Anaïs, Winston, Doré et Ruiz aux Francofolies le 11 juillet 2009

Alors je ne sais pas vous mais moi, à chaque fois que je tente d’entrer dans La Rochelle, je me trompe de file. Voulant jouer les vieilles habituées (3ème Franco et deux ou trois visites impromptues), je vise la pancarte Vieux Port. Sauf que quelques mètres plus loin, elle avait disparu. Lasse de visiter la banlieue, je réussis (quand même !) à me retrouver sur un petit parking, devant un arrêt de bus.
– Bonjour ! Pardon mais le centre ville est loin d’ici ?
– Bonjour. Et bien, tout dépend si vous êtes à pied ou en bus. Je dirais 10 minutes.
A pied, voyons ! En fait de dix minutes, ce jeune homme parlait sans doute du temps que durait le trajet en autobus. Pas grave ! Il fait beau et les gens sont souriants. Euh, voyons, elle s’appelle comment cette rue ? Non parce que, retrouver une voiture sans savoir où vous l’avez garée, en pleine nuit, les yeux remplis de fatigue…

Fait soif, non ? Un coca au bar au phare blanc coûte moins cher qu’un coca pris au bar proche de l’entrée des Franco. Quoi, Julien Doré va y être interviewé ? M’en fiche, je serai partie avant ! La dernière bulle avalée, la chaîne qui détoure la terrasse du bistrot enjambée, et me voici dans la file d’attente. Juste le temps de poser mon chapeau anti-coups de soleil sur ma tête et ils ouvrent les portes. Wow ! Déjà ? Il n’est que 16 heures, non ? La foule se presse. Hé, pas la peine de pousser, hein ! Vont nous parquer. Ben tiens ! Juste à côté des poubelles…

Et puis, à peine ai-je eu l’occasion d’observer mes voisines et mes voisins de par en dessous les bords de mon chapeau que la palissade s’ouvre. Une vraie volée de moineaux, les festivaliers ! Enfin quand je dis moineaux : rhinocéros, hippopotames, éléphants ou encore bourrins conviendrait mieux. Et ça court et ça court ! Et que je te grimpe dans les gradins. Et que je te bouscule pour arriver tout contre la scène. Connaissez La Fontaine et sa tortue ? La tortue, c’est moi. Le nez contre la scène. Ou presque. Pas envie de mourir écrasée non plus !

A 18 heures, après qu’un roadie nous ait aspergés d’eau, les Dom Tom Folies envahissent la scène. Un coup d’œil à gauche, vers les gradins des VIP et hop, je te prends Laurent Voulzy en photo. Hein ? Il est interdit d’entrer dans l’arène avec un appareil photo ? Hé hé. Les deux beaux gosses des BO Houss allument le feu. Atelemo Laualiki aussi. Les autres chanteurs seront un peu trop mous à mon goût.

20 minutes pour changer de scène. Si, si, j’ai compté. C’est le temps qui nous sera imparti pour tenter de se relaxer entre chaque nouveau show. Avant Anaïs, je pouvais encore m’asseoir par terre. Après Winston, c’était devenu impossible !

Anaïs arrivera sur scène en tenue de plage. Ou presque. Moi qui ne suis pas une fana de ses chansons, je dois dire que sur scène, maintenant, elle dépote. Ambiance surchauffée quand la chanteuse demande à son guitariste s’il ne pourrait pas l’aider à retrouver l’air qu’elle avait composé. « Tu sais, ça faisait na na, na na na… » Et lui et ses compagnons de jouer Beat It. Les spectateurs commencent à chanter. « Mais non ! ça faisait comme ça : na na, na na na… » Et les accords d’Highway To Hell emplissent la place St Jean D’Acre. Tout cela pour chanter Mon cœur mon amour. Ha ha.

Encore 20 minutes et Charlie Winston arrive sous les cris du public en délire. Il n’a pas encore chanté une chanson ! WOW ! WOW ! WOW ! Sa voix, sa présence, sa musique, tout est PARFAIT. Hé ho, j’ai reçu des gouttes d’eau de SA bouteille d’eau minérale sur les cheveux ! Hé ho, z’avez vu comme il danse ? Non ? Non ?! Moi si ! Joli petit cul aussi. D’ailleurs, si je puis me permettre : Charlie Winston s’est tellement donné sur scène qu’il était trempé jusqu’au shorty. Première fois que j’assiste à une Ola en chanson. 12 000 personnes qui reprennent un refrain, ça le fait ! Charlie Winston sur scène, c’est l’extase. Tout simplement.

Que dire de Julien Doré, si ce n’est qu’il m’a déçue ? Aurait-il peur du public qu’il ne s’avance pas jusque devant la scène ? Une seule fois l’aura vu glisser sur les genoux après avoir pris son élan au point que la foule commençait à craindre qu’il ne saute. Excité, Julien part dans des envolées dont je me serais bien passée. Voilà t’y pas qu’il grimpe après les rampes de spots ? Un fou ! Oui, après Winston et ce qu’il a donné, j’attendais mieux.

Bon, il est temps de se sortir de ce guêpier pour aller boire un verre. Tentez de sortir d’une foule compacte et surexcitée, vous verrez comme c’est enivrant. Limite s’il ne faut pas faire semblant d’avoir un malaise. Et encore, certains seraient prêts à t’achever pour prendre ta place ! Plus de 20 minutes pour ressortir et atteindre les arrières de la place St Jean d’Acre, dingue !

Assise sur un muret, je savoure mon coca. (Moins cher qu’à ce foutu bistrot !) Olivia Ruiz entre en scène sous les hourras des spectateurs. J’allume une cigarette en souriant. « Je dédie le concert de ce soir à Orelsan. » Le moins que l’on puisse dire est que ce jeune rappeur en aura fait couler de l’encre et en aura fait dire des paroles heureuses et malheureuses ! Ségolène Royal aurait menacé de sucrer les subventions des Francofolies ? Elle en est fort capable. Gérard Pont (ici, je rappellerai à Laurent Voulzy que le prénom de Pont est bien Gérard et non pas Jean-Louis. Tu sauras, pour l’an prochain, Laurent ?) soutient que non, Royal n’y est pour rien. Il a juste voulu éviter que La Rochelle soit cernée par des cordons de CRS. Pourquoi pas ? Il regrette d’avoir mal communiqué. Ah oui ? Pourtant, en mai, il se félicitait d’accueillir Orelsan

Olivia chante et moi, je cherche la sortie. Je n’ai jamais supporté très longtemps sa voix nasillarde. Et puis, il faut que je reparte : 120 km de route dont plusieurs en pleine campagne profonde. Si profonde que pour téléphoner, t’es presque obligé de grimper dans un arbre !

Le quai de La Rochelle est toujours autant bondé. Mais bon sang, combien de personnes envahissent cette ville en été ? « Dis, monsieur le CRS, tu pourrais m’indiquer quelle rue je dois emprunter pour retrouver l’avenue du Maréchal Leclerc ? »

Conclusion de ce concert du 11 juillet ? Faut vraiment être barge pour descendre dans la fosse, mais qu’est-ce que c’était bon ! Surtout Charlie Winston !

 

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