L’eau à la bouche d’Anne Bert

L’eau à la bouche est un recueil de 23 contes précise la quatrième de couverture. Comme il est indiqué aussi que L’eau à la bouche est le premier texte publié d’Anne Bert. Là n’est pas le propos. Anne Bert écrit de façon académique. C’est un peu trop léché, trop sucé et un peu trop une resucée de tout ce qui est déjà paru. Vous me direz, tout ce qui paraît aujourd’hui en littérature a déjà été écrit par le passé. Certes, c’est absolument vrai. Mais, puisqu’il s’agit de littérature érotique, l’auteur d’histoires roses ne doit-il pas exciter son lecteur par la magie de sa plume ?

Pour moi, L’eau à la bouche est en majorité trop fade et il m’est souvent arrivé de rester sur ma faim après avoir terminé la lecture d’une nouvelle. Toutefois, je suppose que ces textes plairont au plus grand nombre. A vous de lire.

Extrait (épicé) :

Mon ange

C’est lorsque tu mens que je veux fouiller ta bouche, de ma langue goûter la saveur de ta trahison, étaler sur tes joues les miasmes de ta duperie.
Je murmure à ton oreille des mots cruels inutiles. Comme une petite mendigote, tes yeux quémandent mes caresses et implorent ma mansuétude.
Ne te donne pas tant de mal mon ange, d’autres lèvres peuvent s’abreuver au puits de ta luxure, respirer tes fumets secrets, des queues explorer ton ravin brûlant et se prosterner devant tes appâts excitants.
Tu me reviens toujours après tes escapades le ventre repu de membres raides et la bouche meurtrie d’étreintes viriles.
Je n’aime que la chaleur de tes seins contre les miens, ton ventre qui palpite sous ma main, ta peluche douce sur ma bouche, tes yeux rieurs et graves, la douceur de ta voix, et les livres que tu me lis nos jambes entrelacées et tes doigts dans mon sexe.
Il n’y a jamais autant d’innocence sur ton visage que lorsque tu lis, les mots prennent dans ta bouche la saveur des bonbons acidulés de ton enfance.
Mon index défroisse les plis de tes lèvres, s’enroule dans ton duvet rêche qui repousse.
Il n’y a que ce sacrilège que je ne pardonne pas, ton con imberbe, rasé par un crétin.
Tu m’as avoué qu’il t’avait bandé les yeux et attaché les mains, assise sur un fauteuil, les cuisses écartées. Tu as senti la lame glacée sur ton sexe racler ta fourrure noire si dense puis sa langue humide a pansé la blessure, ta chatte était comme une amande douce.
Je n’ai consenti à te branler que ta toison repoussée.
Tu chantonnes et te dandines devant moi en t’effeuillant.
La tête courbée tu m’offres ta nuque pour défaire les boutons de ta robe. Tu dénudes tes seins lourds, ouvres mon corsage et te frotte contre les miens en couinant comme un petit animal.
Tes larges aréoles brunes se contractent contre mes tétons dressés.
Tu gigotes pour faire glisser te petite culotte à fleurs et me fais face, l’air insolent.
Les fossettes de ton cul joufflu se creusent quand tu te cambres.
C’est là, dans tes fossettes adorables, que je pose mes pouces lorsque je m’accroupis et que ma langue pénètre dans tes chairs soyeuses.
Ta bouche s’arrondit sur de voluptueuses voyelles étouffées, des ah ! des oh ! qui s’affolent et dégringolent sur tes seins durs quand mes dents se font cruelles sur ton bouton.
Tes ongles me griffent l’échine. Je plonge trois doigts dans ton sexe onctueux pour les glisser dans ton sillon fessier que je barbouille.
Ton arôme obscène et tes acquiescements sonores m’enivrent, mes doigts gluants fourrent ton cul et le caressent lentement.
Ma langue pourlèche les babines de ton con gonflées et rouges comme si elles étaient fardées.
Sous ma bouche ta fente se contracte en saccades et tes mains dans mes cheveux s’immobilisent.
Tu trembles comme une feuille, je me redresse pour t’enlacer et baiser ta jolie bouche menteuse qui me sourit, ravie.

 

L’eau à la bouche, Anne Bert, Editions Blanche 144 pages 16 €

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