton cul, ferme les yeux, ouvre suce lèche pas un mot - mais tu ne savais pas ce qui allait se passer (tu frapperais à la porte puis l’ouvrirais, et te glisserais dans l’obscurité (derrière toi la porte se refermerait et l’ombre te prendrait par derrière, soulèverait cette jupe qu’il voulait te voir porter, légère, glisserait sa main dans ta culotte et toucherait tes poils, glissant un index sur la fente, et de l’autre main sur ta poitrine, tu le sentirais appuyé contre tes fesses, ta culotte à mi-cuisse, sa main te fouillant par derrière « ferme les yeux, soulève-toi, que veux-tu que je baise - … » - et sa langue fouillant ton anus comme deux autres de ses doigts) et ton imagination s’arrêtait là, tu t’endormais sur le ventre, ta main blottie entre tes cuisses.
Mais dans le train, toute cette imagination disparaîtra; elle ne sera plus que l’attente, toi fière et prête à donner ce qu’il voudra à cet homme dont tu ne savais que trop peu de choses - et l’une parmi elles ne t’avait certainement pas séduite mais intriguée et comme rien ne te retenait à vivre cela, alors tu vivrais ce qui adviendrait, dans l’obscurité de cette chambre.
- Il n’y a pas de rôle et tu comprends bien que je ne peux pas te demander quelque chose, à moins que cela soit par jeu, et pour cela, nous devons être dans le même esprit, … - Chut, dis-moi ce que tu veux de moi. Tu me tournes autour, je le sens bien que tu as quelque chose en tête - Je n’ai pas vraiment d’idées - Dis-la-moi, je sais que tu veux quelque chose de moi (et ce n’est pas moi qui attend, moi je n’attends rien, je prends et je reçois) il baissait les yeux, moi je restais assise sur le lit, je retirais mes bottes) non, ne les enlève pas, tu dois rester comme cela - Bien. Approche-toi, pose tes mains là, ouvre-le, dégrafe, là, ton doigt ici, regarde, embrasse-moi, déroule ta langue dessus, glisse ta main là, regarde, j’ai mis les bas que tu voulais, rapproche-toi, oui, écarte-les, fouille creuse branle comme je te branle - Oui, branle-moi, c’est ça que tu dois faire, tu es celle qui réponds à ce que je veux - Je ne suis pas ta fille, je suis celle qui répond et n’attend rien (si je t’obéis c’est parce que je ne t’appartiens pas) - Encule-moi, alors encule-moi (alors je me lovais dans ce rôle et ses jambes par dessus mes épaules, je le prenais par le cul d’un gode tout en le branlant bien ma belle, bien comme ça, tu… bien… comme… plus… là… (il miaulait comme je le fouillais et mon con chaud de désir baise-moi encore comme ça et mon con chaud regorgeait de désir viens te branler au-dessus de moi - Non, laisse-moi te fouiller, laisse-moi t’offrir ce que tu attends et mon con regorgeait de ce désir de ne pas baiser (de ne pas devoir baiser) - les yeux clos il ouvrait la bouche que je remplissais de mes doigts viens sur moi - Non, jouir par toi serait devenir tienne (comme toi tu deviendrais mien) je le retournais et il m’offrait ses fesses que je doigtais par trois (et mon con gorgé de désir sous mes doigts s’ouvrait tu te branles?, fit-il, la tête plantée dans le matelas - Non, je ne me branle pas (mentais-je), je te baise et de moi tu attendais cela finalement - Oui, j’attendais cela de toi, tu es bonne pour moi - Je ne suis pas bonne, je donne sans retour - Allonge-toi, baisons maintenant que tu m’as baisé - Non (et sèchement enfonçait l’objet dans son trou) jusqu’à sa jouissance.
Alors le laissant seul endormi sur son foutre, je courus m’enfermer dans les toilettes pour me branler à m’en ouvrir le ventre.
Texte de Germain Gramond





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