Ni pute ni soumis

« Que ferais-tu si… ? »

En la découvrant dans la pièce, l’homme qui accompagnait son amant avait sursauté. Dam lui avait alors demandé si la présence de Scribe ne le gênait pas sur un ton tel que l’homme s’était abstenu de répondre. Pourtant, la jeune femme savait qu’il détestait son sexe.
Quelques jours plus tôt, Dam l’avait dépeint comme profondément homo et misogyne. « Il me détesterait. » « Et toi ? Que ferais-tu si tu pouvais assister à la scène ? » Il n’en avait pas fallu plus à Scribe pour qu’elle accepte ce nouveau jeu.
Scribe et Dam se sourirent, il lui fit un clin d’œil, elle lui tira la langue et le beau quinqua aux tempes grisonnantes s’avança vers la table basse pour y jeter la liasse de billets. « Il te paie combien ? » « Cher. » Vu l’épaisseur de la liasse, la somme était effectivement conséquente. Assise dans un des fauteuils, Scribe était comme au cinéma. Ou presque.

Assis sur le canapé, Dam sirotait du vin de Champagne. Entre ses cuisses, l’homo le suçait maintenant avec gourmandise. Auparavant, il l’avait déshabillé et lui avait léché les pieds. On aurait dit que Dam était son Dieu. « Ça m’amuse de le faire payer. Je n’ai même pas à le toucher. » Le regard de Scribe allait du visage de Dam à la bouche de cet inconnu qui allait et venait sur la queue luisante de salive. De sa place, elle entendait l’homme ronronnait. Le seul geste que Dam se permettait en retour, c’était une caresse nonchalante dans les cheveux épais.
Scribe croisa son regard rempli de défi. « Que ferais-tu si… ? » Il avala une nouvelle gorgée de Champagne. Instinctivement, elle écarta les jambes, ce qui attira l’attention de son amant. A son tour, elle le défia en remontant légèrement son menton, en entrouvrant sa bouche. Ses mains descendirent sur son cardigan de coton, effleurèrent la rondeur de ses seins, caressèrent son ventre, finirent leur course sur le jeans, entre ses cuisses.

Dam attendait la suite mais Scribe ne bougeait plus. Elle s’amusa de son regard qui se noircissait et lui répondit en retournant sa paume vers le plafond, frottant doucement son pouce contre ses autres doigts. Il lut sur ses lèvres : « Give me cash! » Sa réponse silencieuse fusa aussitôt : « Bitch ! » L’échange de mots doux se poursuivit pendant quelques secondes par au-dessus de l’inconnu toujours à quatre pattes. « Espèce de gay ! » « I’m going to fuck you ! » « Avant, je t’aurai bu jusqu’à la dernière goutte ! »
Puis, Scribe déboutonna son jeans. Dam ne quittait pas des yeux sa main qui fourrageait à l’intérieur de son pantalon. Il savait qu’aujourd’hui, elle ne portait pas de dessous. Elle ressortit ses doigts tout brillants pour les porter à sa bouche. Dam se mordit la lèvre, signe d’un intense plaisir. Il posa brutalement son verre et repoussa la tête de son pseudo client. Scribe se leva, retira son blue-jean et s’approcha vivement de lui. « Viens ! Viens… » La belle s’agenouilla entre ses cuisses et ouvrit grand sa bouche. Le sperme crémeux jaillit jusqu’au fond de sa gorge. Elle l’avala et s’appliqua à lécher son gland, ses yeux plantés dans son regard fou. Il ferma les yeux un instant. Quand il les rouvrit, Scribe avait sa bouche collée sur celle de l’homme qui tentait de se dégager de son étreinte. « Cadeau ! » « Salope ! » « Pas plus que toi, si ? » Dam éclata de rire devant cette scène comique. « Dégage maintenant ! »

Quelques jours plus tôt :
– Que ferais-tu si tu étais présente dans le salon alors que je suis en train de siroter une coupe de Champagne, assis sur le divan, avec ce mec à genoux entre mes cuisses en train de me sucer avec gourmandise ?
– Je lui arracherais les yeux ?
Scribe avait souri, malicieuse.
– Je te retourne la question : que ferais-tu si j’étais présente dans le salon alors que tu es en train de siroter une coupe de Champagne, assis sur le divan, avec ce mec à genoux entre tes cuisses en train de te sucer avec gourmandise ?
– Je te dirais « je t’aime » ?
– Wow ?

 

 

 

 

 

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