Vous qui croyez me posséder de Denis Richard

Denis Richard habite Montréal. C’est lors d’un séjour professionnel à Paris qu’il a écrit Vous qui croyez me posséder.

Extraits :

Prologue

A l’affût.
Immobile depuis plus d’un siècle.
Personne ne soupçonnait la menace. Comment aurait-on pu ?
Et il sut que son attente était arrivée à son terme.

Inconscient du danger, le jeune homme s’approcha. Il le prit entre ses mains, apprécia la fascinante gravure de la couverture. Deux serpents entrelacés.
Tout n’était pas encore joué. Il aurait pu le déposer et poursuivre sa vie comme il l’avait toujours vécue, mais le destin en décida autrement.
Du bout des doigts, il tourna la couverture de cuir rigide et lut les premiers mots.
Un furieux martèlement se déclencha dans sa tête.
Le Mémoire des supplices venait de saisir sa proie.

1.

La lumière en ce début du mois d’avril était magnifique. Subjugué par la beauté des lieux, David Sandborn marcha quelques instants le long de la Seine, puis obliqua vers l’Hôtel de Ville.
C’est certain, I love New York, mais décidément j’adore Paris.
Son arrivée, une semaine plus tôt, était le résultat d’un long combat avec son éditeur. A ses cauchemars, dont la fréquence devenait alarmante, s’était ajoutée une panne d’inspiration qui le paralysait. Plus rien n’allait. Mais Wilcox avait été clair : c’était Paris ou une lobotomie.
D’un mouvement nerveux de la tête, il replaça une mèche de cheveux qui lui barrait le front et traversa Rivoli, se laissant porter par la foule compacte de la rue du Temple.
L’écrivain était fasciné par le Marais, étonnant assemblage d’immeubles construits au fil des siècles. Mais au-delà de l’architecture, c’était sa faune – branchée, active et besogneuse – qui l’envoûtait. Un concentré d’émotions à l’état pur.
Il dépassa la rue des Blancs-Manteaux, où il avait loué un appartement pour quelques mois et s’installa sur un banc, près d’un platane. De l’autre côté de la rue, un bas-relief sculpté au-dessus d’un portail le dévisageait d’un air vaguement menaçant.
Il n’y a pas de meilleur remède que de marcher dans un musée à ciel ouvert.
Un picotement dans le cou lui fit tourner la tête.
Un vieillard assis à même le sol contre le mur d’une banque l’observait attentivement. L’homme, costaud, portait une robe de bure. Appuyé contre son bras, un chien dont le pelage semblait issu d’un croisement d’un dalmatien et d’un costume d’Arlequin.
Avec un sourire bienveillant, le vieil homme lui fit signe d’approcher.
Malgré sa méfiance toute new-yorkaise (on se calme – je suis après tout dans le pays de la joie de vivre), David le rejoignit et caressa la tête de l’animal :
– Votre chien est adorable. Il est paré pour un bal masqué. Je peux faire quelque chose pour vous ?
– Je crois, jeune homme, que je viens de vous sauver la vie, annonça le vieillard.
Tout compte fait, j’ai affaire à un timbré.
David se redressait lorsque soudain l’homme ajouta :
– Et si j’étais vous, je retiendrais quelques secondes la demoiselle qui sortira de la banque. Elle ne doit pas traverser la rue.
La porte de l’établissement s’ouvrit au même instant. Une jeune femme d’une vingtaine d’années en sortit d’un pas vif. Son visage aux traits délicats était encadré par une abondante chevelure d’ébène.
Il en eut le souffle coupé.
Elle. Ici.

Résumé :
Paris de nos jours.
David Sandborn, écrivain New-yorkais installé dans le Marais depuis quelques mois, tente de finir son prochain roman. Sujet à des cauchemars d’une rare violence, l’écrivain est en panne d’inspiration.
Un jour de balade, il rencontre un étrange vieillard accompagné d’un chien Arlequin. Le vieil homme lui ordonne de sauver une inconnue. Quelques secondes plus tard, celle-ci sort d’une banque. C’est la belle Espagnole qui hante ses rêves depuis 5 ans et s’il ne l’avait pas retenue pour lui demander l’heure, elle serait morte écrasée par un camion fou.
Hasard ou signe du destin ?
Susana veut découvrir ce mystère. Or, plus ils cherchent à découvrir la vérité, plus leur vie est menacée. Un homme cherche à les tuer. Est-ce le même homme qui vient d’assassiner de façon horrible plusieurs jeunes femmes ? Et ces marchands de livres rares, n’ont-ils pas une attitude bizarre ? Mais surtout, qui est ce Hans que David voit en songes cauchemardesques ?

Avis :
Sans aucun doute, il va falloir compter avec Denis Richard et sa plume. Doué pour créer des personnages hauts en couleur qui évoluent dans un univers fascinant, cet écrivain est digne de figurer parmi les maîtres de la littérature fantastique. Le scénario de Vous qui croyez me posséder ne manque pas de rebondissements et, surtout, le dénouement de l’histoire est totalement imprévisible.
Une telle réussite pour un premier roman, je dis : « Chapeau bas, monsieur ! » Et je vous le répète : Denis Richard est DOUE.
A suivre absolument.

Vous qui croyez me posséder, Denis Richard, éditions Michel Lafon 330 pages 19,95 €

 

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