Osez… les lectures coquines !

La Musardine a lancé depuis peu une nouvelle collection qui compte déjà deux opus : Osez 20 histoires de quick sex et Osez 20 histoires d’infidélité. Les deux sont en fait des recueils de nouvelles érotiques écrites par plusieurs plumes, dont la mienne.

Force est de constater que la presse a choisi de mettre plus en avant le premier recueil plutôt que le deuxième. Pure hypocrisie de sa part ? Le mot « infidélité » serait-il encore tabou, voire  choquant, alors que les magazines féminins et autres rivalisent de titres aguicheurs tels que « Pour le séduire, sachez vous conduire comme la plus belle des salopes » ou bien encore « Spécial sexe. Le pouvoir du plaisir » ? Je n’ai pas la réponse mais je vous avouerai que cette contradiction (« je te parle de sexe mais surtout, reste sage ! ») m’amuse beaucoup. Car, mais je peux me tromper, rares sont les couples légitimes qui s’adonnent au quick sex, non ?
Quoi qu’il en soit, ces deux Osez contiennent des histoires courtes et excitantes. De quoi alimenter vos fantasmes cet été !

Pour vous tentez, je vous offre quelques passages choisis parmi ces 40 moments érotiques. A lire seul/e ou à deux, par exemple.

Extraits de Osez 20 histoires de quick sex, La Musardine

Bruno, Stéphane Rose (extrait)

C’est la première vraie journée de soleil après un printemps pourri. Tout Paris a envie de baiser, et moi la première. Il fait si chaud que malgré le jour déclinant, les mecs sont encore en bras de chemise et les filles en jupe, trop contentes de pouvoir enfin sortir leurs jambes des jeans après des mois d’hibernation. Moi-même, j’ai directement tapé dans la petite robe fleurie et les sandales qui vont avec.
J’ai envie d’être un objet de désir autant que peut l’être une tout juste trentenaire qui vient de se faire larguer par un connard à la mémoire duquel elle n’a pas envie de verser la moindre larme. En même temps, en allant boire un verre dans le Marais, je minimise mes chances ! Baste, ça me permet au moins de pouvoir mater du petit cul bien entretenu à loisir sans essaimer une horde de courtisans lourdingues.
Freddy aussi est du genre bien entretenu, diététique, cabine à UV, look d’homo branché, un pur produit du Marais. Je le repère, assis à la terrasse du café où il m’a donné rendez-vous, en train de pianoter sur son portable. Je me dis qu’à coup sûr, il m’écrit un texto impatient, et ça ne rate pas, je sens mon portable vibrer au moment même où je traverse la rue pour le rejoindre. « T’excite pas, me voilà », je lui dis en m’asseyant à sa table. On se claque deux bises, je commande un Mojito et lui une deuxième bière. On prend des nouvelles. Je lui raconte ma rupture foireuse, lui son plan cul de la veille. Il mate tout ce qui passe de masculin, il a l’air aussi excité que moi, d’ailleurs il ne s’en cache pas :
– Je sais pas si c’est à cause du soleil, mais depuis ce matin je n’ai qu’une envie: baiser.
