EXCLUSIF : Interview Revolver

Je vous ai récemment parlé de Revolver. Voici l’interview à laquelle le trio a répondu malgré son emploi du temps surchargé. Des zamours ! Mais surtout des bombes de chanteurs, des bombes de musiciens.
En prime, je vous laisse découvrir le tout premier clip de Get Around Town
extrait de leur album Music For A While.



Vous définissez votre musique comme une pop de chambre. Vous m’expliquez ?

Christophe : Nous avons fait notre tout premier concert sous le nom de Revolver lors d’un goûter d’anniversaire d’un ami, il y a deux ans. Nous avions joué une petite heure en acoustique, sans micro ni ampli, au milieu d’une trentaine de personnes. A la fin du concert, un ami d’Ambroise est venu nous voir, pour nous dire que nous faisions vraiment de la musique de chambre, mais pop. Ambroise a rebondi là-dessus, et l’expression « Pop de chambre » est née.

Christophe et Ambroise, vous êtes amis d’enfance. Lequel des deux a eu l’idée de faire entrer Jérémie dans le groupe et d’agrandir le cercle ?

Christophe : Ambroise avait rencontré Jérémie quand ils avaient 6 ans, à la Maîtrise de Notre-Dame. Mais à 8, il a quitté cette école, et Jérémie y est resté. Lorsque nous avons commencé à jouer ensemble, sept ou huit ans plus tard, Ambroise a décidé de reprendre sa formation classique. C’est là qu’il a retrouvé Jérémie, qui entre temps, était devenu un excellent violoncelliste et chanteur. Ambroise lui a vite parlé de notre projet, et nous nous sommes mis à jouer tous les trois, puis à travailler sur notre première maquette.

Jérémie. On dit que vous avez été uniquement nourri au classique jusqu’à l’âge de dix-huit ans ? Vous viviez enfermé dans une bulle, sans radio ni télévision ? Comment avez-vous découvert la pop ?

En fait, c’est quand Ambroise m’a demandé si je voulais jouer avec eux que j’ai commencé à m’y intéresser. Je n’avais que 18 ans en effet et ce sont eux qui m’ont orienté dans mon « éducation pop ». Ils m’ont concocté une liste d’indispensables ! Au début j’ai été très choqué par les Beatles, évidemment, puis par d’autres groupes. J’y ai trouvé un nouveau regard sur la création musicale, plus direct et plus simple, qui complétait parfaitement la formation que j’avais recue. Le concept du « groove », par exemple, qui m’était totalement étranger à 12 ans, et que je retrouve maintenant en lisant du Beethoven ou du Bach ! Mon dernier choc a été Berlin de Lou Reed je crois, pour son ambiance à la fois très rock et très lyrique.

Christophe. Comment avez-vous goûté au baroque ?

Lorsque j’ai rencontré Jérémie, je ne connaissais rien à la musique classique, j’avais une culture exclusivement pop, ou presque. Jérémie m’a un jour conseillé d’écouter des chansons de Purcell, compositeur baroque anglais. Ce format de chanson (jouée par un effectif réduit) me semblait proche de ce que je connaissais déjà, et donc plus facile à appréhender que des formes orchestrales plus complexes et plus longues. C’était un véritable choc, aussi important dans mon esprit que ma découverte d’Elliott Smith.

Ambroise et Jérémie, vous avez tous les deux étudiés pendant des années le chant à la Maîtrise de Notre-Dame de Paris. Combien d’années exactement ?

Jérémie : Ambroise y a étudié deux ans petit, puis est revenu plus tard pendant quatre ans. Pour ma part, j’y ai étudié pendant treize ans.

Et Christophe, où avez-vous appris à chanter ?

