Un vrai grand roman : Sacrificio de Giacomo Sartori

Voici quelques années, un fait divers a ému la province du Trentin, au nord-est de l’Italie : des jeunes gens à qui tout semblait sourire ont vu leur vie basculer en une nuit. Un retour de virée, de l’alcool et de la drogue à profusion, un torrent en cru et un pari fou : le traverser en voitures tout terrain. L’un d’eux mourra noyé. C’est leur histoire que nous raconte Giacomo Sartori dans un roman rude et fascinant, Sacrificio.

Inspiré, Giacomo Sartori l’était, sans aucun doute quand il a décidé de se servir de ce fait divers ô combien banal puisque récurrent, –  il suffit de lire les titres des quotidiens régionaux pour apprendre la mort d’un jeune adulte et ce tous les dimanches matins -, pour placer le lecteur au sein d’un village de montagne étouffant au possible.

Prouesse remarquable : aucun dialogue ne vient violer ce récit sordide. L’écriture est sèche, syncopée par les pensées simultanément délirantes et censées de Marta. A moins que ce ne soit l’inverse. En même temps, comment aurait-il pu en être autrement quand on devine petit à petit ce qu’a été sa vie depuis sa naissance ? Sacrificio, un roman gigogne ? Oui.

Tracas du quotidien : non-dits, mensonges, alcool, drogues, amours folles ou amours-viols, ours, braconniers, truites, chômage, sclérose, c’est cela aussi, Sacrificio.

On referme le livre en état de choc. Et dans nos têtes, Marta, Diego, Katia, Frank, Roberto, Anna vivront encore longtemps. Sacrificio ? Un vrai grand roman.

Sacrificio, Giacomo Sartori, Philippe Rey

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