– Et moi donc…
– Pourquoi tu t’en prives ? Tu penses encore à Laurent ?
– Non, il peut crever. Je ne suis juste pas un petit pédé comme toi, qui drague comme il demande son chemin et baise dix fois par semaine.
– Qu’est-ce qui t’en empêche ?
– Je suis une nana, et une nana, ça n’aborde pas, ça se fait aborder.
– Dieu, que tu peux être formatée hétéro, parfois…
– Oui, ben, chacun son formatage, hein, tapette.
Nous vanner sur nos identités sexuelles respectives, c’est notre jeu favori, à Freddy et à moi. Et il est bigrement bien rodé. Un peu trop peut-être ?
– Tiens, on va jouer à un jeu: montre-moi un mec qui te plaît dans le bar.
Là pour le coup, il me surprend. Amusée, je fais pivoter ma chaise pour avoir vue non plus sur la rue, mais à l’intérieur de l’établissement.
– Lui, là-bas, avec son tee-shirt blanc.
– Mais enfin, lui, c’est un pédé de chez pédé, chérie. Trouve-moi un hétéro. C’est facile, j’en vois au moins dix.
– Ben, fallait dire:«Trouve un hétéro qui te plaît.» Ben tiens, lui, par exemple, en train de lire Libé au comptoir, il est hétéro, non ?
– Grave.
Pour Freddy, l’hétérosexualité, c’est grave. Mais pas du tout pour des raisons militantes, juste car la population hétérosexuelle concentre un nombre effarant de beaux mecs, dont il ne pourra jamais palper les fesses sans risquer l’incident diplomatique. Et Freddy n’aime pas se restreindre. Sauf peut-être en ce moment. Il a l’air concentré sur autre chose que son sexe.
– Qu’est-ce qu’il t’inspire, là maintenant, en termes de pratiques sexuelles ?
– Ben, euh… déjà, je lui roulerais bien une pelle, avec sa grande bouche.
– Bon, eh ben, tu te lèves, tu vas le voir et tu lui dis:«J’ai envie de t’embrasser, je peux ?
– Tu me saoules avec tes blagues de pédé…
– En l’occurrence, chérie, c’est pas une blague de pédé, c’est une technique d’approche de pédé, nuance. Tu m’as dit que tu aimerais draguer comme moi, non? Eh bien, c’est le moment d’apprendre. Allez vas-y.
– Arrête, t’es con…
– Si tu n’y vas pas, j’y vais.
– Arrête, je te dis…
Là-dessus, il se lève et va interrompre l’homme à la grande bouche sensuelle dans sa lecture. Je n’entends pas ce qu’il lui dit, mais je le vois parlementer en regardant dans ma direction. Je suis rouge de honte. J’hésite à me barrer. Oh, tiens, oui, voilà, c’est ça, l’idée : je me barre. Je ramasse mon sac à main, y enfourne mon paquet de cigarettes, mais trop tard, les voilà. Freddy me lance un regard d’instituteur sévère qui veut dire : « Dis, cocotte, t’étais quand même pas en train de partir, là ? » Il propose une chaise à l’inconnu, qui l’accepte en affichant une mine à mi-chemin entre l’étonnement et l’amusement.
– Alors, voilà, commence Freddy, comme je viens de te l’expliquer, mon amie ici présente a très envie de faire ta connaissance. Mais plus exactement, ce qu’elle voudrait, c’est te rouler une pelle.

