Beach vice

En arrivant près de la plage, Scribe remarque tout de suite son scooter.
Cela fait maintenant deux heures qu’il est arrivé. Elle l’imagine sans mal être entré dans les toilettes de ce petit bistrot aux planches mal ajustées avec la honte collée à la peau. Elle le voit sans peine se déshabiller nerveusement dans ce local étroit avec la certitude de cette envie qui palpite dans son ventre. Une envie violente, irrésistible, coupable et délicieuse. Elle le visionne parfaitement en train de respirer jusqu’à déclencher cette métamorphose éblouissante qu’elle connaît déjà. Ce n’est qu’après que son corps aura adopté des courbes féminines qu’il aura commencé un savant maquillage. Les quelques gus accoudés au bar l’auront vue ressortir, diaboliquement belle, les reins ceints d’un paréo cachant tout juste son sexe et dévoilant outrageusement son cul pommé.

Scribe abandonne ses vêtements sur le siège du scooter.
Le sable blanc lui brûle la plante des pieds. Elle avance, savourant à chaque pas la sensation de pénétrer sexuellement la plage. Elle entendrait presque ses soupirs de plaisir. En réalité, ce sont ceux d’un couple mixte, allongé derrière des buissons.
Quelques mètres plus loin, Scribe la voit, face à la mer, la cambrure ajustée au bon endroit, les bras reculés légèrement en arrière, les doigts posés sur le haut de ses cuisses, ses cheveux mi-longs envolés par le vent.
Plus elle avance vers elle, plus les parfums des peaux nues des corps caramel qui les entourent envahissent ses sens. Au milieu d’eux, Scribe repère le parfum de sa belle : rose. Un parfum de rose, chaud, sexuel, mêlé à celui du monoï dont Julie a enduit ses cheveux.
« Barbara, Vanessa, Kitty, Olga, Sophie, Elisa… »
Des prénoms défilent dans la tête de la journaliste et finissent par franchir ses lèvres en une sensuelle mélodie. Elisa l’entend qui se tourne vers elle. Scribe reconnaît le bleu de ses yeux, un peu, et ses yeux de salope. Ses lèvres rougies semblent plus pulpeuses. Leurs regards se croisent pendant une fraction de seconde et Elisa abandonne la mer pour une promenade alanguie au milieu d’une forêt bruissante de corps nus.
« Marie, Aliénor, Justine, Mathilde, Rebecca, Andréa, Alison… »
Scribe suit sa promenade de loin, en murmurant ces prénoms kaléidoscope comme elle égrènerait un chapelet lubrique, allumée par sa taille fine et ses hanches qui dansent. Un homme grand et élancé se lève d’un mouvement souple. Scribe admire sa beauté mâle, ses muscles finement dessinés. Et toujours devant, lui/elle ondule des hanches, les invitant à une partie sexuelle sans avoir l’air d’y toucher. Ils la suivent aussi sûrement qu’ils devinent la suite.
Ça sent le monoï.
Ça sent le soleil, les peaux nues et moites.
Ça sent le sexe brûlant.

« Bettina, Ninon, Lisbeth, Emmanuelle, Claire… »
A genoux, face à l’inconnu, Claire patiente, la bouche gourmande. Scribe avance la main vers la queue lourde et molle de l’inconnu. Son envie du moment ? Regarder les lèvres de Claire aller et venir sur ce sexe et le voir grossir dans sa bouche. Entendre ses slurps et ses soupirs, sentir gronder son désir d’offrir son cul sans concession, le voir éclater au point que son bassin danse et roule de plus en plus vite.
Danse, danse, danse ma toute belle. Tout à l’heure, mes doigts tiendront ton plaisir, enfoncés dans ton anus accueillant alors que cet homme me prendra par derrière. Tu sentiras ses puissants coups de reins qui me fouilleront les entrailles de la même façon que je fouillerai les tiennes. Qui de nous deux gueulera le plus fort sa jouissance ? Qui ?

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