Yael Naïm en concert à l’Autre Canal

Mardi 10 novembre 2008, Nancy 20 heures

L’Autre Canal a sorti les gradins, la grande salle en paraît toute changée. Les spectateurs entrent et se pressent vers les places assises. Ça peste, ça pousse, ça se case tant bien que mal. Les agents de sécurité parquent les personnes en fauteuils roulants derrière des barrières Playmobil. Une femme s’évanouit. On l’évacue juste avant que la lumière ne s’éteigne.

Un guitariste s’installe et une jolie file entre sur scène. Ma voisine s’étonne « Déjà Yael ? » En fait, le duo vient de Metz et s’appelle Alifair. La chanteuse Aurore Reichert a une belle voix chaude et grave, le guitariste Jean-Pascal Boffo est étonnant. Pourtant la magie n’opère pas. Aurore ne sait pas moduler sa voix, les chansons sont envoyées forte et je me perds à tenter de comprendre les textes remplis de jeux de mots. Les thèmes se répètent en boucle, le rythme ne varie pas vraiment et mon voisin bâille. Deux autres discutent en élevant la voix. Seule La belle et le rebut semble retenir l’attention. Aurore explique que la chanson a été écrite avec un ami mais que celui-ci est absent. « C’est qui son ami qu’elle n’en donne pas le nom ? » Les gens s’impatientent et applaudissent rapidement espérant que Yael Naïm arrive enfin. Je me demande encore ce qui cloche chez Alifair. Un problème de sono ?

Daniel Donatien suivi de ses compagnons entre en scène. Les applaudissements crépitent quand Yael arrive, vêtue d’une robe blanche à gros pois rouges. Aussitôt, elle commence son show par Paris. Sa voix s’élève. Elle chante New soul assise derrière son piano puis sa magnifique reprise de Toxic, « chanson d’une amie » plaisante-t-elle, se lève pour prendre une tasse de thé, se rassoit, tourne à l’humour son « tea time », chante encore et s’excuse « Je vous demande cinq minutes, je reviens… » Mince alors ! « Dites, elles sont longues ses minutes, non ? » Avant que la foule ne s’impatiente vraiment, la lumière à nouveau s’éteint. Tant pis pour les retardataires partis boire une bière au bar !

« Il faut que je vous explique. Je suis malade. Ma voix est fermée. Je me suis entendue chanter et ça m’a donné envie de pleurer. Du coup, je suis sortie… pour pleurer. Là, ça va mieux ! 

Qui a dit que « Yael Naïm, ouais, bof, sa pop folk, ça doit rien donné en concert. C’est sûrement mou ! » ? Et bien, même avec un rhume carabiné, Yael assure, bouge, tourne, saute et virevolte. Elle s’allonge au sol aussi. Les spectateurs n’ont pas pu l’imiter comme elle le remarquait en riant, faute de place, mais ils ont eu tout le loisir de contempler ses bottes façon mocassins indiens, brodées et à pompons. « Mais où les a-t-elle trouvées ? » s’exclame ma voisine décidément bien curieuse. Yael Naïm se relève en même temps que la foule et tout le monde rit. Les spectateurs assis, un peu moins, frustrés de n’avoir pas pu participer à la gymnastique collective. La chanteuse éclate de rire quand un Nancéen continue de chanter alors qu’elle a stoppé sa chanson. Elle rira encore quand elle explique les créations de ses textes en hébreu. « Vous ne comprendrez rien ! » « On s’en moque, Yael, on t’écoute ! » J’ai des voisins bavards, pffffffff !

A-t-elle chanté toutes les chansons prévues au concert ? Mystère ! Mais quelle voix ! Quelle puissance ! Même enrhumée, la belle israélienne aux longs cheveux de jais assure ! Daniel Donatien et Xavier Tribolet sont en parfait accord avec la reine de la soirée, les trompettistes aussi. La complicité du groupe est évidente. La complicité avec la salle n’était pas jouée d’avance. Yael Naïm est vraiment une magicienne. Pour preuve : en sortant dans les rues, les spectateurs chantonnaient ses chansons écrites en hébreu !

 www.yaelweb.com

 

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Cali Rise

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