Cueille le jour, Cali Rise

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, j’ai coutume de répondre : je vis. Mon métier ? Journaliste free-lance, et j’habite dans les Vosges.
Régulièrement, je viens à Paris.
Assise à la terrasse de l’Indiana Café du faubourg Saint-Martin, je lis un roman en vérifiant l’heure de temps à autre. Mario m’apporte mon thé citron sans que j’aie eu besoin de le lui commander. Il me demande de mes nouvelles, veut savoir qui je vais recevoir ou rencontrer. Mario est un amour, il surveille mes bagages quand il m’arrive de m’absenter quelques minutes, voire quelques heures. Nous fumons en échangeant quelques remarques sur le dernier film sorti. Il me surprend en me citant le titre d’un livre à la diffusion quasi confidentielle. A l’instant où il repart vaquer à son service, mon GSM se met à vibrer.
« Où es-tu ? Pourquoi ne réponds-tu pas à mes mails ? »
Stéphane… 1,80 m. Mince. Les cheveux bruns mi-longs.
Stéphane, mon dandy funambule qui va et vient dans ma vie au gré de ses envies.
« Je suis à Paris. Dans le 10e. »
A peine cinq secondes plus tard, sa réponse fuse : « Je viens ! »
Et mon rendez-vous alors ? Il suffit d’annuler, non ? A la parisienne. Sans excuse. En un clic, c’est fait.
Stéphane m’a demandé de l’attendre dans le hall central, gare de l’Est, juste en face. J’intercepte Mario qui se chargera de garder ma valise jusqu’à mon retour. Pas le temps d’aller la déposer à la bagagerie de l’hôtel d’à côté. Il me sourit, complice.
Mais je peux fumer une autre cigarette devant l’entrée de la gare. En métro, Stéphane en a au moins pour dix minutes. D’ici, j’ai l’impression d’être au bord de l’océan : les passagers arrivent par vagues. Je m’amuse à imaginer la suite de leur voyage. Cette jolie brune au parfum capiteux et aux talons aiguilles vertigineux surmontés de jambes gainées de soie noire attend son amant pour un week-end de folies. Troublée d’avoir osé venir le rejoindre. Ce quinquagénaire bedonnant, engoncé dans un imper à la Colombo, hèle un taxi d’un ton irrité. Un rendez-vous d’affaires important. Ce petit couple d’amoureux munis de sacs à dos ira se balader à Montmartre et reviendra avec une multitude de photos floues mal cadrées. Tout contents.
J’abandonne ma Marlboro.
Dans le hall, les pigeons s’éparpillent au bruit de mes pas. Une nouvelle fournée de voyageurs débarque. Je me faufile au milieu de la masse colorée pour trouver une place sur un banc. Entre deux vieilles harassées. Face aux sorties des lignes de métro 4, 5 et 7.
Je veux le voir arriver. Voir ses yeux brillants de désir. Son sourire vainqueur.
Je l’aperçois dans les escalators. Je reconnais sa démarche féline. Il me cherche. Ça m’amuse. Il me cherche encore, légèrement angoissé, un poil agacé, prêt à dégainer son portable. Il suffit que je me lève pour qu’il tourne la tête vers moi, s’avance, empressé.
– Tu es… J’ai envie de te baiser dans un sauna. Tu veux ? Tu en connais un dans le coin ?
Je le regarde, malicieuse, prête à l’embrasser.
– Non, pas ici. On pourrait nous… Viens !
Et c’est parti !
Mon dandy m’attrape la main, nous courons sur les pavés, puis sur les trottoirs. Je le laisse mener la danse. Excitée de le voir s’agiter. Il traverse d’une rue à l’autre sans se soucier du fait que je peux me tordre une cheville, perchée que je suis sur des escarpins qui commencent à m’échauffer les pieds.
– Laisse tomber le sauna, tu veux ? On trouve un hôtel. Viens !
Cette fois, c’est moi qui dicte ma loi. Pas utile de prendre une chambre. Du reste, tentez d’obtenir une chambre à la dernière minute un jour de coupe du monde de rugby, vous verrez comme la chose est aisée ! Non. Pas de chambre. Un ascenseur ou un couloir suffiront. Stéphane me regarde, soufflé par mon audace. L’élève dépasserait le maître ? Puis il éclate de rire, ravi.
Nous entrons dans le premier hôtel qui croise notre route. Essoufflés, du rire encore plein la bouche. Devant nous, le concierge se débat avec un groupe d’Anglais passablement éméchés. Nous en profitons pour nous glisser vers l’ascenseur. Huit étages. Une aubaine !
L’ascenseur monte, monte. Au ding de la porte coulissante qui se referme, j’ai déjà arraché les boutons de la chemise de mon amant. Dos au miroir, Stéphane a ce sourire de contentement que je connais bien. De ma bouche, je parcours son visage, ses lèvres, son cour, son torse, son ventre. Enfin, je le retrouve.

Extraits de Osez 20 histoires d’infidélité, La Musardine

Ne pas craquer, Elise A.

