Vue sur le cul du ciel de Franck Laroze
Chambre avec vue ou avec cul demanda-t-il
avec vue répondis-je
avec ou sans vue sur cul rétorqua-t-il
à vue de nez je préférerai sur cul précisai-je
Monsieur a du nez dit-il la vue sur cul vaut bien des vulves
oui dis-je et sur ce je pris la chambre avec vue sur cul où m’attendait un cul asexué parfaitement lisse cerclé d’étoffe rouge dans une pièce sans fenêtre peinte en noire
Tu aimes la vue demanda le cul
je fus surpris de la vue exclusive et rejouai illico de la fente derrière pour introduire ma clef et quérir chambre avec vue mais sans cul bavard
faux cul il sentait celui qui sait déjà et je le lui demandai ce qu’il me fallait pour ne plus avoir envie de me mettre des boules quies dans les oreilles
avec vue et sans cul insistai-je appuyant bien sur le et pour en faire sentir tous les relents de mais
j’avais tellement la tête dans le cul à vue de nez qu’il ne put que me donner une autre clef que j’enfilai aussitôt dans une nouvelle fente
ça me cassait un peu le cul en fait cette histoire de texticule pour un site à l’impudeur narquoise
me demander un texte sur les boules à moi qui était le plus carré des animaux à boules pendouillantes
et là dans la chambre avec vue sur le ciel immense il y avait des dizaines de culs
je les comptai lentement tout en ayant du mal à déglutir la boule que j’avais en gorge
une centaine exactement et tous pareillement offerts sous le ciel
alors je levai les yeux des culs vers le ciel et je le vis pâle et bleuté infini
oui je le vis ce cul offert à toute ma vue et chiant une neige scintillant au soleil
une chiure si pure pour en faire de belles boules fraîches que toute ma vue en fut illuminée
un cul azuréen si vaste que je compris enfin d’où nous venions :
l’Univers était un cul infini la Terre une de ses plus belles crottes et nous des bousiers magnifiques poussant cahin caha nos petits soucis
cette métaphysique du fessier cosmique me rendit ma belle humeur : je remis les boules au sapin pour poursuivre mon parcours de petit cochonnet
a vue de nez
il n’y a pas à dire
la vue d’un cul
ça réconcilie avec le sens de la vie
ça ôte les boules des méninges
et ça blinde la paix des ménages
Franck Laroze, 2009






Leave a Reply