Un cœur mangé de Guy Bénisty et Pierre Guillois

Photographie du Républicain Lorrain

Photographie du Républicain Lorrain

Pratiquement jouée tout l’été, à partir de 15 heures (voir les dates du calendrier), la pièce présentée cette année, Un cœur mangé, est une épopée chevaleresque écrite par Guy Bénesty et Pierre Guillois et mise en scène par Pierre Guillois. Du sable, du sang, des rires, des larmes et du sexe. Un cœur mangé est une pièce tapageuse, déjantée et provocante.

L’histoire :

A l’époque des premières croisades, le seigneur Philippe abandonne sa femme Isabelle dans leur château et part reconquérir Jérusalem. Ivre de rage, celle-ci le maudit et le prévient : s’il n’est pas rentré pour le mardi des Cendres, elle ouvrira ses cuisses à un autre, rompant les vœux sacrés de leur mariage.
En chemin, Philippe rencontre les ravages de la guerre sainte et se vautre avec allégresse dans le sang des Sarrasins. Les pauvres, affamés et prêts à tout pour sauver leurs peaux entrent aussi dans la guerre et font trembler la terre d’un cri vengeur et ravageur : « Dieu le veut ! »
Trois ans passent.
Est-ce qu’à son retour, Philippe pardonnera à sa femme qui a tenu parole et l’a cocufié en couchant avec Thomas, son filleul ?

Avis :

Assister à une représentation de cette pièce jouée d’une belle énergie par des professionnels et des amateurs (ils composent les deux tiers de la troupe) dans ce cadre enchanteur est un pur moment féérique. Un cœur mangé, cette fable épique, ou ce conte sanglant, est dépeint avec talent par cette vingtaine d’acteurs.

Les répliques anachroniques rappelleraient presque celles des Robin des Bois ou celles de Kamelott : «D’abord, t’arrête de me faire des gosses tant qu’on n’est pas à Jérusalem » criera Emma la gueuse à son mari Simon. « Il y a là-bas un gars qui vend le slip du Christ trouvé à Damas » lâchera Nouredine le chamelier à Raoul son ancien prisonnier qui désespère de commercialiser son authentique fiole de lait de la Vierge, «gage d’invincibilité». «Masturbateur du désert ! », « Onaniste des sables ! »  Les deux acolytes échangeront plusieurs fois leur religion pour mieux s’insulter sans jamais s’égorger.

Les scènes cocasses égayent les scènes dramatiques, voire gore (« Chaque tête d’infidèle est une marche qui nous mène au Paradis » s’écriera un chevalier. « Ma société est moins raffinée que la tienne, mais nous avons de beaux paysages » dira Philippe à son esclave avant de la ramener avec lui en France.) sans que le spectateur ait l’impression que la pièce dure deux heures trente. La cène finale est orgiaque et limite démoniaque.

La mise en scène, les costumes, le jeu des acteurs, la présence des animaux domestiques et exotiques,  tout est magnifique. A voir absolument ! (Dernière représentation le 29 août)

A noter que certaines scènes peuvent choquer les plus jeunes.

Vidéo Théâtre du Peuple Bussang

Le Théâtre du Peuple Maurice Pottecher, légendaire par son fond de scène qui s’ouvre sur la vallée vosgienne, est un lieu de création qui se situe au croisement de l’Alsace, la Lorraine et la Franche-Comté.

Situé à Bussang, ce théâtre, vaste vaisseau de bois, a vu le jour en été 1895 sous l’impulsion de Maurice Pottecher. Journaliste, essayiste et auteur déçu par un milieu et un public parisien issu d’une minorité aisée, il décide de revenir à son village natal pour y écrire et monter, à l’aide de son épouse la jeune comédienne Camille de St Maurice, Le Diable marchand de goutte.

Pour être en rupture avec l’univers théâtral de la capitale, il fallait un projet original, populaire et décentralisé. C’est ainsi qu’il proposa à ses parents et amis d’interpréter les premiers rôles de sa pièce, les villageois faisant de la figuration. Le projet du Théâtre du Peuple préfigura véritablement la décentralisation et précéda les grands noms du théâtre français qui l’ont accompagnée, Antoine, Coppeau, Jouvet, Vilar.

En 1895, l’unique représentation de sa pièce eu lieu devant 2000 personnes. L’année suivante, une scène permanente en bois et en fer de 15 mètres de large, 10 mètres de profondeur et 10 mètres de hauteur est construite, avec une particularité qui contribuera énormément à la popularité de ce théâtre : le mur du fond de scène s’ouvre sur la forêt vosgienne par quatre grandes portes roulantes (actuellement deux portes). Au fil du temps, des travaux successifs eurent lieu.

Dès 1939, la construction d’une machinerie et l’aménagement des coulissent permirent d’augmenter les possibilités techniques du théâtre. Le pignon de la cage de scène culmine à 20 mètres et la scène dispose d’une fosse d’orchestre.

Le monument est classé historique depuis 1975.

Si l’électricité est installée depuis 1904, la lumière naturelle reste omniprésente puisque le spectacle a lieu l’après-midi. La salle, toujours équipée de bancs de bois disposés en pente douce et sur une tribune, peut accueillir 850 personnes.

Sur le fronton du théâtre, on peut encore lire la devise : Par l’Art, pour l’Humanité.

Maurice Pottecher et sa femme sont tous les deux inhumés dans le parc du Théâtre du Peuple.

Pierre Guillois en est le directeur artistique depuis 2005. Il a renoué avec la tradition instaurée par Pottecher puisqu’il offre aussi au public ses propres créations.

Affiche des représentations estivales de 2009 du Théâtre du Peuple

Affiche des représentations estivales de 2009 du Théâtre du Peuple

 

Les dates en juillet – août 2009 :
Juillet : Les 11, 12, 18, 19, 25, 26.
Août : Les 1, 2, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 28 et 29.
Séance à 15h. Durée 2h30 avec entracte.

Informations – Réservations -Billetterie
Théâtre du Peuple Bussang : 03.29.61.50.48.

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