Tout devenait limpide : Julien avait inventé le prétexte d’un « travail sur la masturbation féminine » pour m’attirer chez lui et me sauter. J’étais venue en le sachant, et donc pour jouer avec le feu, mais sans vouloir m’y brûler vraiment. Bref, je faisais ma petite pucelle capricieuse qui ne sait pas ce qu’elle veut. Je me sentais d’autant plus mal à l’aise que mon hôte, respectant la distance que j’avais instaurée malgré l’évidence de nos désirs convergents, se comportait en gentleman. J’en venais presque à espérer qu’il se jetterait sur moi pour me donner l’occasion d’un départ outré… Mais non, il dessinait maître de lui, tout juste trahi par la bosse, de plus en plus grosse, sous son jean. Il remarqua mes yeux rivés sur son érection, mais ne dit rien. Je rougis.
Au lieu de me sortir de l’embarras, la question qu’il me posa m’y plongea davantage :
– Si nous sommes excités tous les deux, pourquoi refuser que je te touche ?
– Parce que j’ai un copain et que je lui suis fidèle…
– En te doigtant devant moi, tu penses lui être fidèle ?
– Je sais que c’est difficile à admettre, mais oui. Pour nous, l’infidélité, c’est toucher le corps d’un autre. Je suis nue face à toi aujourd’hui comme je l’étais la semaine dernière au cours de dessin. Tant que nous ne nous touchons pas, je suis fidèle…
– C’est amusant.
Ce n’est pas de l’amusement, c’est une lueur prédatrice qui s’est allumée dans son regard.
– Si je sors ma queue pour me branler devant toi sans te toucher, tu restes fidèle à ton amoureux ?
– Bien sûr…
Il a pris ma réponse pour une invitation. Après avoir posé son bloc de feuilles et son crayon par terre, il a sorti sa belle queue bien congestionnée. J’ai eu tout de suite envie de la prendre en main, de la sucer, mais bien sûr, sans jeu de mots, je n’en ai pas pipé mot. Mon regard passait de sa queue à ses yeux, qui fixaient lubriquement les miens. Incapable de défier son regard, j’ai choisi de regarder le mur. Il a demandé :
– Ça te gêne que je me branle devant toi ?
– Un peu, oui…
– Tu veux que j’arrête ?
– Je sais pas.
Je me sentais gourde, incapable d’exprimer mes émotions, asservie à ma promesse de fidélité, et en même temps, rongée par la conscience de son absurdité, vu la situation, et vu l’envie démentielle que j’avais qu’il me prenne, là, tout de suite, sur le fauteuil, sans préliminaires ! J’avais envie qu’il me baise comme un morceau de viande, qu’il se vide les couilles dans ma chatte, en me triturant les nichons, en me tirant les cheveux !
Sa voix de fit rauque :
– Tant que tu ne me dis pas d’arrêter, je continue.
Evidemment, je suis restée muette.
– Pourquoi tu t’arrêtes ? Continue à te caresser, ça m’excite…
Je me suis exécutée en fermant les yeux pour me protéger de son regard et du spectacle de sa grosse queue. Je l’ai entendu se lever, s’approcher, s’asseoir sur le sol contre mon fauteuil. Son visage s’approchait du mien, je le sentais à son souffle contre ma peau. Le souffle, n’était-ce pas déjà une forme de contact ? Aurélien s’invitait de nouveau dans mes pensées, mais sans parvenir à les débarrasser de leur charge sulfureuse. L’amant potentiel prenait le pas sur l’amoureux, il fallait que je me ressaisisse. J’étais venue me faire désirer, pas me faire baiser. Ne pas craquer, juste poser !

