Osez effeuiller Laroze !

Né en 1966 à Paris, Franck Laroze est dramaturge et metteur en scène, poète et performeur, essayiste et critique, producteur de spectacles vivants et numériques. Allez lui coller une étiquette ! Non, parce qu’en plus, il a été aussi DJ et a étudié la philologie à l’étranger et a travaillé dans l’édition…

En 1998, paraissait Huntsville, la honte du monde. Inspiré de l’usage de la peine de mort aux Etats-Unis, son livre l’a fait reconnaître rapidement comme un poète politique. Huntsville, la honte du monde a depuis été plusieurs fois adapté au théâtre sous le titre de Huntsville, l’Ordre du monde. C’est à cette époque que Franck Laroze s’est tourné vers les nouvelles technologies numériques qu’il est d’ailleurs l’un des premiers auteurs de sa génération à utiliser en littérature et dans le spectacle vivant. Laroze, un précurseur ?

Un créateur qui ose, sans aucun doute, jugez plutôt :  

En 1999, avec Georges Gagneré, il fonde la Cie Incidents Mémorables, l’une des premières compagnies en France à développer le théâtre multimédia en temps réel et à en assurer des stages de formation à l’école du TNS. Plusieurs spectacles seront assurés à divers endroits. Le dernier en date étant Espaces Indicibles présenté à La Filature, scène nationale de Mulhouse et au Théâtre National de Strasbourg – festival Musica en 2007.

En 2000, il a cofondé et animé EvidenZ avec Chloé Delaume et Mehdi Belhaj Kacem. Au départ, EvidenZ était une revue de création poétique et philosophique (Sens et Tonka Editeurs). Sous sa direction, EvidenZ est devenue une structure de production d’écriture, de performances et de spectacles vivants numériques.

En 2005, avec le philosophe et vidéopoète Philippe Boisnard, il crée et met en scène poetik politik Koncept.

En 2006, la Cie Leda Atomica adaptait certains de ses poèmes et aphorismes en chansons ou pour la scène lors du spectacle Oz broyer de la rose à Marseille.

Franck a participé à plusieurs workshops et projets de recherches autour des nouvelles technologies et du spectacle vivant. Actuellement, il prépare une production dont il assurera le texte et la mise en scène, Je {me} suis parlé, qui mêle neurosciences et histoire de la pensée, le tout servi par un dispositif technologique qui fera la part belle au virtuel.

Franck Laroze intervient aussi dans des revus et des journaux (Libération) et participe à des débats de politique culturelle. Ainsi, en 2006, il s’était impliqué de façon polémique dans le débat sur les DADVSI en produisant et défendant, avec la collaboration de Maître Antoine Gitton, un rapport des préconisations et des amendements intitulés Pour une solution équitable.

Comme ses œuvres abordent frontalement les terrorismes, la manipulation des opinions publiques, l’ordre économiques sécuritaire, l’étouffement des jeunes générations par la génération du baby-boom, et plus généralement, tous les phénomènes liés, à son sens, par « la confusion des idées inhérentes à la société de consommation et à la culture de(s) masse(s) mise(s) en place durant la guerre froide ayant abouti à une « hémiplégie intellectuelle généralisée », on peut dire que Franck Laroze est un activiste politique et culturel.

Quelques aphorismes extraits de Minimes jetées au vent :

La cervelle du lecteur est le cul où l’auteur niche sa plume.

Les guerres servaient autrefois à se faire du bien en faisant le mal : elles consistent maintenant à faire le mal au nom du bien. Les militaires : ces champions anonymes de la sémantique…

Péter, c’est jouir un peu.

Si votre espoir est que vos enfants fassent mieux que vous, faites-les adopter par votre chien : ils seront entre de meilleures pattes.

Vivre, c’est assimiler l’épaisseur du temps pour se glisser dans l’éternité de l’instant.

Tuer ou se tuer revient au même : tuer l’humanité tout entière.

Comprendre, c’est déjà agir.

La famille imposée par la naissance est à la base de toutes les hiérarchies et tyrannies. Seule importe la famille virtuelle que l’on se choisit, et envers laquelle on n’est redevable de rien, sinon d’être fidèle à soi-même.

Une lettre peut suffire à tout changer ou révéler. Voyez ce qui distingue l’insolence de l’indolence, le solitaire du solidaire, les seigneurs des saigneurs, ou même la lucidité de la ludicité.

Imaginez toujours ceux qui vous prennent de haut en train de se soulager le bas-ventre.

Vivez vos rêves et la vie rêvera de vous.

Une chance pour vous : ses livres sont en vente libre. Alors, osez effeuiller Laroze !

Huntsville, la honte du monde, Franck Laroze, Editions Bérénice
Huntsville, l’ordre du monde, Franck Laroze, Les éditions du Laquet
Les sources libertaires, Franck Laroze, Sens & Tonka
Minimes jetées au vent, Franck Laroze, Sens & Tonka

Site EvidenZ

2 Commentaires
  • Santiago

    mai 27, 2009 at 5:42 Répondre

    Une précision qui a son importance : F. Laroze n’a jamais « fondé » EvidenZ, qui était une revue philosophique fondée par Mehdi Belaj Kacem, et que F. Laroze n’a rejoint que bien après le premier numéro (1999), et avant le second (2002). F. Laroze a ensuite fondé l’association du même nom et l’a consacrée à ses activités, ce qui est tout de même assez différent.

    • Amusé

      mars 27, 2018 at 12:22 Répondre

      Le paragraphe concernant EvidenZ ne dit rien d’autre (« cofondé »), mais de façon plus exacte, moins dépréciative que ce curieux commentaire, et l’historique d’EvidenZ est plus que détaillé sur le site: http://www.evidenz.fr/wiki/tiki-index.php?page=histo

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