20 histoires de chasseuses d’homme !

 

Mieux vaut tard que jamais ! Paru depuis peu, ce recueil Osez 20 histoires de chasseuses d’homme contient… 20 nouvelles érotiques inédites écrites par différents auteur. Je vous livre quelques extraits choisis, histoire de vous allécher.

Extraits choisis : 

Beyond the First Class par Daniel Nguyen page 51

[…]

Ma cible n’a pas d’alliance. Je l’installe, lui montre le fonctionnement du fauteuil, de l’écran. Il s’approche au point de presque m’effleurer. Je sens son odeur, son parfum. Grande classe avec son accent britannique. Je lui sers une première coupe de champagne, du meilleur, qu’il apprécie avec délicatesse. Ses yeux bleus sont profonds, ses doigts manucurés. Il m’invite à l’accompagner, mais je me dois de refuser. Je lui glisse un « plus tard » au creux de l’oreille avec mon accent français qui fait mouche et le surprend. Nous n’avons pas encore décollé et il a déjà vidé deux coupes. Il me tente. Mon nombril garni d’épices frétille déjà.
Lors de la démonstration de sécurité, il m’observe. Nos yeux se croisent et se recroisent alors que la vidéo se déroule dans son écran qu’il ne regarde pas. Le commandant de bord annonce notre décollage imminent. Je m’installe sur mon siège amovible, juste derrière sa cloison. Nous sommes face à face avec cette paroi entre nous, mais je le sens. Je sais déjà que dès le décollage effectué, il me réclamera une autre coupe de champagne. J’ai mis deux bouteilles de côté, rien que pour lui.
Vient le temps du diner. Une fois n’est pas coutume, je décide de commencer par le fond de ma travée. Il sera servi le dernier. Il aura le loisir de m’observer passer à chaque service devant sa suite qu’il a laissée ouverte. Son ordinateur portable est branché, mais il ne fait que me regarder. A sa hauteur, je surprends mon déhanché plus prononcé que de coutume dans le reflet de la vitre de sa suite. Il n’en perd pas une miette et me demande de renouveler sa coupe de champagne. Son teint rosi, ses yeux brillants, son sourire devenu plus éloquent, ses mains toujours aussi belles et respectueuses. Comme prévu, je le sers en dernier et renouvelle sa coupe. Il se fait un diner au champagne, malgré la qualité des vins que je lui propose. Quand je le débarrasse du dessert, il réitère son invitation en effleurant ma main. Sa peau est douce. Mon nombril épicé n’en finit pas de frémir. Je lui réponds par un sourire.

[…]

Où est le mâle ? par Cali Rise page 159

 « Un mâle qui en baise un autre est un double mâle. »
Jean Genet
 
Paname, un samedi soir. Rue Juliette Dodu. Au 21.

Alan gare sa Maserati le long du trottoir du Baxo. Une GranTurismo S, noire. Aussitôt, des regards mêlés de convoitise et de curiosité se fixent sur le carrosse d’acier. Je descends la première. L’air du soir caresse mon dos, nu jusqu’à la naissance de la raie. Seule une fine lanière nouée autour de ma nuque maintient le tissu de soie écarlate dans lequel je suis drapée. De face, mon décolleté plonge jusqu’au nombril. Altière, je toise la foule compacte, semblant ne pas la voir. En réalité, je la scanne, y repérant déjà les hommes qui pourraient nous plaire.
Car ce soir, Alan et moi, nous chassons.
Alan tend la clé de contact à celui qui voudra bien aller ranger son bolide plus loin. Un demi-sourire aux lèvres, il jette un regard noir au quidam qui se précipite. S’il égratigne sa caisse, le voiturier est mort. Sa main droite se pose sur le bas de mon dos. Pas pour me guider, juste pour marquer son territoire. Je le soupçonne aussi de prendre un malin plaisir à provoquer l’accentuation de ma cambrure. Ma robe rouge Versace, fendue très haut sur la cuisse, ondule et s’écarte à chacun de mes pas, dévoilant la longueur de mes jambes et mes sandales à hauts talons. Ainsi habillée, je suis nue.

