Hallucinaton collective ? Non. Dantec est de retour !

Encore eut-il fallu savoir qu’il était en train d’écrire un nouveau roman. Non parce que Dantec, je connaissais de nom. Il a été assez médiatisé. Il faut dire qu’il n’y va pas avec le dos de la cuiller quand il prend position. Donc, Maurice G. Dantec devenu un écrivain « nord-américain de langue française » revient avec un roman déjanté au titre long comme camion, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute.

« On n’avait pas des masses d’alternatives, Karen et moi, quand on a décidé de voler l’Etat qui essayait de nous voler nos vies » C’est la phrase qui figure sur la 4e de couverture du livre. Moi, c’est le narrateur. Moi n’a pas de prénom, ni de nom. Il a juste tout un tas de flics à ses trousses. Moi et sa jeune maîtresse, Karen, sont atteints d’un neurovirus génétique, le syndrome de Shiron-Aldiss. Ne chercher pas sur Google ou wikipedia, ce syndrome n’existe pas. Ce neurovirus permet d’atteindre des « états augmentés ». En clair, ceux qui en sont atteints voient des choses cachées dans une réalité différente de celle dont les gens « normaux » ont l’habitude. Dire de ce roman qu’il est un roman de science-fiction serait un peu trop réducteur. C’est plus compliqué que cela. Chercher à découvrir ce que G. Dantec a bien pu avaler, sniffer, mal digérer, fumer quand il a commencé à écrire Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, serait superflu. Et si tout simplement l’écrivain s’était installé devant une page blanche en laissant libre court à son imagination, en se laissant entraîner par ce roman jusqu’à y apposer un point final ? Le moins que l’on puisse dire est qu’il a un sacré souffle !

Petit résumé :
Après avoir effectué un dernier braquage dans la banlieue sud de Paris, le narrateur et sa compagne, Karen, tous deux échappés d’un centre de regroupement où sont emprisonnés toutes les personnes atteintes d’un neurovirus génétique considéré comme psychogène par les autorités, fuient vers l’Afrique. Au même moment, trois cosmonautes coincés dans la station Mir en déroute vivent leurs derniers instants. Or, ils ne sont pas seul dans l’espace, Albert Ayler, un jazzman assassiné en 1970 est avec eux. Et cela, seuls Karen, le narrateur et les cosmonautes le savent. Le fantôme de ce saxophoniste serait un ange gardien et Karen, le narrateur et les cosmonautes une sorte de canal ou d’antenne nécessaires à la rédemption d’Ayler.

Vous n’avez jamais lu les précédents romans de Maurice G. Dantec ? Moi non plus. Vous avez quelque chose contre la SF ? Ce n’est pas de la SF ! Imaginez du Tarantino mélangé à du Lynch le tout saupoudré de métaphysique et de polar scientifique. Oh et puis merde, vous filez chez le libraire le plus proche, vous lui demandez le Dantec à la couverture jaune avec une silhouette féminine armée d’un flingue (ça vous fera gagner du temps et de la salive), vous vous installez dans un coin à l’abri des chieurs pour pouvoir lire Comme le fantôme… d’une seule traite. Go !

Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, Maurice G. Dantec, Albin Michel 16 €

1Commentaire
  • larry

    février 25, 2009 at 1:44 Répondre

    il y a des années j’ai avalé le fantastique Les racines du mal sans savoir qui était ce type. depuis, j’ai lu sur lui et à jamais cela m’a suffit…

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