Kinbaku, shibararetai et shibaritai

Dam n’était pas dans les parages. Il forniquait avec son job plus de dix heures par jour. Ce qui lui laissait très peu de temps pour se prêter aux jeux de l’amour avec elle. Il commençait à s’énerver. Ce qui provoquait des sourires chez Scribe. Bientôt, s’il persistait à faire le fantôme, elle rirait de la situation. Mais peut-être qu’elle aussi, elle s’énerverait de son absence. Et de son manque de lui. Peut-être.

Ces derniers jours, Scribe les avait passés à courir d’un rendez-vous à un autre, à se documenter d’un sujet à un autre, à écrire, à parler avec Bô, à rêver. En rentrant de Paris, elle avait eu la surprise de découvrir ses exemplaires de Folies de Femmes. Voir son nom sur la couverture du livre, même en petit, ça lui avait tiré un sourire d’autodérision. Parfois, elle se laissait aller à jouer les gamines : « Hé, t’as vu ? Mon nom est écrit dessus ! ». Juste pour voir la tête de son interlocuteur.
Hier soir, elle avait lu deux ou trois nouvelles de ce recueil, avant de poursuivre la lecture d’un manuscrit qu’on lui avait envoyé. Bô lui manquait. Terriblement. Elle craignait aussi leur prochaine fois. Peur de la différence. Peur de l’indifférence.
« Tu me manques, tu sais ? » « Viens… »

L’éclairage de la chambre est très doux.
Quelques minutes auparavant, son amant lui a ouvert la porte de l’appartement et l’a tirée contre lui, lui parlant bouche contre bouche :
- Ce manque de toi… Tu es une véritable diablesse.
- Je n’ai encore rien dit. Rien fait non plus.
- Viens…

Scribe découvre l’appartement. L’antre de Bô Devil. Elle s’était pourtant promis de ne pas entrer chez lui. Pas encore. Elle voulait des no man’s land, pour eux deux. « Une chambre d’hôtel, c’est idéal… » « Le lieu neutre n’est pas si mal, vierge de tout passé et à la fois si chargé de celui des autres, d’instant fugaces et multiples qui ne nous appartiennent pas, d’une histoire que nous contribuons à écrire… »
La journaliste s’imprègne des odeurs, des bruits, de la lumière. Bô s’approche d’elle par derrière, lui mord la nuque. Scribe frissonne. Il retrousse sa robe jusqu’en haut de ses hanches d’abord, colle son ventre contre son cul, pince tendrement ses tétons qu’il a sorti du soutien-gorge. Scribe frissonne encore plus. Il la déshabille entièrement. Elle le met nu et parcourt son torse de ses lèvres avant de s’accroupir pour prendre son sexe dans sa bouche. Elle redécouvre sa peau de soie, ses soupirs, ses sourires. « Viens… »

copyright Daniel Nguyen

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L’éclairage de la chambre est très doux. Ils sont étendus tous les deux sur le dos sur le lit, chacun une coupe de Champagne à la main. Elle parle. La voix de Scribe est devenue murmure. Elle dit son excitation à avoir lu certaines scènes. Elle se redresse sur un coude et plonge son regard dans le sien, la coupe en équilibre. Il lui fait face, dépose leurs verres sur le sol avant de venir blottir son corps tout contre le sien. « Ça va ? » Est-ce le vin qui l’affole autant ou ses mamelons durs qui frottent les siens ? Il mord sa lèvre tout en enfonçant ses doigts dans son sexe dégoulinant. Scribe gémit déjà qui s’abandonne.
Bô a sorti la corde. Et le couteau. « Il faut toujours avoir un couteau capable de trancher les liens à porter de mains. En cas d’urgence. Tu as peur ? » Scribe sourit mais il sait. Tout près de sa bouche, il parle. « Laisse-toi aller… Viens… » Ses mains dansent et les nœuds prennent forme. Le shibari dentelle ses seins, son ventre, habille son sexe. Scribe sent les points qui appuient à certains endroits de sa peau. Ça l’excite. Tout à coup, il stoppe ses gestes. Elle reste en suspension, attentive au moindre déplacement d’air, ose une pose. Puis une autre.

copyright Daniel Nguyen

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A genoux à hauteur de son visage, Bô lui parle tout en douceur. Elle coule de mouille, ouvre sa bouche et avale son sexe. Il gémit et se recule. Elle supplie. Il rit avant de saisir ses poignets et de les bloquer au-dessus de sa tête. « Chut… » Il passe sur elle pour aller enfoncer son sexe dans son vagin. Scribe l’aspire, le serre. Il aime en râlant, sans la quitter des yeux, puis il la retourne, face contre le matelas.
Bô Devil l’attire vers le bord du lit jusqu’à ce que ses genoux touchent le sol. Scribe se laisse faire, elle n’est plus qu’abandon. Une nouvelle corde vient lui maintenir et les chevilles et les poignets. Elle aime ça. Mieux, elle adore.
La jeune femme le sent venir derrière elle. Elle sent ses doigts la fouiller, la prendre par tous les trous. Elle sent son corps qui se donne encore plus, si c’est possible. Elle sent ses mains qui se posent sur ses seins et sa queue qui l’encule, profond. Elle sent ses doigts qui pincent ses tétons et sa queue qui va et vient de son vagin à son anus. Et quand enfin elle lui cède sa jouissance, il serre sa gorge, juste comme ça.

Bô lui avait demandé le silence alors Scribe n’a rien dit. Mais elle aurait pu. Oui, les mots étaient juste au bord de ses lèvres. Là, juste là.

 

 

 

 

 

 

 

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Cali Rise

One Response to “Kinbaku, shibararetai et shibaritai”

  1. très belles photos!

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