La Musardine, Ian Cecil

C’était un homme de quarante-cinq ans au physique plutôt enveloppé. Il n’était pas beau, mais dégageait un charme trouble – comme une douceur virile… Quand il m’a demandé si je voulais essayer avec lui, je me suis mis à rire, sans doute l’effet de l’alcool. Je lui ai répondu que cela me ferait bizarre de faire l’amour avec moi-même. Il a ri aussi, puis m’a pris la main pour me conduire vers sa chambre.
– Déshabillons-nous, a-t-il dit.
Cet ordre prononcé sur le ton de la proposition, alors qu’il commençait à défaire les boutons de sa chemise, m’est resté en mémoire plus que d’autres scènes, j’ignore pourquoi. Pendant que j’ôtais mes vêtements, je pensais à ma femme qui avait bu le soir où elle m’avait trompé : je faisais comme elle. Comme elle (elle me l’avait avoué), j’avais confusément conscience depuis le moment où j’avais accepté la rencontre que c’était ce que je souhaitais.
Une fois nus, nous nous sommes allongés. Il a pris mon sexe dans sa main. J’ai fait de même avec le sien. Il m’a placé un préservatif, m’a sucé. J’éprouvais un dégoût sourd que j’essayais de surmonter. Tout son corps tournait autour de mon sexe : j’ai compris ce qu’il attendait quand sa queue s’est retrouvée sur mon visage. Il avait enfilé un préservatif. Son gland se gonflait de sang à chaque à-coup, mais je ne parvenais pas à ouvrir ma bouche. Il a glissé deux ou trois doigts entre mes lèvres, a écarté mes dents, a approché son sexe. Ça y était, son gland battait sur ma langue. Il était énorme, je ne m’attendais pas à devoir ouvrir autant la bouche. « Comment ma femme peut-elle faire ? » fut la première pensée qui me vient ; j’en eus honte. Je me mis à sucer comme je la voyais faire avec moi, et comme il le faisait lui-même. Je serrais son sexe à la base, tirais sur ses testicules, aspirais, titillais son frein avec mes incisives.
– Tu fais ça très bien.
J’ai pensé qu’il avait ti ça pour m’encourager. L’effet de l’alcool se dissipait. J’avais peur de me demander ce que je faisais là ; je pensais à ma femme. Un gémissement m’a échappé ; il s’est mis à genoux en tournant les fesses vers moi.
– Viens.
Je me suis dressé sur les genoux comme un automate. La vue de son cul offert a balayé toutes mes réticences ; j’étais hypnotisé. J’ai écarté ses fesses, placé mes pouces près de son anus pour l’ouvrir, puis pour aider ma verge à y pénétrer. Lui, de la main, enduisait son orifice de gel afin que ça rentre plus facilement. Ça s’est fait lentement, mais en une seule poussée. J’allais et venais… il râlait… j’accélérais. Je sentais monter ma jouissance, frustré que ce soit si court. Je me suis arrêté, avant de reprendre, après un coup de cul de sa part. J’étais fasciné par son cul rond et plein, par mes mains qui le palpaient sans savoir comment en profiter, par ma verge qui entrait, sortait, entrait…
J’ai éjaculé dans un cri qui m’a surpris moi-même, et un autre, et encore un autre, et des râles tels qu’il s’est retourné. Je suis ressorti lentement.
– Tu m’as fait peur, a-t-il fait en me tirant sur le dos pour mettre mes fesses au bord du lit. J’ai cru que tu pleurais.
Il bandait toujours ; son souffle s’accélérait. J’ai levé les jambes ; il m’a attrapé par les cuisses, a enduit son sexe de gel… et il m’a enculé !
L’entrée de mon côté s’est avérée plus difficile. Il veillait à ne pas me faire trop mal. Je grimaçais autant de douleur que de plaisir. Les mots que je prononçais quand je me masturbais en pensant à des scènes de sodomie me revenaient en mémoire.
– Je voudrai te dire…
– Dis ce que tu veux, a-t-il soufflé. Je sais. vas-y !
Je me suis exclamé :
– Oh ! Putain !
– Oui ! Continue !
– Je suis… Je suis ta pute.
– Oui, a-t-il répliqué aussitôt comme s’il n’attendait que mon feu vert. Petite salope, oui, je te baise. Hein, que tu aimes ça ?
– Oui ! Encule-moi. Ah ! Je suis une salope !
Je me suis souvenu en un éclair qu’au début de notre relation, ma femme avait explosé de rire en m’entendant lui dire ça. Ça m’a refroidi. Je croyais ne plus être en phase avec lui, quand il s’est penché sur moi pour approcher sa bouche de la mienne. Ses lèvres s’y sont posées, sa langue l’a ouverte. La mienne a répondu ; j’ai été subjugué par la fougue de ce baiser, dont je croyais ne pas avoir envie. Il s’est écarté brusquement.
– Je vais jouir. Tu me fais jouir. Ah, c’est bon ! Ton cul ! Ton cul !
Et j’ai accompagné son mouvement. Pourtant, maintenant, chez moi, la douleur était plus forte que le plaisir.
Il s’est dégagé en douceur ; nous sommes restés côte à côte. Puis je me suis tourné vers lui.
– Je dois partir.
– Que diras-tu à ta femme ?
– Tout. Nous nous faisons une confiance absolue. Je sais qu’elle ne m’en voudra pas. Elle m’a encouragé à avoir une relation extraconjugale. Je la soupçonne de m’y avoir poussé pour être moins tiraillée par la culpabilité. C’est une coquine !

 

 

 

 

 

 

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