[…]

Les yeux à demi fendus, j’observe les mateurs. Les femmes ricanent, certaines tournent la tête, gênées. Les hommes attendent. Surtout celui-là : cheveux poivre et sel, costume de chez Roberto Cavalli. Sa pochette blanche pliée façon négligé chic ajoute du piment à une tenue qui reste très classique. Ses pieds chaussés de vernies noires sont posés à plat sur le sol, ses jambes largement écartées. Genre, je vous avertis que ma volonté de vous séduire devrait être visible. Il espère la suite en sirotant une vodka-Martini. Ce soir, James Bond est un PD. Tout en lui fourrant un morceau de tapas entre les lèvres, je glisse à Alan :
– Je crois que je vais l’appeler Vesper.
– Parce que tu penses qu’il aurait un goût amer ?
– Non. Parce que je le sens aussi garce que Lynd… ou Lucifer.
Mon coeur et mon ventre commencent sérieusement à s’affoler. Dans ma tête défilent des images rouges qu’aucun amateur de porno ne renierait.

[…]

Le psychanalyste Stéphane Rose page 223

Cette nouvelle est inspirée d’une histoire vraie. Dans le cadre d’une étude sur l’émergence, entre les psychanalystes et leurs analysants, d’un éventuel désir sexuel et de ce qu’ils décident d’en faire, j’ai collecté divers témoignages, dont cette histoire insolite de chasse à l’homme. L’identité des protagonistes a, bien sûr, été modifiée, et les faits extrapolés. Mais le lien, tel qu’il est décrit ici, entre un psychanalyste et sa patiente, n’en a pas moins existé, il y a quelques années, quelque part dans Paris…

De l’avis général, c’est-à-dire celui des hommes qui m’adulent, comme celui des femmes qui me haïssent, je suis ce qu’il est convenu d’appeler une bombe sexuelle. J’ai la taille et les mensurations mannequin, avec des seins en plus, un visage angélique de blonde scandinave aux yeux bleus malicieux, un petit nez mutin, une bouche dessinée pour l’amour.
Je suis sapée sexy sans faire pute, fashion sans faire bimbo, mimi en robe Dior comme en jean Zara, et même dans mon survêtement Adidas rose de jogging.
Pour ne rien arranger, j’ai de la culture, de la conversation, et jouis d’une solide réputation dans mon secteur professionnel. Je suis le rêve et le cauchemar de tout homme, celle qu’on a envie d’épouser et de souiller à la fois, la maman et la putain dans le même corps. Ils me veulent tous dans leur lit, mais la place est chère, et peu y accèdent.
La réciproque n’est pas vraie : quand je veux un homme, je l’ai. Toujours. Tous.
Sauf un.
Il s’appelle Gérard Morgenstern, affiche une petite cinquantaine d’années, n’est pas spécialement beau, mais est en revanche très, très, très charismatique. Il ressemble un peu à Jean-Pierre Bacri, en plus viril. Et encore plus bougon.
Il suffit qu’il me parle pour que je mouille, qu’il prononce un mot, n’importe quoi, même une banalité, même « bonjour », et ma petite culotte est bonne pour le séchoir. Je suis d’autant plus suspendue à ses mots qu’il en est très avare, et pour cause : c’est mon psychanalyste. Et un psychanalyste, c’est bien connu, ce n’est pas très bavard, et lui peut-être encore moins que les autres.

[…]

Le mot de l’éditeur :

Les filles qui se laissent draguer passivement en laissant prendre toutes les initiatives aux hommes, c’est du passé ! Tour à tour Lolita délurée en quête de son Humbert, hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne de luxe résolue à croquer du milliardaire, cougar obsédée par le meilleur ami de son propre fils, analysante narcissique qui met tout en œuvre pour conquérir son psy, dans Osez 20 histoires de chasseuses d’hommes, les femmes se font prédatrices… et parviennent souvent à leurs fins ! Au grand plaisir de leurs proies masculines, qui contrairement aux préjugés, adorent être chassés…

Osez 20 histoires de chasseuses d’homme, édition La Musardine

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