Sex-shop et came

Dam était en déplacement depuis plusieurs jours. Dehors, les rayons du soleil frappaient les feuilles jaunes des bouleaux qui ressemblaient à des arbres aux milliers d’écus d’or. Au fond du terrain, elle aperçut un pic épeiche qui tapait contre un tronc à la recherche de quelques insectes. Deux pics verts décollèrent en rase-mottes de l’herbe humide. Une mésange charbonnière vint frapper contre la bordure de sa fenêtre. Toc toc. Toc toc. Aussitôt ce bruit entendu, des images pornographiques jaillirent dans l’esprit de Scribe.

 

Ils ne se promenaient pas vraiment la main dans la main quand ils déambulaient tous les deux côte à côte. Scribe adorait le regarder marcher. Elle avait parfois l’impression d’être en compagnie de Moïse à l’instant où il ouvrait la Mer Rouge : devant eux, les passants, en majorité des touristes, s’écartaient pour les laisser passer. Mais surtout, Scribe matait le cul de Dam.

Rue St Denis, ils entrèrent dans le sex-shop au rideau rouge. En début de soirée, il n’était pas très fréquenté. Les rayons étaient achalandés des produits habituels. D’un pas décidé, Scribe avisa le rayon lingerie et s’en approcha. Elle cherchait des shorties de la marque Eros Veneziani. Dam la suivait, amusé. La jeune femme saisit divers articles en dentelle et le poussa dans une cabine d’essayage. Il rit quand elle arracha les boutons pressions de sa chemise, reprit la main quand elle commença à s’énerver sur sa ceinture qui refusait de lui obéir. En quelques secondes, Dam se retrouva entièrement nu. Et Scribe put jouer à la poupée.

La journaliste habillait et déshabillait son amant avec application. Dans les miroirs leurs deux corps se reflétaient, elle derrière lui. La main sur son ventre ou sur son torse, Scribe scrutait son œuvre dans les moindres détails, les sourcils légèrement froncés. Parfois, elle passait ses paumes sur ses fesses, caressant la peau au travers de la dentelle. Dam tenait son rôle à la perfection, son sourire carnassier vissé à ses lèvres charnues. Leurs regards s’entrechoquèrent.

-         Ne fais pas ça !

-         Quoi donc ?

-         Ce regard…

-         Je vais me gêner !

Le rire de Scribe fusa entre les murs étroits pour finir par se perdre tout contre le corps de Dam. Elle huma l’odeur qui se dégageait de son aine lorsqu’elle abaissa le fin tissu. Sa langue lécha la peau plus fine à cet endroit et partit en expédition le long des cuisses avant de remonter vers ses testicules et son sexe.

-         Tourne-toi !

De profil, Dam ne perdait pas une miette de la scène qui se déroulait derrière lui grâce aux grands miroirs qui étaient collés aux murs. Ainsi, il lui semblait qu’ils étaient plus que deux dans ce placard étroit. Une vraie partouze ! Le visage de Scribe disparaissait entre ses fesses et Dam se laissa submerger par les sensations délicieuses qui l’envahissaient. Surtout lorsque la belle ajouta ses doigts à sa langue. Un gémissement lui échappa. Il saisit alors le poignet de sa compagne et la redressa violemment pour la plaquer dos contre la paroi. Scribe avait les joues roses et le menton humide de salive. Dam fondit sur sa bouche toutes dents dehors et, retroussant sa robe, il saisit son cul à pleines mains avant de s’enfoncer en elle dans un puissant coup de reins.

-         Tu es vraiment une garce !

-         Chut Ladyboy, on risque de nous entendre…

Leurs halètements hoquetaient dans l’habitacle. Toc toc toc. Ils jouirent dans un parfait ensemble. Toc toc toc.

-         Est-ce que tout va bien ? Je vous rappelle que les cabines ne sont pas destinées à cet usage.

-         Ce ne sont pas des cabines d’essayage ?

Dam répondait à la vendeuse, le buste passé entre le rideau et une des parois. A l’intérieur, Scribe jouait à nouveau avec son anneau brun et rose.

-         Euh si monsieur.

-         Alors dans ce cas, je vous prie de cesser de nous importuner. Nous sommes en plein essayage.

 

Implacable, le vent décrochait les dernières feuilles du frêne qui tentaient désespérément de s’accrocher ou qui, ravies, voletaient sur le courant d’air en une dernière danse colorée. Au-dessus de sa tête, Scribe entendit le loir courir sur les tuiles. Elle écrasa sa cigarette et rentra au chaud. Dans son bureau, la jeune femme installa la webcam sur son ordinateur portable. Elle vérifia les angles, ajusta la lumière, se connecta à MSN et attendit son cinéma personnel.

-         Montre !

-         Tu es directe !

-         Tu me manques…

-         Je veux te voir en faire autant.

Scribe dévorait les images. Sur son écran, Dam s’adossait à la tête de son lit, mi-couché, mi-assis. Sa main bougeait doucement sur son sexe. Seul un léger mouvement de son avant-bras témoignait des caresses qu’il se prodiguait.

-         Approche ! Dam… Approche…

Sans se faire plus prier, le jeune homme dirigea la caméra en zoom avant sur son gland. Scribe le regardait passer délicatement son majeur mouillé autour de sa couronne de chair. Elle frissonnait en se mordant la lèvre.

-         Envie terrible de te sucer.

-         Touche-toi ! Touche-toi… Ecarte ce filet de dentelle rose comme je le ferais pour y glisser ma bouche… J’adore.

-         Tu es ma came.

-         Tu es la mienne. Et nous n’en sommes qu’au prologue.

-         Même pas peur !

Et Scribe se rapprocha. A en baiser l’écran.

 

 

 

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Cali Rise

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