French fashion week

Palace Es Saadi. Marrakech.

Au loin, bien au-delà de la terrasse qui surplombait les jardins et la piscine, Scribe apercevait les montagnes enneigées de l’Atlas. Dam et elle étaient arrivés la veille au soir. Ils avaient découvert la suite supérieur d’angle : un décor aux murs ocres occupé par du mobilier design, des canapés et des fauteuils en cuir noir rehaussés de coussins zèbre, un lit immense dans une chambre qui ne l’était pas moins. Elle reporta ses regards sur ce qu’il se passait dans la pièce.

Paul les avait rejoints à l’heure dite. Scribe leur avait servi à boire avant d’aller s’asseoir en retrait. Leur hôte portait un costume de chez Roberto Cavalli. Une chemise bleu grisé au col ouvert ; un veston, une veste à revers et un pantalon dans le même ton composaient sa tenue. Une pochette blanche pliée façon négligé chic ajoutait du piment à un costume qui restait très  classique. Paul attendait la suite des évènements, assis dans un des fauteuils du salon, son verre à la main, ses chaussures vernies posées à plat sur le tapis, ses jambes largement écartées.
Dam était resté debout devant lui. S’il était arrivé hier revêtu d’un Armani version prohibition 2009 – des fines rayures grises au borsalino noir, de la chemise blanche à la cravate en soie, sans oublié la pochette ton sur ton, toute sa tenue frisait la perfection – aujourd’hui, il avait opté pour un costume gris anthracite, très ajusté de chez Versace. Sa cravate et ses chaussures étaient de la même couleur que le reste. Il était si sexy que Scribe l’aurait désapé sur le champ pour le baiser sans préambule. Mais ils avaient un deal à respecter.

La musique se déclencha d’un coup. Dam tourna le dos à Paul et posa son verre sur la table basse. Scribe alluma une cigarette, regardant son amant qui déboutonnait doucement sa veste. Il la jeta négligemment sur le dossier du second fauteuil et s’approcha entre les jambes de Paul qui avait libéré ses mains en abandonnant son whisky au sol. Dam bougeait son bassin hypnotiquement en desserrant sa cravate. Il la jeta à Paul qui sourit en s’en débarrassant et en rapprochant ses mains de l’entrecuisse de Dam. Celui-ci ne le repoussa pas, tout occupé qu’il était à libérer son torse de sa chemise.
Scribe avala une gorgée d’alcool tourbé. Elle croisa ses jambes. Ses bas crissèrent. Son cœur et son ventre commençaient sérieusement à s’affoler. Dans sa tête défilaient des images rouges qu’aucun amateur de porno n’aurait reniées.
Les chaussures en cuir valsèrent dans la pièce. Dam tournait à nouveau le dos à Paul. Scribe croisa ses yeux. Elle frissonna en se léchant les lèvres. Son amant dégrafa sa braguette et fit glisser son pantalon au sol. Entièrement nu, il se retourna vers Paul et mima des mouvements de reins explicites. Paul approcha ses lèvres du gland tendu. La caresse était chaude et douce. Si le striptease intégral et le tripotage était de mise, des gestes plus intimes étaient hors jeu. C’est pourquoi Dam prit un malin plaisir à frotter son cul sur le visage de son client. Après tout, Paul déboursait une grosse somme, autant lui donner un souvenir dont il rougirait plus tard.

Ils étaient maintenant tous les trois dans la chambre. Dam était assis nu dans un des fauteuils noirs disposés près du pied du lit. Paul et Scribe était debout, face à face. Paul laissait courir ses lèvres sur la peau nue qui affleurait au bord du décolleté audacieusement profond de cette robe rouge signée Versace. Ses mains caressaient le dos nu, lui aussi, et revenaient se perdre dans la fente du tissu qui remontait très haut sur les cuisses. Ainsi habillée, Scribe était plus nue que nue. Dam croisa le regard de Scribe. Elle mordait sa lèvre inférieure. Il caressa doucement sa queue dure et douloureuse.
La belle et son amant d’un soir se dévêtirent dans un froissement de tissu. Cavalli et Versace n’avaient jamais été aussi proches. Ils s’allongèrent sur le lit, l’un contre l’autre. Puis l’un sur l’autre. Dam alluma une cigarette. Les tableaux crus changèrent au fil des minutes suivantes. L’amant était attentionné. Scribe appréciait les coups de reins de Paul. A quatre pattes devant lui, le creux de ses reins brillait de sueur, son visage avait rougi. Dam se leva et s’approcha jusqu’à la toucher de son sexe.
Scribe gémit.
Dam s’agenouilla sur la moquette, son visage à la même hauteur que celui de Scribe. Il buvait ses soupirs en baladant ses mains sur sa peau moite et brûlante, ses yeux plantés dans les siens.
– Jouis, beauté. Oh jouis…

 

 

 

 

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