La question de la question K. par CharlElie

Depuis New York où j’habite, quand je lis ce qu’on écrit, quand j’entends ce qu’on me donne à entendre ou à voir dans les médias Français à propos des déclarations de Mathieu Kassovitz concernant l’effondrement des trois tours du WTC en 2001, j’ai l’impression de ne plus comprendre ce qui se passe au pays de l’antithèse.

En France où l’on a résisté aux diktats et aux pensées convenues, en France où l’on peut se sentir citoyen libre dans un pays indépendant capable de braver parfois avec courage les évidences d’une mondialisation inhumaine, je ne comprends pas pourquoi certains parmi ceux qui ont su montrer de la clairvoyance par le passé, mettent tant d’acharnement à refuser la question ?
Je veux parler de la question concernant LES questions que l’Histoire ne manquera pas de se poser un jour ou l’autre à propos des attentats de Septembre 2001 qui ont explosé sur les écrans et fait imploser la conscience du monde.

On dirait que dans le pays qui a connu Montesquieu, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Zola, Sartre, Malraux, Deleuze, Baudrillard ou Bourdieu, l’idée de la question elle-même est devenue irrecevable ?

Le blocage des idées contraires ne se fait plus via une inquisition, n’en déplaise aux caricaturistes, on ne peut pas non plus parler d’une interdiction officielle obéissant aux ordres d’un pouvoir tyran… Non, aujourd’hui un filtre beaucoup plus subtil condamne les idées « différentes », ce filtre plus efficace que tout, s’appelle l’autocensure !

Certes les sociétés se doivent d’avancer et de regarder vers le futur, certes les hommes politiques usent parfois de méthodes complexes pour défendre l’intérêt de leur nation, certes les médias sont les médias et Mathieu Kassovitz est ce qu’il est. « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » affirme le proverbe auquel se réfèrent les diplomates prudents, mais qui a dit que les artistes étaient diplomates ? Les artistes sont ce qu’ils sont eux aussi, parce qu’ils expriment ce qu’ils ressentent. Si les gens d’expression, si les artistes, si les journalistes, si les écrivains et lesdites élites intellectuelles venaient à perdre leur liberté de penser et leur droit à exprimer leurs doutes, alors la société aurait beaucoup plus à perdre qu’à gagner !

Je ne rentrerai pas dans la polémique de savoir qui a raison ou qui a tort, je ne le sais pas, mais quand je lis les amalgames pervers et la confusion de ceux qui associent de façon inique les thèses négationnistes de M. Faurisson et les interrogations que pose Mathieu Kassovitz, alors là, j’ai honte !

En dehors du brouhaha Parisien, je ne comprends pas ce débordement de hargne qui se déverse sur quelqu’un qui n’a eu pour tort que d’avoir posé des questions à propos d’un événement majeur dont nous avons été tous témoins et qui a sidéré la planète.

Si le fait d’inventer des réponses peut être considéré comme un délit (voire même un parjure en certaines circonstances), en quoi peut-on considérer que poser des questions soit une faute ?

Je pose la question.

CharlElie
New York.
30 Septembre 2009

 

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