Son cul voyage en italique

Des cris et des rires jaillissaient du dehors par la fenêtre ouverte, seule source de lumière. La nuit était chaude. Les cigales s’en frottaient les ailes, Scribe s’en léchait les lèvres. En entrant, elle avait laissé toutes leurs conversations dans un sac jeté au sol.

Quelques jours auparavant, il lui avait dit « je pars ». Quelques heures plus tard, elle lui avait écrit « je te baise ». S’en étaient suivis des chassés-croisés de sms torrides qui auraient fait rougir le plus affranchi des libertins. Rien de vulgaire. Juste du haut de gamme. Et jamais des envois au tempo régulier. Scribe voulait qu’il sursaute. Qu’il rougisse de son audace.
Je manque d’air. Libère-moi… Cet aveu avait sonné comme une évidence. Leur évidence. Tous les deux s’entrelaçaient parfois si intimement qu’ils avaient fini par parler la même langue. Elle pensait homme. Il pensait femme. Ils disaient je suis toi.
Leur relation ressemblait à un pas de deux extrasensoriel. Clairvoyance ? Précognition ? Télépathie ? Jung aurait souri. Eux deux en auraient ri, si on les avait interrogés à ce sujet. Ils s’étaient trouvés sans se chercher. Tout simplement. D’abord surpris, ils s’étaient vite reconnus.
Ouvre cette porte verrouillée. Enfonce-la s’il le faut… Pourquoi aurait-elle forcé ce qu’il osait en toute confiance ? Pourquoi auraient-ils surjoué entre eux ce qu’ils osaient naturellement ?

Scribe s’approcha du balcon où il était appuyé. Elle lui prit la cigarette des mains et en tira une bouffée. Déjà, son corps changeait. Elle fumait dans son dos, sa main creusant un peu plus sa cambrure au fur et à mesure qu’elle descendait vers sa raie. Scribe embrassa à pleine paume ce cul si féminin. Jalouse. Je suis jalouse de ces femmes qui t’excite. La femme que je veux, c’est toi. Tu es ma femme à queue. Ma licorne. Mon abondance. Ma source vive. Je suis ton diable. Ta folie. Nous somme le jeu.

Elle se cramponna à la balustrade lorsque Scribe s’abaissa entre ses cuisses. Elle se laissa fouiller comme une catin docile. Elles en mourraient d’envie depuis si longtemps. Tu n’existes que pour moi. Ton corps si féminin… Je veux le voir. Je veux le boire. Je veux t’habiller, te déshabiller, te façonner. Je veux t’aimer comme tu n’as jamais été aimée. Je veux te prendre comme une femme qui s’abandonne au sexe, honteuse et excitée. Je veux te baiser, te sauter, abuser de toi jusqu’à te laisser vidée, les yeux injectés et fous. Je veux te sentir, te ressentir, t’affoler, t’aimer. Toi seule le sais… Toi seule le sais…
Les cris de la nuit leur parvenaient en sourdine. La pleine lune et les réverbères de la place éclairaient doucement la pièce, accentuant l’animalité de leurs gestes. Leurs soupirs ravageaient les murs. Elle se cramponnait aux draps froissés, mordant l’oreiller, hurlant sa jouissance au creux des plumes. Elle caressait ses lèvres gonflées qui suçaient, suçaient, suçaient. Il avait tout pris aux femmes. Il était LA femme. SA femme. Plus Scribe la prenait, plus elle voulait la prendre.
Il leur arriva de reprendre leur souffle. La jeune femme le fixait comme on contemple une chimère. Ses yeux brillants lui souriaient. « Je n’en ai pas terminé avec toi. Je n’ai pas peur de nous. Je te désire. Je nous adore. J’aime ton odeur. J’aime ton goût. J’aime tes hanches. J’aime ta fente. J’aime ton cul. J’aime tes feulements. J’aime ta bouche de suceuse. J’aime… Je t’aime mon homme-femme. Ici, j’en ai le droit. Viens… Approche… Approche encore… » Et lui entendait j’ai confiance. C’est pour cela que je suis toute à toi.

A un moment, les parfums du dehors entrèrent et se mêlèrent aux odeurs de sexe et de sueur qui régnaient dans la chambre. La fontaine de la petite place chuintait un peu plus fort. Il fumait une cigarette. Scribe se leva pour boire un verre d’eau. Quand elle se retourna, il était revenu. Elle s’avança pour se lover contre sa peau d’homme. A son tour, il allait mener la danse.

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