Fuck me again (1)
Ce qu’elle aimait chez lui, c’était la façon qu’il avait de s’offrir à elle, telle une amante religieuse : entièrement. Et puis aussi, elle aimait le quitter au petit matin sans un au revoir, en refermant la porte en douceur, en dévalant les quatre étages avant d’embrasser Paris en allumant une première clope.
La dernière fois qu’elle l’avait laissé endormi tel un ange aux longs cheveux noirs, Julien Doré l’avait accompagnée tout le long de sa descente : *Toujours tu pars sans laisser de mot C’est comme une signature Agrafée dans le dos Cicatrices et morsures. Des griffures et des morsures, cette fois-là, Bô et elle en avaient sur leurs peaux, plus que d’habitude. L’homme qu’elle avait croisé dans la rue avait eu un mouvement de recul face à l’éclat encore bouillant de ses yeux. Scribe l’avait dépassé dans un éclat de rire, histoire de l’achever.
La fois d’avant, Bô l’avait enculée alors qu’ils s’éveillaient à peine d’une nuit trop courte. Gourmandise possible parce qu’ils s’étaient retrouvés un samedi soir. Ses amants avaient toujours parlé beaucoup et Scribe était douée pour écouter. Elle adorait la mélodie de leurs voix. Bô était comme les autres : quand il dialoguait avec des collègues de travail ou des amis, son intonation était différente de celle qu’il employait pour lui parler. Le rythme de ses phrases aussi. Ses discours parfois l’agaçaient car trop longs. Elle aurait voulu qu’il cesse d’expliquer, qu’il la touche, qu’il l’embouche. Pourtant, elle le laissait poursuivre, fascinée. Par sa culture. Par la beauté de ses mains aux doigts aussi longs et fins que ceux d’une femme. Par sa façon de fumer, tétant la blonde comme si sa vie ne tenait qu’à une aspiration. Il se tenait toujours assis en tailleur à ses côtés, le dos bien droit, le sexe à peine caché par son peignoir blanc entrouvert. Certaines fois, se retenir de le caresser devenait une torture lancinante et savoureuse.
- Tu portes une culotte ?
Scribe venait de sonner à la porte s’amusant à imaginer dans quelle tenue il allait lui ouvrir. Peignoir ou jeans ? Il ne lui laissa pas le temps d’enlever son paletot et s’approcha d’elle par derrière alors qu’elle déposait son sac à main sur le siège bas, dans l’entrée.
- A ton avis ? J’ai parcouru les allées du Salon avec ou sans ?
- Je contrôle… Grrr. Ta robe est trop longue !
Bô la retourna et la poussa dos au mur, écrasant tout son corps contre le sien. Sa bouche aussi avide que ses mains parties à l’aventure se posa sur ses lèvres. Il ronronna en fouillant sa moiteur, l’embrassa fougueusement. Ses doigts avaient obtenu la réponse à sa question. Rieuse, elle le chassa pour finir de déposer ses affaires et se déchausser. Enfin abandonner ses talons après toutes ces heures passées à déambuler sur cette vieille moquette au milieu d’une foule qui marchait au ralenti !
- Tu veux une coupe ? lui cria-t-il depuis la cuisine.
La jeune femme était déjà assise sur les coussins, devant la table basse, dans le salon. Elle avait allumé une de ses Benson & Hedges.
- Oui. Et j’ai faim.
- Moi aussi, j’ai faim, lui répondit-il en se frottant à elle, genoux fléchis.
Il était revenu sans qu’elle l’entende. Bô Apache. Scribe s’appuya contre ses jambes et remonta ses mains, de ses chevilles à ses mollets. Elle le sentit frissonner.
- J’ai faim de toi. Très. Envie que tu me suces. Envie que tu me lèches les couilles.
- Si tu joues au pacha, ça se monnaye. Tu payeras le restau.
Bô avait ri et accepté le deal avant d’ouvrir la bouteille de Champagne et de leur servir à boire. Un des rares rituels qu’ils s’autorisaient. Plus tard, ils étaient sortis manger de la viande rouge. Bô dirait au serveur du restaurant qu’il réglait la note pour s’être laissé baiser comme une vraie salope. L’hommes fixerait Scribe d’un air gêné, provoquant leurs rires complices.
Ce soir, c’était Scribe qui racontait ses rencontres entrecoupées d’anecdotes et lui qui l’écoutait. D’un coup, elle se tut et le regarda droit dans les yeux.
- J’ai faim de toi. Terrible… Tu sais ce que j’ai le plus apprécié ?
- Te promener les fesses à l’air sous ta robe alors que les autres n’en savaient rien ?
Elle exhala la fumée de sa cigarette et, en souriant, s’approcha tout contre ses lèvres pour lui murmurer d’une voix rauque, en les lui léchant :
- Les autres ne savaient rien et toi, tu n’étais pas certain… T’imaginer douter pendant des heures sans pouvoir vérifier, déjà, c’était bandant.
- Hmmm. Tu es trempée.
- Toujours quand je te touche.
Les doigts de son amant allaient et venaient dans sa mouille avant de s’enfoncer dans son vagin. Scribe gémit et l’embrassa profondément.
- Nous avons tout notre temps.
- Et je compte bien en abuser.
La journaliste s’était penchée jusqu’à avaler toute la longueur de son sexe. Bô laissa échapper un râle de satisfaction.
- Tu dégoulines.
- Ta faute, lui répondit-elle en embrassant son gland.
- Oui ?
- Oui.
Scribe léchait, suçait, mordillait, baisait, ivre de Champagne et de son envie de lui. Quand Bô doubla sa pénétration, une décharge de plaisir grimpa de ses reins jusqu’à la racine de ses cheveux. Ses yeux pleuraient, signe chez elle, d’abandon total. Elle se redressa alors qu’il avait toujours ses doigts en elle et chuchota, ponctuant ses mots d’effets de langue.
- Ça t’excite, n’est-ce pas, de savoir que là, c’est toi qui tu me tiens.
- Oui, se contenta-t-il de lui répondre en accélérant ses mouvements de piston.
- Je te déteste.
- Déteste-moi encore.
- Je te déteste vraiment, asséna-t-elle en le mordant dans le cou.
- Je sens ça, oui. Tu es brûlante… Hmmm, j’aime ton goût, dit-il en suçant ses doigts.
Ils prirent le temps de boire une nouvelle coupe et de fumer une cigarette. Scribe caressait presque machinalement le sexe de son amant qui palpitait comme s’il recherchait sa paume.
- On passe à côté ?
A côté, c’était sa chambre, lieu d’autres plaisirs.
*Extrait de Kiss me forever, Julien Doré





mar 27th, 2011 at 12:02
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