Strip-tease song

« Prends-moi ! »
Scribe la regarde. L’eau éclabousse sa peau. Des milliards de gouttelettes rebondissent de son corps jusqu’au sien. Un halo de vapeur les entoure, ajoutant une épaisseur ouateuse au trouble du moment. Combien de fois a-t-elle vu son cul de Madone ? Combien de fois lui a-t-elle parlé de la fièvre qui s’emparait d’elle à sa seule vue ? « Tu es… Putain ! Avoir un cul aussi ambigu, c’est incroyable ! » Il souriait, espiègle et joueur. Son éveilleur… « C’est juste mon mental, tu sais ? Je deviens toutes les femmes que j’ai aimées. Je deviens la femme que tu veux aimer. » Mental ou pas, la beauté de son cul la fascinait. Et Scribe adorait devenir son homme-femme.
« Prends-moi… »
Scribe regarde ses hanches qui se balancent. Ses mains s’avancent vers la rondeur de ses fesses. Il faut que ses paumes l’embrassent. Hmmm. La jeune femme pétrit la chair ferme, écarte, fouille. Son ventre se colle au cul qui l’épouse aussitôt. Cette cambrure… Mon Dieu, cette cambrure. Scribe s’accroche à ses hanches, sa bouche se pose sur sa nuque, provoquant un gémissement. Elle jette un coup d’œil rapide à ses mains posées à plat sur le carrelage, de part et d’autre de son torse. Il attend, outrageusement cambré. Alors elle descend et ses soupirs à lui deviennent des cris de femelle en rut qui grimpent dans les aigus.

Il est couché sur le lit, encore tout humide de la douche. Scribe s’allonge sur lui, passe ses doigts dans ses cheveux, sur ses sourcils, sur son nez, sur ses lèvres. Sa bouche s’approche de cette bouche pulpeuse.
– Julie, ma Julie…
– Encore. J’aime ta voix rauque.
Tous les deux chuchotent. Comme s’il ne fallait pas réveiller les voisins alors qu’ils se moquent royalement des autres. D’ailleurs, en les voyant sortir de l’ascenseur, elle la main sur son sexe, lui les doigts entre ses cuisses, leur voisine de chambre qui ouvrait la porte de sa chambre s’était écrié, outrée, que la nuit allait être courte et bruyante. Ça les avait fait rire aux éclats.
Scribe laissent ses doigts jouer sur ce corps qu’elle connaît si bien.
– Je peux ?
– Bouffe-moi…
– J’aime ta queue.
– On ne parle pas la bouche pleine !

La fenêtre grande ouverte, Scribe contemple le silence bruissant de la nuit. Une ombre se déplace en courant, là-bas, au fond du jardin. Le renard. Derrière elle, Dam colle sa peau nue à la sienne. Il goûte sa nuque, ses épaules…
– Tu m’as manquée.
– Oui ?
– Oui.
Scribe lève son bras et lui offre une taffe de sa cigarette.
– Tu es chaud. J’aime… Il m’a encore appelée sa sauge.
– Je le comprends. Tu peux devenir facilement une drogue.
La jeune femme se retourne et lui fait face, appuyant son ventre contre le sien.
– Tous ces jours où tu es parti, je les ai presque comptés.
– C’est un aveu ?
Scribe ne relève pas. Elle sourit.
– Je t’ai quelquefois imaginé baiser avec des femmes ou des hommes.
– Je ne vais plus jamais vers l’inconnu.
– Tu m’as bien approchée.
– Je ne t’ai jamais perçue comme une inconnue.
– C’est un aveu ?
– Viens… J’ai très envie de te croquer.

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