La cinquantaine bien tapée, tromperie sur la marchandise ?

La cinquantaine bien tapée, premier roman de Julie Saltiel, normalienne agrégée de philosophie, est présenté par Denoël comme une tentative de l’auteur de répondre à la question que, soi-disant, tout le monde se pose : que veut une femme ?

D’emblée, je m’interroge : est-ce qu’une femme peut réellement répondre à cette question comme si elle était toutes les femmes ? Est-ce que présenter ce récit de cette façon ne risque pas de dégoûter certains lecteurs ?

En vérité, La cinquantaine bien tapée, est amusant et agaçant à lire. Amusant dans le sens où le personnage principal apparaît comme complètement immature. Le comble pour une femme mûre, non ? Agaçant parce qu’on a rapidement envie de lui coller des baffes pour lui faire entendre raison : « Ouvre les yeux ! Oui, ce beau gosse se fout de ta gueule ! » tout simplement parce qu’il rappelle des situations vécues.

Au final, ce petit roman – qui ne restera certainement pas dans les annales des chefs d’œuvres littéraires – se lit facilement et gaiement.  

En résumé, Julie Saltiel livre le mode d’emploi d’une fellation, raconte qu’une femme délaissée sexuellement par son mari devient rapidement une quasi nymphomane et qu’à La cinquantaine bien tapée, on peut s’enflammer pour un homme comme on s’embrasait à vingt ans mais surtout, l’auteur évoque le désir, qu’il soit masculin ou féminin, et le désir du désir de l’autre.

Histoire :
A cinquante ans, Caro tombe amoureuse d’un écrivain de trente-six ans, Bruno, libertin et manipulateur. En analyse depuis plus de trente ans, cette professeure bon chic bon genre cherche pourtant toujours l’avis et l’approbation de son amie d’enfance, Gaëlle. Toutes les deux se téléphonent plusieurs fois par jour et ont un parcours de vie similaire. Mariées deux fois, elles se posent des questions sur le devenir de leur couple actuel et s’interrogent sur leurs aventures extraconjugales. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Or, si Gaëlle sait séduire les hommes en se faisant désirer, Caro donne tout, tout de suite. Est-elle réellement amoureuse de Bruno ? Que va lui révéler cette relation ?

La cinquantaine bien tapée, Julie Saltiel, Denoël 176 pages 15 €

4 Commentaires
  • Lunaba

    février 2, 2009 at 1:44 Répondre

    peut-être son immaturité qui fait que la jouissance devient impulsive et instantanée…
    je prendrai le temps de l’effeuiller, le sujet souvent tabou de la cinquantaine épanouie et libre de toute jouissance m’intéresse, curieuse de voir l’angle sur lequel cet auteur l’a traité 😉

  • Cali Rise

    février 2, 2009 at 4:04 Répondre

    Ironique, désinvolte et introspectif. Mais ce livre s’adresse tout autant aux femmes de quarante ans.

  • brigitte K

    février 2, 2009 at 11:16 Répondre

    ce livre s’adresse effectivement en premier aux femmes en général, il n’a pas la prétention d’être une référence ni littéraire, ni philosophique, c’est un roman avant tout, et c’est probablement sa qualité d’écriture, sa justesse de ton qu’il pourrait a vos yeux avoir ces prétentions.
    probablement ce qui vous agace , c’est qu’une philosophe soit une personne , que cette personne soit si proche des autres femmes.
    de plus caro n’est pas délaissée par son mari, caro s’est laissée enfermée elle même dans un quotidien tourné vers les autres (mari, enfants, travail) qu’elle s’est oubliée, non elle devient pas nymphomane, non ce livre ne se résume pas à ce cours (plein d’humour) sur la fellation.
    ce livre parle avant , de ces nouvelles femmes de 50 ans, qui assument leur âge, car elles gardent leur féminité , leur séduction, elles ne sont plus mise au placard de la vie, bien rangée entre le rayon cuisine et celui de future grand-mère.
    Dans une société où un homme de 50 ans est un séducteur, la femme aujourd hui peut prétendre à plaire, même si certains choix sont désastreux
    caro aime en sachant qu’elle va dans le mur, mais sentir de nouveau son corps vibrer est plus important que de dormir debout.

    je pense que ce livre n’est pas la vie de toutes les femmes, mais toutes les femmes se reconnaitront .

  • Cali Rise

    février 3, 2009 at 11:04 Répondre

    S’il vous plaît, Brigitte, évitez de penser à ma place, voulez-vous ? Où avez-vous lu que je ne considérais pas les philosophes comme des personnes ?
    Par ailleurs, ce n’est pas du tout l’auteur qui m’agace, loin de là.

    Dans notre société, quel que soit l’âge de l’homme, le chasseur est considéré comme un séducteur. La chasseuse affichée sera toujours une salope.

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