Mon salon du livre 2011

copyright Daniel Nguyen

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On m’avait dit : « Tu verras, cette année, le salon va changer. » Ah oui ? Pas vraiment vu de changement !  

Entre nous, c’est surtout moi qui aie bougé en me rapprochant physiquement de Paris par rapport aux années précédentes. Le Salon du Livre, lui, est toujours situé Porte de Versailles et accueille toujours autant de peoples qui attirent les foules. C’est vrai, quoi ! Peut pas ouvrir ses portes un peu plus aux écrivains ? Les vrais. Ceux qui savent rester simples et humbles devant leur public. Ceux qui prennent le temps de sourire à leurs lectrices et leurs lecteurs. Ceux qui ne décomptent pas les minutes passées à parler avec celles et ceux qui dévorent les histoires qu’ils créent. Et moi, c’est vers ces écrivains-là que je vais.

Mais qui dit auteurs, dit aussi maisons d’éditions. Alors là, tout de suite, je dis non. Non, ben non ! Qui s’est occupé de faire les plans d’occupation des stands ? Parce que le type, il devait être bourré je sais pas… Ou il avait fumé la moquette. J’aurais dû mesurer les mètres que j’ai faits et refaits dans l’allée K avant de comprendre qu’un stand dont je ne citerai pas le nom s’était carrément installé en plein milieu et que, pour retrouver la fin de ladite allée, il fallait traverser ce fichu stand ! Bordel ! J’ai horreur qu’on me force la main !

Fort heureusement, il existe des maisons d’édition qui ne font pas dans la démesure comme par exemple, Laura Mare Editions. Menée par la dynamique et très souriante Laura Mare, cette toute nouvelle maison basée à St Etienne compte déjà de nombreux écrivains tels que Stéphane Nolhart (un grand blond mal rasé, auteur du désopilant Blackbook. J’en reparlerai), François Alquier (auteur de Les chroniques de Mandor. Non parce que Mandor, c’est François Alquier. Z’avez qu’à suivre !), Alex (auteure de Juste le droit de se taire), Jérôme Cayla (auteur de Mathilde), Marie-Laure Bigand (auteure de Le premier pas), pour ne citer qu’eux. Qu’ils sont bien chez Laura ! Ça se voit : ils sourient jusque dans leurs yeux. Et qu’elle leur installe une grande table pour qu’ils soient à l’aise. Et qu’elle leur sert à boire. Et qu’elle leur donne à manger des viennoiseries. Et qu’elle les booste quand ils doutent. Une éditrice comme Laura, moi je l’embauche de suite !

Ah, on me signale que normalement, c’est l’éditeur qui choisit s’il intègre l’écrivain à son catalogue ou pas. M’en fous ! Cette Laura au grand cœur, elle me plaît. Retenez le nom de sa maison, elle ira loin. Mon petit doigt m’a raconté que des écrivains parisiens lui font déjà de l’œil. Pas étonnant, vu la radinerie de certaines maisons parisiennes ! C’est tout juste si l’auteur a un coin de table pour signer et une chaise pour s’asseoir derrière ! Du coup, les sourires se font rares et les clients… aussi et l’éditeur fait… la gueule. Ou presque. Il sourit un peu à ta blague que tu as balancée à une de ses attachées de presse que tu connais depuis maintenant depuis quelques années. Oui, il sourit en mâchant sa rondelle de saucisson, le verre à la main. Mais il ne te propose pas à boire, non. Encore moins une cacahuète. Tout se perd chez JC Lattès, non ? C’est quoi ces séances de dédicaces sans l’ambiance joviale habituelle ?

En poursuivant ma balade dans les allées éternellement moquettées de rouge, j’ai bavardé longuement avec Dominique Sylvain (Guerre sale chez Viviane Hamy) et Jeanne Desaubry (L’incendie d’Halloween chez Krakoen), le beau et talentueux Marin Ledun (Zone Est chez Fleuve Noir, Fractale chez La Tengo. Les visages écrasés chez Seuil, j’en parlerai bientôt), le charmant Jean d’Aillon (Les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour chez J’ai Lu) ; plus rapidement, dommage, avec Thierry Brun (Surhumain chez Plon) et Laurent Brard (Le fils des brûlés chez Plon), Régis Descott (L’année du rat chez JC Lattès. Je vais bientôt en parler) et Tatiana de Rosnay (Rose chez Héloïse d’Ormesson, Le voisin chez Livre de Poche. Critiques à venir) ; j’ai aperçu un auteur des pays du Nord édité chez JC Lattès, coiffé et vêtu comme Hutch (le flic de la vieille série américaine) jusqu’aux lunettes de soleil, Patrick Bauwen sourire aux lèvres (Seul à savoir chez Albin Michel), la chaise délaissée par Marc Levy (L’étrange voyage de Monsieur Daldry chez Robert Laffont), la foule hystérique qui tentait d’atteindre Mathias Malzieu (Métamorphoses en bord de ciel chez Flammarion) ou d’autres dont je n’ai même pas pu voir le visage.

Alors quoi ? Au final, pas vraiment vu les changements annoncés. La moquette est toujours aussi usagée. Personne n’a encore songé à disposer des sièges pour les personnes qui piétinent pendant des heures en espérant obtenir une signature. Des énormes poubelles décorent les abords des cafés. La signalétique est toujours aussi bordélique. La déco toujours aussi froide sauf lorsqu’on réussissait à s’approcher des pays chauds représentés par Buenos Aires ou de l’expo dédiée à Rosinski et son viking Thorgal.

Et sinon ? Et bien, je ne suis pas mécontente d’avoir retrouvé ou découvert des personnes riches et passionnantes même si pour les revoir, j’ai dû passer des heures debout. Car cette année, mon salon fut magique. Si, si. Pascal Szulc (Onetocom) a découvert que j’avais un visage et pas seulement des jambes. J’ai enfin réussi à parler avec François Alquier qui habituellement part avant que je n’arrive sur les lieux ou arrive lorsque je suis partie. Je suis tombée, par hasard, sur Jean d’Aillon au détour d’une allée et une auteure dont j’ai chroniqué le roman (La vie sexuelle du président chez Blanche) m’a gentiment récriée alors que je passais, par hasard, chez le Diable Vauvert. J’ai eu droit à des confidences qui m’ont fait rire et sourire. Et puis surtout, je suis tombée sous le charme de Marin Ledun et Laura Mare, deux êtres passionnés. Mais vous l’auriez deviné, non ?

1Commentaire
  • Marc Louboutin

    mars 22, 2011 at 10:18 Répondre

    Billet comme je les aime.

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