Christophe : Je n’ai jamais vraiment appris à chanter. C’est Ambroise qui m’a forcé à chanter il y a quelques années, au moment où nous commencions à jouer des reprises dans des bars. Le premier morceau sur lequel j’ai chanté une seconde voix était Love me do, et j’étais particulièrement stressé. Depuis, je n’ai pas vraiment arrêté, et ai beaucoup appris avec Ambroise et Jérémie, qui ont une vraie conscience physique du chant, du placement de la voix etc.

Lequel des trois m’explique ce qu’est la Maîtrise de Notre-Dame de Paris ? Est-ce facile d’y entrer ? Doit-on porter une bure comme celles que portent les moines ? Est-ce qu’on y enseigne aussi à jouer d’un instrument ? (Autre que la voix) Que pense votre ancienne équipe pédagogique de vos choix actuels ?

Jérémie : La Maitrise est une école de musique liée à la Cathédrale Notre Dame de Paris. Les enfants sont à l’ecole le matin puis l’après midi apprennent le chant, le piano, le solfège. C’est une formation très complète englobant plus de 10 siecles de musique ! On y travaillait des oeuvres en choeur pour les chanter soit à la messe soit en concert à Notre-Dame ! Un souvenir fort avec Ambroise : les Cermony of Carols de B.Britten qu’on chantait ensemble a l’époque. Balulalow est un titre inspiré d’une de ces pièces.

Nos anciens professeurs sont très fiers de ce qui nous arrive et viennent même souvent à des concerts de Revolver !

Pourquoi avoir choisi l’anglais plutôt que le français pour écrire vos chansons ? C’est une langue plus facile à harmoniser avec votre pop de chambre ou c’est venu naturellement parce que vous admiriez les Beatles ? Comment se passe la création d’un titre, qui fait quoi ?

Christophe : L’anglais n’a jamais vraiment été un choix. Quand nous avons commencé à jouer de la musique, Ambroise et moi reprenions des morceaux des Beatles, de Simon & Garfunkel, des Kinks, etc. Plus tard, nous avons été bouleversés par Elliott Smith. Autant dire que notre culture musicale est majoritairement anglo-saxonne. Quand nous avons composé nos premières chansons, les textes sont arrivés spontanément en anglais ; nous n’avons pas cherché à nous battre contre ça.

Par ailleurs, il est vrai que la langue anglaise est plus facile à faire sonner à plusieurs voix que la langue française, et comme nous aimons particulièrement chanter en harmonie, c’est une bonne chose !

Il n’y a pas vraiment de règle pour la création d’une chanson. Certaines naissent d’un jam (Balulalow, A song she wrote), certaines d’un travail commun, du partage d’idées mélodique et harmoniques (Leave me alone), et d’autres encores sont composées par un seul d’entre nous (Back to you, You drove me home). Ambroise et moi écrivons les textes.

Êtes-vous conscients de détonner complètement dans le paysage musical actuel ? Qu’est-ce que cela vous procure ?

Christophe : Pas vraiment… Je ne sais pas trop à quoi ressemble le paysage musical actuel… Ce qui est sûr, c’est qu’il ne propose pas beaucoup d’harmonies vocales, et que c’est une chose qui nous intéresse particulièrement ! Avec le violoncelle, ce sont peut-être les deux éléments qui nous caractérisent le mieux.

Mais nous nous sentons proches de jeunes groupes comme Vampire Weekend, Fleet foxes, Laura Marling.

Votre album sort le 1er juin, vous passez à Taratata, bientôt à la Boule Noire. Comment vivez-vous cette nouvelle exposition ? C’était un rêve d’enfant ?

Un rêve d’enfant je ne crois pas, mais un rêve d’ado, c’est sûr ! Nous sommes vraiment ravis de pouvoir jouer et faire connaître notre musique (plus que nous faire connaître) ! J’espère que l’album touchera des gens, et que nous pourrons tourner dans toute la France pour le défendre !

Merci à vous trois. En espérant vous croiser bientôt en live. Vous êtes tout simplement incroyables. BRAVO !

Music For A While, Revolver, EMI

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