Lait show
La porte vient de se refermer sur leur nuit de folie. Le front appuyé contre la vitre, Scribe sourit au siamois qui s’en moque dédaigneusement. Assis droit sur une chaise, il guette les mésanges et le rouge-gorge qui viennent picorer les graines de la mangeoire. Seuls ses oreilles et ses yeux bougent par intermittence, le félin est en chasse.
La jeune femme entend la voiture s’éloigner de la maison. Elle se recule, caresse le chat qui ne bouge toujours pas d’un poil et se dirige vers la douche, seule cette fois.
Dam avait à peine franchi le seuil de la porte qu’ils s’étaient jeté l’un sur l’autre, affamés. Les vêtements avaient volé.
C’était Scribe qui avait attiré son amant sous la douche. L’eau avait giclé sur leurs peaux et de minuscules gouttelettes s’étaient accrochées à leurs cils.
C’était Dam qui l’avait bue en premier. Puis, elle s’était baissée entre ses cuisses, la bouche ouverte, les paumes à plat sur le carrelage, les yeux à demi-clos fixant les siens à demi ouverts.
Ils étaient sortis de la cabine encore plus enfiévrés, se séchant mutuellement avec d’épais et moelleux draps de bain. Leurs bouches se cherchaient, se buvaient, se murmuraient des mots timides. « Salaud » « Salope ».
Dam s’était approché de la table où patientait du vin. Scribe s’était glissé derrière lui, ses lèvres bécotant sa peau ici ou là, mais surtout ici et surtout là. Ses mains aussi furetaient. Quand elles avaient atteint l’orée de sa raie, Dam avait cramponné le rebord de la table et écarté un peu plus les jambes. Scribe avait reniflé, salivé, mouillé, léché, pénétré, caressé. Dam avait apprécié en gémissant juste après avoir promis qu’il se vengerait très prochainement. Et Dam était homme à tenir ses promesses.
Plus tard, beaucoup plus tard, bien après d’autres jeux érotiques alors que Scribe lui tournait le dos, Dam avait saisi ses hanches pour ramener son joli cul tout contre sa queue avide de sodomie. Scribe avait redressé sa tête loin en arrière, accentuant ainsi sa cambrure. La main sur sa gorge, son amant avait poussé son envie d’un seul coup de reins. Elle l’avait mordu. Il l’avait griffée. Cela, ils l’avaient découvert plus tard, étendus dans les draps emmêlés.
« J’aime le goût de ton sperme.
- J’aime te boire.
- J’aime m’enfoncer en toi et t’entendre gémir.
- Non, moi, j’aime.
- Je te déteste.
- Je te hais.
- Ce n’est que le début.
- Oui… Ce n’est que le début.»
Scribe referme la porte de la cabine de douche sur les vapeurs chaudes. D’une main, elle saisit la bouteille de gel et s’en verse dans le creux de sa paume. Elle trempe un doigt dans ce lait parfumé, y recherchant la texture d’autres fluides. Dam… Ce n’est pas humain de supporter un manque pareil. Ou si, c’est trop humain. Si quelqu’un tentait de m’expliquer un tel manque, je ne le croirais pas. J’en bande de l’intérieur, la moindre parcelle de mon corps te réclame. Viens… Oh, s’il te plaît, viens…
Une soirée, une nuit, un petit matin. Cette fois, il était venu.





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